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samedi, 1 octobre 2016
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Affaire Lamine Diack : Le Comité de suivi saisit le Parquet financier de Paris

Affaire Lamine Diack : Le Comité de suivi saisit le Parquet financier de Paris

 

L’OBS – Aucune suite n’ayant été accordée à ses requêtes déposées auprès de l’Ofnac, de la Crei et du Giaba, aux fins d’ouverture d’une information judiciaire dans l’affaire Lamine Diack, le Comité de suivi a saisi le Parquet financier de Paris.

Après les graves révélations publiées par le journal français «Le Monde», le 18 décembre dernier, dans l’affaire Lamine Diack, certaines organisations de la société civile sénégalaise ont saisi les institutions habilitées, aux fins d’ouverture d’une information judiciaire, dans le but d’édifier les Sénégalais sur les bénéficiaires de cet argent sale. Ainsi, le Forum du justiciable, l’Observatoire citoyen pour la défense des institutions (Ocdi), entre autres, ont saisi l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’ouest (Giaba) à cette fin. Mais aucune suite n’a été donnée à ces requêtes. Alors, face au manque de diligence des autorités sénégalaises, des organisations de la société civile ont mis sur pied un Comité de suivi pour, disent-elles, éviter que ce scandale soit étouffé. Ledit Comité est passé à la vitesse supérieure, saisissant directement le Parquet financier de Paris, aux fins d’ouverture d’une information judiciaire. La nouvelle a été donnée hier, au cours d’une conférence de presse, au siège de la Raddho, à Dakar. Les organisateurs annoncent même que la requête a été bien reçue et déchargée au Comité depuis le 6 janvier dernier. Selon Babacar Bâ, président du Forum du justiciable, l’histoire montre qu’en France, la majeure partie des poursuites sur des affaires de ce genre ont été déclenchées par des organisateurs de la société civile. Alors, nous pouvons affirmer sans risque de nous tromper, ajoute-t-il confiants, que la justice française va diligenter, dans les meilleurs délais, notre requête, car elle au moins est consciente de la gravité des faits.» Il a réaffirmé l’engagement du Comité à lutter sans relâche contre toute tentative d’étouffement de ce dossier. Soulignant que cette conférence de presse n’est que le début d’une série d’actions qui seront menées et qui concourent toutes à l’éclatement de la vérité.

«On mettra la pression sur le gouvernement jusqu’à l’éclatement de la vérité»

Abdoul Awa Bâ, présidente de l’Ocdi, évacue d’emblée toute idée d’acharnement : «Nous demandons à l’Etat de protéger Lamine Diack, nous ne voulons pas l’enfoncer, mais nous œuvrons pour l’éclatement de la vérité.» Avouant sa crainte de voir cette affaire être étouffée au plus haut niveau, elle prévient : «On mettra la pression sur le gouvernement jusqu’à l’éclatement de la vérité.» Selon elle, le Comité ne cherche ni plus ni moins qu’à ce que l’Etat dévoile le nom des bénéficiaires de cet argent. Surtout que, dit-elle, ce qui s’est passé en 2012 est très grave, puisque l’opposition a reçu de l’argent pour déstabiliser un régime. Qui a alors commandité les émeutes de 2012 ? Qui a tué Mamadou Diop ? S’interroge Awa Bâ qui plaide pour que toutes ces questions soient élucidées et annonce une batterie de mesures et d’actions pour que des étrangers ne puissent plus mettre en danger notre démocratie et notre souveraineté.

IBRAHIMA DIAKHABY

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