Commercialisation du riz local : Les trois mesures fortes du gouvernement pour inciter à consommer local | www.igfm.sn
dimanche, 19 novembre 2017
               
Accueil / xL'OBSERVATEUR / Actualité / Commercialisation du riz local : Les trois mesures fortes du gouvernement pour inciter à consommer local

Commercialisation du riz local : Les trois mesures fortes du gouvernement pour inciter à consommer local

Commercialisation du riz local : Les trois mesures fortes du gouvernement pour inciter à consommer local

L’OBS – Le chef du gouvernement a présidé hier un Conseil interministériel sur la commercialisation du riz. Des mesures ont été prises pour une grande consommation et la commercialisation du riz produit au Sénégal. La problématique de la baisse des importations a aussi été posée.

 

L’Etat du Sénégal veut atteindre l’autosuffisance en riz. Et dans cette optique, tous les moyens sont mis en œuvre pour une plus grande consommation et une meilleure commercialisation du riz local. Un Conseil interministériel sur le sujet a réuni hier les acteurs impliqués, en présence des ministres de l’Agriculture et du Commerce. «La réflexion principale a porté sur les dispositions à prendre pour inciter à la consommation de la production locale, à partir d’une analyse des facteurs qui entravent la commercialisation et les recommandations auront pour objet d’améliorer le dispositif», a fait savoir le porte-parole du gouvernement au sortir de la réunion. Suivant Seydou Guèye, trois mesures fortes ont été prises lors de ce Conseil interministériel. «Il s’agit d’abord de régler le problème de la fiabilité de nos données et des statistiques, indique-t-il. Le Premier ministre a recommandé la mise en place d’un système de monitoring dédié au programme national d’autosuffisance en riz, pour avoir des statistiques, département par département et un mécanisme d’évaluation de l’offre et de la demande, un dispositif qui devrait être fédéré par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd).» L’autre mesure forte prise par le chef du gouvernement, c’est d’intégrer toutes les rizeries et associations de producteurs dans la plateforme, en vue de renforcer le dialogue et d’avoir un mécanisme fiable de collecte du riz paddy qui puisse prendre en charge tous les aspects de l’offre et de la demande. Seydou Guèye rappelle qu’à la suite du Conseil présidentiel sur le riz, il a été décidé de mettre en place une plateforme de commercialisation dont les deux principaux axes de travail portent sur un mécanisme de régulation et l’amplification de la contractualisation, pour élaborer des partenariats gagnant-gagnant. «Ce dispositif avait pour mission de faire la régulation de l’offre et de la demande pour un bon approvisionnement du marché, mais également dans ce dispositif, il était question d’une obligation faite aux importateurs d’acheter du riz local, en contrepartie d’un quota qui leur était affecté pour les importations en conséquence. Et l’autre mesure, c’est l’obligation qui était faite aux riziers de travailler à améliorer la qualité à travers un processus de certification.» La troisième mesure principale qui a été prise lors du Conseil interministériel, «c’est d’organiser une réunion de la plateforme avec les différents partenaires financiers, notamment les banquiers, pour la prise en charge immédiate, c’est-à-dire l’achat des 18.000T de riz paddy qui sont dans la vallée et des 6000T de riz blanc, en vue de démarrer cette campagne dans les meilleures conditions».

La réflexion durant le Conseil interministériel s’est aussi articulée autour d’une situation jugée «paradoxale», à savoir, le fait que malgré l’augmentation des productions en riz, les importations ne baissent pas suffisamment. «Les importations ne baissent pas de manière significative, proportionnellement à notre production. Par exemple, en 2013, le niveau de notre production de riz était à 436.153T, et en 2016, il était à 950.779T. Dans la même période, nous sommes partis d’un volume d’importation de 918.000T à 851.000T, une baisse relative, du fait que la production a amené un véritable mieux dans le secteur.» Une situation pas spécifique au Sénégal toutefois, précise Seydou Guèye, car les dernières études sérieuses qui ont été faites sur la question de la corrélation entre les importations et la production donnent à peu près le même profil dans l’espace Cedeao.

«La production a augmenté de 35% et on a eu une baisse des importations d’environ 6% par an»

Et suivant les explications du ministre de l’Agriculture, des études fiables ont permis de constater que dans l’espace de la Cedeao, la production rizicole augmente, mais les importations augmentent également, ce qui est un paradoxe. «A l’exception du Sénégal et du Nigéria, les importations rizicoles ont augmenté dans tous les pays de la Cedeao. En ce qui concerne le Sénégal, on impute cette baisse des importations à l’augmentation de la production : entre 2013 et 2016, la production a augmenté de 35% et on a eu une baisse des importations d’environ 6% par an. C’est dire que nous sommes dans une bonne dynamique, parce qu’on tend de plus en plus vers une très forte corrélation entre production et niveau d’importation, et ceci constitue un cas d’exception dans l’espace de l’Afrique de l’ouest.» Evoquant les problèmes de commercialisation, Pape Abdoulaye Seck explique que quand une agriculture se développe, les problèmes de commercialisation se complexifient. «Pour régler les problèmes de vente, il faut voir les goulots d’étranglement qui existent au niveau de chaque étage de la filière et essayer de trouver des réponses, souligne-t-il. On peut retenir que grâce aux efforts déployés par le ministère du Commerce, nous allons intégralement voir tout ce riz acheté par les commerçants.» Le ministre de l’Agriculture assure qu’il n’y aura pas de mévente dans la vallée du fleuve, parce que tout va être acheté par les riziers.

ADAMA DIENG

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée.