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jeudi, 30 mars 2017
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Dossier du Mois # A la découverte de Dindéfélo, une cascade de… maux

Dossier du Mois # A la découverte de Dindéfélo, une cascade de… maux

 

iGFM – (Dakar) Célèbre par ses cascades, Dindéfélo est un village situé à 35 km de Kédougou, à l’Est du Sénégal. Devenu depuis les années 1921, date de sa création, le site touristique le plus visité de la région de Kédougou, ce village peine à bénéficier des retombées de ses chutes d’eau. IGFM vous fait découvrir ce site touristique avec la complicité de notre envoyé spécial Tapa Tounkara.

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D’année en année, le nombre de touristes augmente. Au moins cinq (5000) touristes français, espagnols, allemands, entre autres foulent le sol de cette anse naturelle à la chute époustouflante.

Voitures, motos, charrettes entre autres moyens de transport assurent la mobilité entre Kédougou et Dindéfélo.

Cet axe de 35 kilomètres est un véritable parcours du combattant. L’état défectueux de la route, un des facteurs de son désenclavement, hante la conscience des 2000 habitants de ce village laissé à lui-même au pied d’une montagne d’environ un (01) kilomètre d’altitude.

De Kédougou à Dindéfélo, il faut au moins 3 h de voiture. Cette route qui ne respecte pas les normes des Btp est un véritable nid de poules ; pas une trentaine de mètres sans que le chauffeur ne rétrograde soit parce qu’il y a un creux ou il doit tourner soit à droite ou à gauche.

Même si la prudence est de mise pour éviter un éventuel accident ou panne, le mode de transport entre ces deux localités est à déplorer. Les chauffeurs respectent tout sauf les normes requises par le code du transport. En effet, une voiture dite sept (07) places, transporte neuf (09) en plus des bagages à l’intérieur. Ici, seul l’argent les intéresse. En tout cas, chaque passager est tenu de débourser 1.300 francs CFA pour le transport.

A la gare routière de Kédougou, il faut plusieurs heures d’attente, avant d’embarquer. Sur la route, il y a au moins deux endroits où il faut donner quelque chose au policier ou gendarme en faction. Une tracasserie connue des usagers de ce trajet. Un sujet qu’ils évoquent tout le long du trajet avec les passagers qui en sont à leur premier voyage.

Le chauffeur après les deux postes, confient en langue peulh : «Min guani yobedé wadjibé» (j’ai fini de payer les ces gens…» Et d’ajouter : « Somi wadani ni hari bé athiouta mine yaho » (Si je ne leur donne rien, ils vont me bloquer ici ». Ce qui semble bizarre de la part d’un client qui demande si les papiers de la voiture sont au complet? « Oui j’ai mes papiers au complet mais il faut payer pour passer», a-t-il confié en conduisant aux pas de caméléon.

Cette page des tracasseries tournée, d’autres sujets de discussions s’invitent. Il s’agit entre autres du climat et les travaux champêtres. Les commentaires vont bon train. Tous les orateurs qui interviennent en langue Halpoular ont le même accent que ceux qu’on appelle des Peulh Fouta. Ces discussions qui se poursuivent qu’au village, notamment au grand-place du village qui fait office de gare routière.

La chute d’eau est à une trentaine de minutes de marche. Difficile de se frayer un chemin, entre arbres touffus, une piste de production mène à cet endroit où l’eau vient d’une montagne d’environ un kilomètre d’altitude. Au terme de notre marche, on tombe sur une vingtaine de jeunes. Tous du village. Pas un seul étranger retrouvé sur les lieux.

Auparavant, renseigne un jeune homme, «à cette période de l’année, au moins sur place vous pouvez compter une centaine touristes. Depuis quelques temps, le nombre de visiteurs diminue. Il faut dire que cela serait lié au fait que Dindéfélo est dans la zone rouge, de part sa position avec la Guinée Conakry. Pays où Ebola a fait plusieurs morts. Maintenant qu’on ne parle plus de cette maladie, les autorités qui doivent communiquer tout en rassurant les personnes. Mais elles ne l’ont pas fait. Conséquence, Dindéfélo reçoit de moins en moins de touristes».

Un autre sous le couverte de l’anonymat, de renseigner : «Dindéfélo est à quelques minutes seulement de la Guinée Conakry. Il suffit juste de monter sur une des montagnes pour apercevoir des villages de la Guinée. Des villages de la commune de Dindéfélo utilisent le réseau téléphonique de la Guinée. Cela veut dire qu’ils sont plus proches de la Guinée que le Sénégal. Certains parmi eux se ravitaillent en nourriture en Guinée. J’ai des camarades de classe qui habitent sur la montagne. Là-bas, il y a le village de Dandé. Ils sont obligés de quitter un kilomètre d’altitude pour aller à l’école. A la descente, ils remontent sur la montagne. C’est fatiguant pour eux».

En cette période de commerce de mangues entre autres fruits cueillis dans la forêt, poursuit-t-il : «les femmes après avoir cueilli des fruits, portent des bassines sur leur tête et descendent de cette montagne pour aller les vendre au marché de Dindéfélo et quand elles ne parviennent pas à tout écouler leurs marchandises, elles sont obligées de les ramener chez elles. C’est une véritable gymnastique.

Nous avons pu faire le constat au moment d’aller sur la montagne. Lors de notre montée au sommet de la montagne , nous avons rencontré des élèves sac au dos ou cahiers à la main, tout en sueur venant du sommet de la montagne pour aller à l’école.

A cette altitude, c’est tout autre chose, des habitants qui vaquent tranquillement à leurs préoccupations. Les cultivateurs en pleine activité, des femmes s’attèlent aux travaux ménagers et des enfants jouent. Ici, visiblement on ne sent pas les conséquences des difficiles conditions de vie des populations.

Pourtant rien ne les empêche de descendre en bas de la montagne pour y résider et bénéficier des mêmes conditions de vie des gens de Dindéfélo.

L’eau de la chute provient du sommet de cette montagne. De grotte en grotte, nous avons tenté en vain de déceler avec exactitude l’endroit où quitte l’eau. De grosses pierres superposées, les unes sur les autres, entre elles, sortent de l’eau fraiche et très claire.

Cette eau est destinée à la consommation directe. Du moins, rassure un jeune vingtaine d’année : «les populations la boivent sans risque aucune. Déjà au niveau de la chute, vous avez vu des gens remplir des bidons. Il n’y a pas de risque lié à la consommation de cette eau que vous voyez. Elle est claire et ne présente en tout cas et pour moi et pour tous les autres habitants du village un quelconque danger. Il n’y a jamais eu de problème dû à la consommation de cette eau».

Cela ne veut pas dire que Dindéfélo n’est pas confronté à un manque d’eau. Cela peut paraitre utopique, parce que dire que Dindéfélo manque de l’eau en saison sèche, avec ses chutes d’eau et de l’eau qui coule partout pendant l’hivernage et qu’on vous dise que l’eau manque ici pendant la saison sèche c’est vraiment contradictoire mais c’est vrai.

Dans le cadre du Pudc, ils sont en train de mettre en place un château d’eau qui n’est pas terminé. En attendant, il faut noter que l’eau est un problème crucial pour les populations. Il y en a même une grosse partie des populations du village qui n’ont pas d’eau. Elles sont obligées de faire presque un voire deux kilomètres pour se procurer du liquide précieux.

Il y a aussi le problème de l’électricité. Nous avions eu de l’espoir un moment donné avec ce qu’on appelle l’Agence nationale des éco-villages (Anev) qui a voulu appuyer des gens à qui on leur a demandé de cotiser pour avoir l’électricité chez eux mais jusqu’à présent on attend. On nous a encore donné rendez-vous au mois de septembre prochain.

A ces problèmes s’ajoute l’emploi des jeunes. Ils sont là et ne font rien du tout. Les domaines agricoles ne sont pourtant pas loin mais ce qui est dit dans les textes n’est pas appliqué en réalité sur le terrain.

Ce qui fait que des jeunes qui avaient voulu s’y rendre se sont découragés. Il doit avoir une bonne politique relative à la gestion des terres. Ici, les jeunes sont déterminés à travailler. En tout cas, si on les aide à s’organiser, ils pourront bel et bien faire des champs collectifs, faire de bonnes récoltes et avoir de quoi vivre.

Au lycée, il n’y a pas d’eau. Les toilettes ne sont pas aussi fonctionnelles. Le problème des femmes c’était l’accès au crédit mais de plus en plus elles ont accès au crédit pour leur petit commerce ou la transformation des produits locaux. En ce sens, elles sont besoin d’appui pour aller loin.

Au-delà de la cueillette des produits locaux, il faut les transformer pour pouvoir le maximum gagner sur ces produits.

Dindéfélo est un village très enclavé. L’état de la route est un véritable casse-tête pour les populations. On nous a dit que les travaux de cette route vont démarrer incessamment mais jusqu’au moment où je vous parle rien n’est encore fait.

Dindéfélo est à 35 kilomètres de Kédougou ville et pour s’y rendre, il faut au moins 4 heures. C’est encore pire aux mois de d’Août et Septembre, période à laquelle des touristes espagnols viennent en masse dans la localité. Pendant cette période, les gens sont bloqués à cause de l’impraticabilité de la route.

Une équipe était venue pour faire l’étude du terrain, le maire et son équipe ont après annoncé le démarrage des travaux de cette route «cauchemardesque» mais jusqu’à présent rien n’a démarré.

Dans la commune, il y a des habitants de certains villages qui n’ont pas accès au réseau de téléphonie au Sénégal. Ils fonctionnent avec le réseau de la Guinée Conakry. C’est regrettable, parce qu’ils sont aussi des Sénégalais et jouissant des même droits et devoirs que tout sénégalais où qu’il soit dans le pays.

«Dindéfélo doit sa célébrité à la cascade»

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Natif de ce village, Karim Camara se rappelle quand il allait s’inscrire à l’Université. Il y a de cela une vingtaine d’années. «Quand je disais que je suis de Dindéfélo, les gens ne savaient pas où c’était. C’était frustrant parce que je trouvais anormal que mon village qui est du Sénégal ne soit pas connu comme d’autres le sont. Au fur des années, avec la découverte de la cascade, Dindéfélo est connu au niveau national et international.

Grâce à la cascade, les jeunes du village se sont intéressés au tourisme. Au début comme simples accompagnateurs des touristes avant d’être des guides touristiques, après qu’ils aient suivi une formation dans le domaine. Ce qui fait qu’aujourd’hui, les ¾ des guides touristiques de la région de Kédougou sont originaires de Dindéfélo.

Ils tirent tous profit de cette cascade soit en vendant des produits qu’ils fabriquent soit en tissant des partenariats avec des touristes. Ce qui fait qu’aujourd’hui le village est ouvert au monde. Des visiteurs viennent de partout. Il y en a entre autres, des Espagnols, des Allemands et des Américains. Ces partenaires, une fois dans le village, s’adaptent au mode de vie des populations et au finish apportent leur soutien au développement du village.

Par exemple, c’est grâce aux touristes, nous avons un château d’eau et un forage. Aussi, ils ont électrifié aussi l’école.

Les Espagnols nous aident dans la protection de la biodiversité avec la réserve. Les Allemands nous ont aidés à construire un centre d’appui à l’autopromotion locale. Ils ont construit des salles de classes, au dispensaire, il y a des médicaments en permanence et il y a une ambulance. Donc, il faut reconnaitre que la cascade est en plus d’attirer les touristes permet au village aussi de se développer. Tout ce qui se fait ici, je peux vous dire c’est en grande partie due à la cascade même s’il faut reconnaitre que l’Etat est en train aussi de faire quelque chose mais les touristes font beaucoup de choses pour le village.

Ebola, élément perturbateur des touristes!

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De façon générale, il a vraiment des jeunes qui sont partis vers les zones aurifères communément appelées des «diouras». Comme j’ai l’habitude de le dire, ils vont vers le gain facile alors ils vont se suicider parce qu’ils n’y gagnent pas grand-chose. Il en a d’ailleurs à coté de celui qui gagne une fois d’autres restent une voire deux ans sans rien trouver. Au finish, ils reviennent avec des maladies. C’est dommage. En plus, ce phénomène, il faut le reconnaitre cas même a affecté un moment le tourisme.

A cause d’Ebola et de la situation de menace terroriste dans le monde, la situation a changé. Par exemple, au niveau des campements touristiques, toutes les réservations étaient annulées parce qu’ils disaient que nous sommes dans la zone rouge c’est-à-dire à coté de la Guinée Conakry. Cela a beaucoup affecté un moment l’arrivée des touristes à Dindéfélo. Cette situation a causé la ruée des jeunes vers les zones aurifères.

L’année dernière, il y a eu de l’or qui a été découvert à 5 km d’ici. En une journée, plus de 200 personnes venues de partout ont pris d’assaut les lieux. C’était un vrai problème. Nous avions dénoncé d’abord ; ce qui n’a pas été efficace, ensuite nous avions saisi la mairie qui a son tour a contacté le gouverneur et la gendarmerie. C’est après qu’ils sont venus sévir mais c’était inquiétant pour nous parce que l’or a été décelé dans notre zone de protection. Cela nous empêche réellement de dormir. D’une manière générale, les «diouras» perturbent la quiétude de toute la région de Kédougou.

Deux versions de l’histoire de Dindéfélo.

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Cette localité de Kédougou du Sénégal proche de la frontière avec la Guinée Conakry serait découverte entre 1921 et 1923 par un chasseur du nom de Manga Dian Pathé Traoré. Malien d’origine, il serait passé par Diakhaba pour voir le grand- père de Moustapha Guirassy, ancien ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement sous Abdoulaye Wade qui l’aurait conseillé de venir vers là où pourrez trouver un cour d’eau qui ne tarit jamais et où il pourrait aussi faire sa chasse avec du gibier en abondance. S’orientant vers là tout en remontant la cour d’eau, il a tiré sur un gibier. Celui-ci a voulu se refuser, c’est en le poursuivant qu’il a découvert la cascade.

D’autres soutiennent que c’était des champs des villageois de Boussoura et Diankhé, situés respectivement à 2 et 3 kilomètres. Les populations qui vivaient dans ces villages venaient ici pour cultiver et comme chaque année, les récoltes étaient très bonnes, ils ont décidé de s’installer en construisant d’abord des greniers. Ils y restaient pour un temps bien déterminé mais à la longue, ils ont dit pourquoi à chaque fois rentrer alors qu’il y a tout ici. C’est ainsi qu’au-delà des greniers, ils ont construit des cases et se sont définitivement installés. C’est la première vague de personnes installées, d’autres les ont rejoints après parmi lesquels, des ressortissants de la Guinée Conakry à cause de la pression qu’ils subissaient de la part du Président Sékou Touré.

Dans tous les cas, il faut noter que Manga Dian Pathé Traoré est le fondateur de Dindéfélo situé dans la région de Kédougou au Sud-est du Sénégal, à au moins 10 heures de route en voiture de Dakar, capitale du Sénégal.

 

Tapa TOUNKARA (Envoyé spécial à Dindéfélo)

3 commentaires

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  3. Un beau site à visiter. Dommage que le texte soit rendu dans un Français exécrable! Il faut gréer un Comité de relecture et de correction. On dirait Ngor Djégane, plus de professionnalisme s’il vous plaît!

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