Affaire Khalifa Sall, sécurité, code électoral, suivi du PSE… : Ces questions qui attendent Mahammad Boun Abdallah Dionne aujourd’hui à l’Assemblée | www.igfm.sn
vendredi, 5 janvier 2018
               
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Affaire Khalifa Sall, sécurité, code électoral, suivi du PSE… : Ces questions qui attendent Mahammad Boun Abdallah Dionne aujourd’hui à l’Assemblée

Affaire Khalifa Sall, sécurité, code électoral, suivi du PSE… : Ces questions qui attendent Mahammad Boun Abdallah Dionne aujourd’hui à l’Assemblée

 

L’OBS – Mahamad Boun Abdallah Dionne sera aujourd’hui à l’Assemblée nationale pour répondre aux questions des députés. Le Premier ministre est attendu sur les questions liées à la sécurité en général, le suivi des actions gouvernemantales, mais aussi et surtout, l’affaire Khalifa Sall, maire de Dakar, en détention à Reubess dans le cadre de l’enquête sur la gestion de la caisse d’avance.

 

 

L’exercice reprend. Le Premier ministre fera encore face aux députés aujourd’hui pour répondre aux questions des parlementaires sur des sujets d’actualité. Durant des heures, Mahamad Boun Abdallah Dionne devra apporter des explications aux interrogations de Moustapha Niasse et ses collègues. Le chef du Gouvernement est très attendu sur la question de la sécurité en général. Les députés se disent inquiets par rapport à la recrudescence des accidents et des meurtres. «Il y a la question de la sécurité routière, la sécurité en mer, notamment le différend avec la Mauritanie. Pour la sécurité routière, ce seront des questions centrales, parce qu’il y a trop d’accidents ces temps-ci», affirme le député Amadou Mberry Sylla, membre de l’Alliance pour la République (Apr). Son collègue du parti socialiste, Maguette Dioh, ne dira pas le contraire. «Il y a la question de la sécurité de manière générale, le problème du terrorisme, la paix en Casamance, avec les rebelles qui sont sur le point de signer des accords avec l’Etat. La sécurité routière aussi nous interpelle. Il y a trop de morts sur nos routes.» Ce qui fera dire au député de Rewmi, Omar Sarr, que ses collègues consacreront leurs efforts à interroger le Pm sur l’état de la sécurité dans le pays, sur nos routes et dans nos quartiers. «Les temps forts de cet exercice porteront sur ce que le gouvernement entend faire pour davantage sécuriser les Sénégalais», insiste-t-il.

 

Affaire Khalifa Sall. Pour Hélène Tine, il y a également des questions d’intérêt national sur lesquelles le Gouvernement devrait être interpellé. Elle espère que ce ne sera pas une session orientée seulement pour permettre au Gouvernement d’apporter des réponses sur ce sentiment de deux poids et deux mesures dans la Justice. «Nous constatons que l’instrumentalisation de la Justice est flagrante. Aujourd’hui, tout le monde sait que le Procureur est le bras armé du ministre de la Justice», accuse-t-elle. Et d’ajouter : «Nous sommes pour la reddition des comptes, mais qu’on nous dise ce qu’on a fait des conclusions et des recommandations des rapports des corps de contrôle depuis 2012». Woré Sarr lui emboîte le pas. La députée libérale qui dans la foulée, déplore le fait d’avoir été écartée par la présidente du groupe parlementaire des libéraux et démocrates, Aïda Mbodji, du lot des parlementaires devant poser des questions au Premier ministre, indique que ses collègues doivent interpeller le chef du gouvernement sur le climat politique, tendu depuis un certain moment, avec des arrestations «arbitraires  comme le cas du maire de Dakar, Khalifa Sall. La députée non inscrite, Hélène Tine, regrette que la session d’aujourd’hui va se focaliser sur la tempête actuelle sur le champ politique, avec l’incarcération du maire Dakar, Khalifa Sall. «Le Pm n’est pas venu depuis six mois à l’hémicycle, alors que le règlement intérieur de l’Assemblée prévoit des séances de questions d’actualité tous les mois. Et la dernière fois qu’il est venu durant une tempête relative à la gestion des ressources naturelles, avec l’affaire Pétrotim, le Gouvernement a tenté d’apporter sa réponse à toutes les questions qui ont été soulevées par rapport à ce dossier. Je doute fort encore, six mois après, que le Pm revienne sur cet même exercice». Car selon elle, c’est juste une opportunité pour communiquer sur la question des rapports de tous les corps de contrôle du pays. Et d’après elle, ce serait malheureux, parce que ça donnerait raison à ceux qui pensent que les questions d’actualité ne constituent rien d’autre que des séances d’exorcisme. «Alors qu’il y a des questions cruciales sur lesquelles les populations nous attendent, comme la hausse des denrées de première nécessité, les gens impactés par le Ter, l’emploi des jeunes,… On nous dit que les indicateurs économiques sont au vert, que tout est ok, alors qu’on ne le sent pas», peste-t-elle. Député de l’Apr, Maguette Dioh est aussi d’avis que l’affaire Khalifa Sall va s’inviter au débat. «Les gens vont l’interpeller sur ce qui se passe autour de l’affaire Khalifa Sall, pour parler de la séparation des pouvoirs.» Mais pour Omar Sarr, cette affaire ne devrait pas prendre tout le temps que va durer le face-à-face entre le Pm et les députés. «Je ne pense pas que sur plus d’une vingtaine de questions, les députés ne parleront que de l’affaire Khalifa Sall. C’est une affaire pendante en justice, je ne pense pas que le Pm puisse en savoir des choses autres que celles que le Procureur a dites.» Amadou Mberry Sylla lui, est catégorique. «L’affaire Khalifa Sall n’est pas à l’ordre du jour. Ce n’est pas une question d’actualité. Il y a des choses plus importantes que cela pour les Sénégalais. Il n’y a que les politiques qui alimentent le débat. C’est un dossier pendant devant la justice.»

 

Appel de Al Amine : Les députés de la mouvance présidentielle pensent que le Pm sera interpellé sur l’appel au dialogue lancé par le Khalife général des Tidianes, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine. «Nous pensons aussi qu’il donnera la position du gouvernement sur l’appel au dialogue lancé par le Khalife général des Tidianes, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, même si Macky Sall n’a jamais rompu le dialogue avec la classe politique», estime Amadou Mberry Sylla. Mageutte Dioh ajoute : «Nous l’attendons sur le niveau de réalisation du Plan sénégal émergent (Pse), sur la politique de développement à l’échelle nationale, l’appel au dialogue de Al Amine. Des questions liées au Pudc, parce que cela intéresse directement la vie des Sénégalais. Nous l’attendons aussi sur le Hcct, qui est en train de prendre ses marques, avec des ateliers de formation, de mise à niveau… Nous l’attendons sur toute l’actualité nationale. Sur le sport, les problèmes d’assainissement, d’eau, avec les coupures récurrentes.» Leur collègue Omar Sarr assure que l’autre grand défi, c’est là où il y a des lenteurs. «Le Premier ministre devra s’expliquer sur les questions de suivi de l’action gouvernementale. Pour le reste, ce seront des questions de routine, de politique. L’opposition voudra bien s’attaquer aux politiques. Mais le Premier ministre et toute la mouvance feront face pour contenir ces assauts sans difficultés.» Le processus électoral aussi devra être débattu. C’est du moins ce que veut Woré Sarr. «Le Pm doit donner des réponses claires sur le processus électoral, avec les couacs notés dans les inscriptions. Les questions politiques ne doivent pas faire ombrage à la situation économique et sociale précaire du pays», souligne-t-elle. Pour sa part, le député socialiste et maire de Dalifort, Idrissa Diallo, estime que cette session de questions d’actualité n’est que de la poudre aux yeux. «C’est simplement de la gymnastique. Car le gouvernement ne répond jamais aux interrogations. Ils ne font que raconter des histoires pour tromper le peuple sénégalais», déplore-t-il. Le député-maire de Dalifort fustige également la manière dont les intervenants sont sélectionnés. Selon le socialiste, il n’y a rien de sérieux dans cet exercice, qui a été vidé de toute sa substance. «Si j’avais la possibilité de poser une question, je leur demanderais : ‘’Quand est-ce qu’ils vont dire la vérité aux Sénégalais ?’’ Et qu’ils arrêtent les manipulations.»

 

EL HADJI FALLOU FAYE

& CODOU BADIANE

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