Alioune Mbaye Nder : «Je regrette que certains artistes prennent la musique pour une compétition » | www.igfm.sn
samedi, 18 novembre 2017
               
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Alioune Mbaye Nder : «Je regrette que certains artistes prennent la musique pour une compétition »

Alioune Mbaye Nder : «Je regrette que certains artistes prennent la musique pour une compétition »

L’OBS – En marge de la soirée des jeunes reporters samedi dernier, où il marqué les  esprits avec une prestation du tonnerre, Alioune Mbaye Nder s’est posé quelques minutes pour un entretien express. Dans les coulisses du gala, c’est un chanteur fringuant, look de jeune premier, qui a pris le temps de décortiquer sa collaboration gagnant-gagnant avec le label Prince Arts. Un petit retour en arrière s’est alors imposé, au temps où les vaches étaient plutôt maigres. Mais loin de s’apitoyer sur son sort, Nder Boy va de l’avant et scrute l’avenir. Un avenir tout en musique. Interview…

 

Depuis peu, votre chanson «Yeurmandé» tourne en boucle sur les stations de radio et autres supports. Que pouvez-nous dire sur sa réalisation ?

Cette chanson figure dans mon dernier album, «Mbeuguel Rek», que nous avions lancé avec le titre «Maladie d’amour». Une reprise du morceau fétiche de Michel Sardou, qui a bien été apprécié par les mélomanes. Après quelques mois, nous avons décidé de tourner le clip de «Yeurmandé». A peine quelques jours après sa sortie, je constate que les télévisions de la place en font une large diffusion et les Sénégalais ont adhéré au concept. Franchement, je suis satisfait de la tournure des choses.

 

Ce nouvel album a également officialisé votre collaboration avec le label Prince Arts. Après un bout de chemin, quelle appréciation faite-vous de ce partenariat ? 

Pour le moment, tout se passe pour le mieux. C’est une collaboration franche et sincère. Le label Prince Arts, tout comme moi, nous avons tout à y gagner. Ils tenaient beaucoup à travailler avec un artiste de ma trempe. Quant à moi, après avoir traversé une période difficile, j’avais besoin de refaire surface et ils étaient les mieux placés pour m’accompagner. Personne n’ignore que la disparition de feu Mamadou Konté de Africa Fête, m’a beaucoup affecté. Depuis lors, je cherchais un point de chute, un nouveau label pour gérer ma carrière au Sénégal comme à l’international. Désormais, c’est chose faite, avec le professionnalisme de Prince Arts. Ils collaborent également avec d’autres artistes qui sont plus jeunes que moi. Et je suis heureux de constater qu’ils honorent ce statut de grand frère. Quoi qu’on dise, je compte au minimum 25 ans de présence sur la scène musicale. Dans les termes de notre contrat, nous nous avons défini certains objectifs et des actes sont en train d’être posés. Sous peu, nous allons ensemble gravir de nouveaux échelons. Les Sénégalais pourront en témoigner.

 

Cette période difficile que vous évoquiez tantôt, était-il seulement dû à la mort de votre défunt producteur, Mamadou Konté ?

C’est la vie qui est ainsi faite, il y a des hauts et des bas. Maintenant, il va sans dire que le décès de Mamadou Konté a bouleversé le cours de ma carrière. J’avais pris l’habitude travailler avec lui depuis 8 ans et tout d’un coup, j’ai été sevré de cet grand homme. Après cet épisode douloureux, c’est normal que je trébuche et il m’a fallu plusieurs années avant de me relever. Il faut dire aussi que j’avais peur de m’engager aveuglément avec une autre maison de production. Malgré tout, je sortais des albums, mais la promotion laissait à désirer. Je n’avais plus les moyens de l’assurer, malheureusement. Mais comme aimait à le dire Moussa Ngom, «Artiste dou daanou» (un artiste ne chute pas». Je fais mienne sa philosophie.

 

A vous écouter, on sent que vous avez la rage de reconquérir votre public, reprendre votre place sur l’échiquier musical sénégalais…

Cette rage ne m’a jamais quitté. Aujourd’hui plus que jamais, je veux étaler à la face du monde mon savoir-faire.

 

Avec la nouvelle vague d’artistes comme Pape Diouf ou Wally Seck, pensez-vous pourvoir être à la hauteur ?

Wally Seck est mon fils, Pape Diouf est mon jeune frère. C’est donc une affaire de générations. Le seul problème que je déplore, c’est que certains artistes prennent la musique comme une compétition. C’est un métier très noble et chacun peut y trouver son compte. A mon humble avis, les esprits devraient plutôt se pencher sur comment tordre le bras au Gouvernement afin qu’il mette en place une politique culturelle qui permette aux acteurs de ce secteur de vivre plus décemment de leur art.

 

Etes-vous conscient que votre compagnonnage avec l’ancien chef de l’Etat, a poussé certains Sénégalais à vous désavouer…

Si c’était à refaire, je le referais sans aucun état d’âme. Je ne regrette rien du tout. Quand je soutenais Abdoulaye Wade, le Président actuel, Macky Sall, était avec lui. C’est d’ailleurs par son entremise que j’ai connu le pape du Sopi. J’en suis arrivé à faire un morceau pour sa campagne.

 

Quel est votre sentiment sur la dualité qui est souvent mise en exergue entre les chanteurs Pape Diouf et Wally Seck ?

Je ne vois aucune dualité entre les deux chanteurs. Ce que je vois surtout, c’est que Pape et Wally travaillent chacun de son côté, chacun travaille de son côté à l’évolution de sa carrière. Qu’on les laisse mener leur chemin tranquillement, sans leur imposer ce diktat qui les présente comme des concurrents.

 

Entre Youssou Ndour et vous, les relations sont-elles au beau-fixe ?

Je peux dire que Youssou Ndour est en quelque sorte mon tuteur dans la musique. Nous ne manquons jamais une occasion de discuter et d’échanger des idées. C’est mon grand frère et mon ami. Je suis sûr d’une chose, il m’estime et respecte mon talent. Pourtant, je n’ai pas encore fait le quart de ce qu’il a accompli dans la musique sénégalaise et dans le reste du monde.

 

Que faut-il selon vous pour suivre ses pas et ceux des autres monuments de la trempe de Ismaela Lo, Omar Pène, Baba Maal… ? 

Dans un premier temps, il faut plus d’ouverture à notre musique. La musique ne s’arrête pas qu’au Sénégal. Il faut s’ouvrir au monde en faisant des rencontres, des recherches. Il ne faut pas faire une musique qui se limite au grand théâtre et autres boîtes de nuit. Le Sénégal est trop petit…

 

Depuis la formation du Lemzo Diamono où vous avez débuté, l’industrie de la musique semble traverser une crise. Etes-vous d’accord là-dessus ? 

Cette crise ne se ressent pas seulement au Sénégal, mais partout dans le monde. Seulement, les pays sous-développés la ressentent encore plus.

 

Une autre crise vous a touché plus personnellement, c’est la période où vous étiez devenu «aphone». Racontez quelques anecdotes sur ces moments?

Je suis désolé de ne pas pouvoir en parler. Je ne suis pas né avec une cuillère d’argent entre les dents. La maison de mon père était en paille. Grâce à Dieu, j’ai pu la reconstruire avec mes propres moyens, le fruit d’un travail de longue haleine. En bon musulman, je ne vais pas aujourd’hui m’apitoyer sur mon sort, juste parce que j’ai traversé une période difficile. Bien au contraire, je remercie le Tout-Puissant.

 

Vos amis vous sont-ils tous restés fidèles à cette époque ?

Ainsi va la vie. Il est vrai que je pouvais rester longtemps sans recevoir de visites de certains de mes amis, alors qu’ils me fréquentaient assidûment. Puis, les appels et les messages se sont subitement fait très rares. Maintenant que je commence à apercevoir le bout du tunnel, je suis saturé de messages (il montre son téléphone, qui affiche pas moins de 865 messages non – lus)

 

Maintenant que vous commencez à apercevoir le bout du tunnel, peut-on  dire que vos difficultés sont derrière vous ?

Je ne peux pas présager de l’avenir, mais les difficultés font partie de la vie. Elles seront toujours là. Mais moi, je ne parlerai pas des épreuves que j’ai vécues. Je prie simplement pour ne plus les revivre et pour un avenir beaucoup plus radieux…

PAR OUSMANE DIOP

Un commentaire

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