Cérémonie de dédicaces : Adama Doucouré raconte le «Mushkila» de l’émigration

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IGFM – Dans son ouvrage intitulé «Mushkila» (problème), édition Artiges de MTN, Adama Doucouré, photojournaliste et chef du Desk photographie de «L’Observateur», témoigne de son vécu coriace dans le désert ralliant l’Algérie à la Lybie. Un récit authentique et d’une déconcertante réalité couché sur 172 pages.

«Mushkila», c’est le titre du livre de Adama Doucouré, chef du Desk photographie du quotidien «L’Observateur». Dans cet ouvrage de 172 pages, le photojournaliste raconte son vécu «affreux» lors de sa traversée du désert ralliant l’Algérie à la Lybie. Parti sur les routes de l’émigration clandestine pour se faire une vie meilleure, Adama Doucouré a failli abimer sa vie dans le Sahara algérien. A la Maison de la Culture Douta Seck, pour la cérémonie de dédicace du livre, il raconte : «J’ai choisi «Mushkila (Problème)», parce que c’est un moment qui m’a beaucoup marqué. Avant d’intégrer le Groupe Futurs Médias, j’ai quitté le Sénégal, en décembre 1999, pour partir au Maroc et rallier l’Espagne. J’ai franchi les barrières espagnoles et j’ai été capturé par les Espagnols puis reconduit au Maroc où j’étais emprisonné, avant d’être refoulé vers la frontière algérienne. De là-bas, j’ai entamé un voyage pour me rendre en Lybie. J’ai traversé le désert algérien jusqu’en Lybie, sur une distance de plus de 100 kilomètres. J’ai passé 7 jours dans le désert pour me rendre en Lybie», raconte l’auteur de «Mushkila».

Un récit émouvant et d’une réalité poignante, comme pour alerter les jeunes sur les difficultés et les dangers de l’émigration clandestine. «J’avais voulu quitter le pays à cause de la pression sociale. A ce moment, j’avais du mal à trouver du travail, mais quand j’ai su que c’est un risque de voyager illégalement, je suis retourné au Sénégal, où je gagne bien ma vie depuis lors. Je pense que le fait d’émigrer n’est pas la solution. La solution, c’est de trouver du travail dans son pays et d’y rester», explique-t-il. Avant d’exhorter les gouvernants à aider les jeunes à trouver de l’emploi dans le pays. «Car, signale M. Doucouré, les autorités sortent parfois pour faire croire aux gens que l’émigration a baissé, seulement parce que les jeunes ne prennent plus les pirogues. Mais qu’ils sachent que ceux qui veulent émigrer empruntent les routes pour quitter le Sénégal.» Pour lui, le Gouvernement doit se focaliser sur cette méthode d’émigration pour sauver la jeunesse.

L’auteur de «Mushkila» croit fermement que l’opportunité est là, puisque, souligne-t-il, dans quelques années, le Sénégal sera producteur de pétrole et de gaz. «Les jeunes doivent aller se former, c’est mieux que de braver le désert ou l’océan pour se rendre en Europe. Je lance un appel à la jeunesse sénégalaise pour qu’elle sache que la réussite est bien possible ici au Sénégal. Ils doivent garder leur fierté en restant dans le pays et en vivant avec les moyens dont ils disposent», conseille-t-il. M. Doucouré n’écarte pas de faire de son livre un documentaire, si jamais les moyens et l’opportunité se présentent.

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