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mercredi, 2 août 2017
               
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Disparition du HS-125 – « Sachons raison garder »

Disparition du HS-125 – « Sachons raison garder »

iGFM – (Dakar) Il est des moments où l’on se demande de quel bois nous sommes faits, tant nous avons la forte propension à tirer sur les comètes et à montrer, en plus de nos limites, un manque total de discernement et de solidarité. Serions-nous si méchants que ça ?

 

A la suite de la disparition, samedi 5 septembre 2015, du Hawker Siddeley HS-125 de SENEGALAIR, la première compagnie aérienne créée par un Sénégalais chez lui, voire par un Africain noir sur le continent, tout et n’importe quoi a été dit. Souvent sur un ton péremptoire. La sentence quasiment toujours au bout des lèvres.

 

Sans rien maîtriser, sans rien savoir, nous avons foncé tête baissée dans l’espace procédurier de la compagnie SENEGALAIR, de l’Anacim, de l’Asecna que nous avons osé croire assez complaisants pour laisser voler un avion en mauvais état.

Avec une naïveté déconcertante, nous avons écarté la rigueur du risque 0, voire 1, que les compagnies prônent, pour leur survie tout simplement.

 

Savons-nous qu’un rideau de nuages peut s’allonger sur des centaines de km ? Savons-nous que l’aviation est un secteur pointu qui ne tolère aucune approximation ? Que savons-nous de ce qui s’est passé samedi 5 septembre et dans quelles conditions ?

 

Peut-on croire assez fou le propriétaire et fils de Cheikh Anta Diop de SOS Médecin, le Dr Massemba Diop, pour louer les services d’un avion dont il ne saurait rien de la fiabilité ?

 

Peut-on croire l’ambassade de France assez indifférente pour ne pas intervenir en connaissance de cause d’une défaillance technique avérée du HS-125, au lendemain de cette tragédie après la disparition d’une ressortissante française dont on nous dit qu’elle était assistante technique ? 

 

Peut-on, sans rien savoir de ce qui s’est véritablement passé le samedi 5 septembre, juger et condamner SENEGALAIR et faire passer son propriétaire Gérard Diop, ancien militaire de l’armée sénégalaise, pour un criminel qui faisait voler son coucou comme un vulgaire car-rapide ou un « clando » ?

 

Sait-on seulement combien de fois le HS-125 disparu a-t-il servi aux médecins urgentistes ? Au Suma par exemple ? A SOS médecin ? Au vol sanitaire pour sauver une ou des vies ?

 

7 personnes ont disparu, pleurons les et prions avec leurs familles. Parmi elles, une connaissance récente, le Dr Yahyia Diop recommandé par un ami médecin il y a quelques mois. Il serait venu me chercher au bout du monde pour me soigner, me disait-il…

 

La douleur est grande.

 

Sachons raison garder. Sachons que les recherches pourront trouver les débris, comme cela pourrait ne pas être le cas. Ou pas maintenant. Le cas de l’Airbus AF 447 reliant Rio-Paris dont les débris ont été trouvés en 2015, deux ans après qu’il se soit abimé en mer, dans l’Atlantique, est là pour nous le rappeler.

 

Certes, les questions et la réflexion ne manqueront pas afin qu’une telle tragédie ne se reproduise plus au Sénégal. Mais c’est ensemble, avec une solidarité de corps et d’esprit et surtout avec discernement et lucidité que nous y parviendrons.

 

Charles FAYE

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