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jeudi, 16 novembre 2017
               
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«Biens mal acquis»: le vice-président équato-guinéen reconnu coupable à Paris

«Biens mal acquis»: le vice-président équato-guinéen reconnu coupable à Paris
Teodorin Obiang Nguema, en 2014 à Malabo, en Guinée équatoriale. AFP PHOTO/STEVE JORDAN Steve Jordan / AFP

L’actuel vice-président de Guinée équatoriale, Teodorin Obiang, qui n’est autre que le fils du président guinéen en exercice, a été condamné par contumace, en première instance, à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d’euros d’amende avec sursis, ce vendredi 27 octobre 2017 à Paris. Les biens saisis sont confisqués. La justice l’a reconnu coupable dans l’affaire des « biens mal acquis ». C’est inédit.

Blanchiment d’abus de biens sociaux, blanchiment de détournement de fonds publics, blanchiment d’abus de confiance et blanchiment de corruption. La 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris estime que Teodorin Obiang, qui ne s’est pas rendu au procès, s’est rendu coupable de tous ces chefs d’accusation,

La justice française estime que le vice-président équato-guinéen en exercice s’est frauduleusement bâti en France un patrimoine considérable. La peine prononcée est néanmoins inférieure à celle requise par le parquet national financier, qui demandait trois ans de prison ferme et une amende ferme de 30 millions d’euros.

En revanche, le tribunal a ordonné la confiscation de tous les biens saisis. Notamment un somptueux hôtel particulier avenue Foch, dans la capitale, comme requis par le parquet. Objets d’art, voitures de luxe et de sport… Au total, cela concerne 101 pièces, hammam et discothèque, marbre et robinets recouverts d’or.

La défense de Teodorin Obiang dénonce une « décision militante ». « Nous allons examiner tous les recours possibles », assure Me Emmanuel Marsigny. Le pouvoir guinéen a toujours contesté la légitimité de ce procès, parlant d’ingérence de la part d’un pays s’arrogeant « une compétence universelle ».

La justice française s’est déclarée compétente, estimant ne juge que « l’infraction de blanchiment commise en France » à usage « personnel ». Historique, ce jugement est susceptible d’appel. Historique ce procès qui s’est déroulé du 19 juin au 6 juillet car il est l’aboutissement d’une longue guérilla judiciaire et de dix années de procédure et de saisies spectaculaires à l’initiative des avocats Daniel Lebegue et William Bourdon. L’enquête avait été ouverte après des plaintes des associations Sherpa et Transparency International.

Avec agences

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