Aboubacry Mbodj, secretaire général de la raddho décède, hier : Une tête d’œuf que vient de perdre la Nation  | www.igfm.sn
mardi, 1 août 2017
               
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Aboubacry Mbodj, secretaire général de la raddho décède, hier : Une tête d’œuf que vient de perdre la Nation 

Aboubacry Mbodj, secretaire général de la raddho décède, hier : Une tête d’œuf que vient de perdre la Nation 

 

L’OBS – La rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho), est orpheline. Le secrétaire général de cette organisation, Aboubacry Mbodj, est décédé hier en France à la suite d’une longue maladie. Le successeur de Alioune Tine, qui était décrit comme un homme du sérail, a juste fait trois ans à la tête de la Raddho.

 

Le Secrétaire général de la rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho) n’est plus. Aboubacry Mbodji est décédé hier en France suite à une longue maladie qui l’avait éloigné de l’espace public. Il y a quelques jours, Me Amadou Aly Kane avait lancé, par voie de presse, un cri du cœur en direction du Président Macky Sall et l’ensemble des autorités pour l’évacuation du Sg de la Raddho. Sa maladie nécessitait une évacuation d’urgence vers la France et cela demandait plusieurs millions que les collaborateurs du défunt peinaient à mobiliser dans les délais requis. Et Me Kane regrettait le silence des autorités, dont le Chef de l’Etat Macky Sall, qui n’avaient pas répondu à leur appel. Peut-être qu’entre temps, la situation s’est décantée, puisque le défunt patron de la Raddho a finalement été évacué en France où il a rendu l’âme hier. Une grosse perte pour la Nation sénégalaise, mais surtout pour ses collègues défenseurs des droits de l’Homme.

Porté à la tête de la Raddho le 29 juin 2013, au sortir du 4ème Congrès de l’organisation en remplacement de Alioune Tine, Aboubacry Mbodji était en terrain connu. Un homme du sérail, comme le décrivent ses proches. «C’est sans appréhension que le Congrès a décidé de lui confier les destinées de notre organisation pour quatre ans renouvelables. C’est un homme travailleur, engagé et compétent dans son domaine», témoignait le Pr Amadou Ly, Président du Conseil d’administration (Pca) sortant de la Raddho. Il est né dans le sérail et a grandi dans l’organisation. Il connaît très bien les rouages de l’organisation, il a joué un rôle important dans la vie de la Raddho. Aboubacry Mbodji fait partie des militants de la première heure de l’organisation, des membres initiateurs de la Raddho. «Je suis membre fondateur de la Raddho, depuis le Comité d’initiatives qui a été mis en place en 1989 et qui a abouti à la création de la Raddho le 21 avril 1990», renseignait M. Mbodj. Le successeur d’Alioune Tine a gravi les échelons au sein de l’organisation. Dans le tout premier bureau de la Raddho, M. Mbodj a occupé le poste de Secrétaire administratif adjoint, de 1990 à 1998, avant de devenir Secrétaire administratif. Il a été le premier Président du Conseil d’administration (Pca) de la Raddho, entre 1998 et 2002, il a ensuite été, jusqu’en 2008, chargé de l’administration, puis Secrétaire aux relations extérieures. En 2008, il est élu Vice-président chargé de l’intérim, poste qu’il occupera jusqu’à son élection au dernier Congrès ordinaire de la Raddho comme Secrétaire général. Une élection qu’il avait accueillie avec joie.  Aboubacry Mbodj pensait qu’il était important de consolider les acquis, mais aussi d’explorer de nouveaux chantiers. Ses axes prioritaires étaient la promotion des droits économiques, sociaux et culturels, en rapport avec la bonne gouvernance des ressources naturelles, la transparence et le devoir de rendre compte.

 

Philosophe, environnementaliste, sociologue

Né le 15 février 1961 à Ndormbosse dans la commune de Ndioum à Podor, Aboubacry Mbodj est ce qu’on peut appeler une tête pleine. Après des études élémentaires à l’école de Sinthiou Dangbé dans sa ville natale, il a fréquenté le lycée Charles de Gaulle de Saint-Louis où il a obtenu le Bac en 1980. Mbodj rallie ensuite la capitale sénégalaise pour intégrer l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar où il obtiendra une maîtrise de philosophie en 1987. Le jeune maîtrisard ne s’arrête pas en si bon chemin, il poursuit les études et décroche en 1992 deux Diplômes d’études approfondies (DEA), l’un en Sciences de l’environnement et l’autre en Anthropologie appliquée à la santé publique. Cela ne suffit toujours pas à Aboubacry Mbodj, féru de recherches et qui est actuellement inscrit en Thèse de doctorat d’Etat de Socio-anthropologie à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis.

ADAMA DIENG

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