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Dr Macoumba Diouf – « Le président est en train de restituer aux élus leur dignité »

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 iGFM – (Dakar) Le Docteur Macoumba Diouf, Maire de Latmingué, Président de la Commission Décentralisation et Secrétaire à l’Environnement de l’AMS est l’invité de votre nouvelle rubrique « L’Invité du Lundi ». Dans cet entretien, M. Diouf revient sur les conclusions de la première édition de la rencontre entre l’Union des associations d’élus locaux (UAEL) et le président de la République, Macky Sall, tenue le 10 Octobre 2019 à Dakar. Une rencontre qui avait comme thème: « Le Plan Sénégal Emergent Vert ou PSE VERT et la transition agro-écologique: pertinence, modalités de mise en oeuvre, place et attente des élus. Il commente également l’actualité politique nationale marquée par la rencontre du président Macky Sall et Me Abdoulaye Wade au Palais, dimanche dernier, la libération de Khalifa Sall et l’affaire Ousmane Sonko entre autres. (A suivre)

Quel sens donné à la rencontre entre l’Uael et le Président de la République sur le Pse-Vert ?

Le président est en train de nous restituer notre dignité et de nous interpeller.

Je qualifierai cette rencontre d’historique. Je ne vais plus l’appeler de rencontre, mais la première édition de la journée nationale de la décentralisation. Parce que le président de la république a décrété la journée du 10 octobre de chaque année, journée nationale de la décentralisation. Une journée qui a une portée historique de l’histoire du Sénégal et de son gouvernement. C’est la première fois qu’un chef d’Etat demande à rencontre les élus à sa demande dans le but de renforcer son partenariat avec le pouvoir local. C’est après le Conseil des Ministres qui a précédé notre rencontre qu’il a décidé de nous rencontrer, c’est aller très vite. Il a rappelé que pour lui, il est impératif d’arriver à une territorialisation des politiques publiques, gage de succès pour la mise en oeuvre desdites politiques et gages d’impact au niveau du quotidien du commun des sénégalais. Nous sommes tous élus. Il y a l’association des maires du Sénégal (AMS) et l’association des départements du Sénégal (ADS). Nous tous élus, nous étions particulièrement séduits de cette originalité et de ce caractère historique de la rencontre. Cela n’a jamais eu lieu avant. Il fallait la saluer.

Le sens de cette journée est celui, est le sens que le chef de l’Etat depuis son avènement à la tête de ce pays a donné à la décentralisation à travers l’Acte III de la décentralisation régie par une loi communément appelée code des collectivités locales, maintenant code des collectivités territoriales. C’est sa volonté. Aujourd’hui avec la communalisation intégrale, toutes les collectivités locales, sont soit des communes, des départements ou des villes. Cela permet le nivellement par le haut. Cela permet l’équité. Il y a aussi l’érection de pôles territoires pour arriver à territorialiser les politiques publiques et ériger les collectivités locales viables, compétitives.(…).

C’est ce qu’a compris le président de la République, c’est pourquoi, il a décidé de parler directement aux élus, sans intermédiaire. C’était un dialogue direct entre le président de la république et les élus. C’était frappant, original et fort comme signal. Il a montré à son gouvernement qu’il a en face un profil d’élus qui forcent le respect. Je suis rassuré les concernant et je vous engage, vous à tenir la barre très haute. Parce que vous avez de vrais homologues en face. C’est un message qui nous a beaucoup plu et c’est la vérité. S’il dit qu’il croit à l’équité, c’est la vérité; parce qu’il ne veut pas qu’il y ait plusieurs catégories de sénégalais. Il veut qu’on soit des homologues. C’est les niveaux de responsabilités qui diffèrent, mais on est tous pareils. C’est le message que j’ai compris.

Le chef de l’Etat, qui a été maire, comprend mieux les problèmes auxquels, les collectivités sont confrontées. Il s’est engagé à transférer les moyens du pouvoir central vers le pouvoir local. Il considère que certaines choses devaient être faites depuis qu’il était maire par leurs pairs et non par les ministères. Construire des écoles, des salles de classes, des cases de santé…

Il a dit : « il ne faut plus considérer les maires comme des bénéficiaires, mais comme des acteurs… »Plus de transferts et de responsabilités pour les maires. Mais aussi, il y a le principe de redevabilité à travers une bonne gouvernance et une gestion des deniers au profit des populations.  On va y arriver. On passe de budget de moyens au niveau central au budget d’objectifs. Ce qu’on appelle le budget programme. L’ordonnancement  a changé de lieu, ça part du ministère de l’Economie et des Finances aux ministères sectoriels. Il y aura des responsables de programmes. Il y aura des contrats de performance ou d’objectifs entre ces responsables et leurs ministres. Le président veut montrer que cela va arriver chez les élus. Cela a commencé par le Pacasen qu’on va généraliser avec le Pacasen rural. Pour le moment c’est sur 123 communes, avec 130 milliards FCFA. Le président est entrain de nous restituer notre dignité et de nous interpeller. Le sens qu’il donne à cette rencontre, c’est de donner à la décentralisation toute sa dimension dans notre pays comme mode de gouvernance indispensable pour atteindre l’émergence à l’horizon 2035.

 

C’est quoi le PSE Vert?

Le PSE Vert va au delà de replacer l’arbre dans l’environnement humain. 

 

C’est le Plan Sénégal Emergent Vert. Il faut se féliciter de cette initiative et de son lancement. Et surtout de ce que cela peut apporter à notre pays dans un secteur clef comme le secteur primaire, comme l’Agriculture, qui comprend les productions végétales, animales, halieutiques et forestières. Depuis qu’on en parle, le commun des sénégalais et beaucoup de nos collègues techniciens parlent du PSE VERT comme un programme de reboisement. Au point qu’on a créé l’Agence nationale de la reforestation et de la grande muraille verte. C’est bien mais je voudrais rappeler que le PSE Vert va au delà de replacer l’arbre dans l’environnement humain, donc reboiser. PSE Vert ne veut pas dire Reboisement. Le président de la République n’a pas dit cela. Il a dit PSE Vert et transition agro-écologique. Cela veut dire, reboiser, replanter pour créer les conditions plus durables d’une agriculture plus durable avec des intrants organiques pour mieux gérer la fertilité des sols dans le temps et arriver à des produits alimentaires beaucoup plus sains et qui se conservent mieux. Les produits bio ou organiques se conservent mieux. Avec l’agro-écologie, on a une intensification durable alors qu’avec les produits chimiques, la durabilité est limitée. (…) C’est une vision pertinente du président de la République. Qui parle de l’horizon 2035 parle de la durabilité. Il pense aux générations futures, qui doivent vivre de l’agriculture demain. Cette initiative PSE Vert aura un impact très important dans le vécu des sénégalais, pourvu qu’on en est la lecture des élus, qui est une bonne lecture et conforme à la vision du chef de l’Etat.

 

Quelles modalités d’application?

« Il nous faut de la visibilité sur notre foncier et sa vocation »

Mettre en place des outils et les cadres devant porter cette application. Cela devait être des cadres de concertation. A défaut d’être des cadres communaux, cela peut être départementaux. Cela peut se faire entre les élus et les services techniques et le commandement territorial. Pour qu’on harmonise et qu’on décline les politique au niveau central, qu’on discute de leurs modalités de mise en oeuvre au niveau local.

Que conformément aux promesses du président, que certains moyens qui devaient contribuer à la mise en oeuvre de ce programme soient transférés à ces cadres locaux à travers les budgets des collectivités territoriales.

Il y a la budgétisation. Parce que l’agriculture n’est pas une compétence transférée. C’est l’occasion de la demander. On a besoin de rubriques budgétaires, qui nous permettent d’avoir de tels moyens dans nos budgets. La nomenclature budgétaire doit être touchée.

Un autre élément, il y a des mesures d’accompagnement. Il nous faut des plans directeurs d’urbanisme. Ou des plans d’affectation et d’occupation des sols. Si on n’a pas cela, c’est comme un pilotage à vue. Il nous faut de la visibilité sur notre foncier et sa vocation. Il faut qu’on dote les communes de plan d’occupation et d’adaptation des terres et qu’on les dote d’un cadastre rural et un numéro d’identification cadastrale où toutes les terres seront numérotées. Il faut qu’on le mettre dans le package des mesures d’accompagnement que l’Etat du Sénégal devra assurer aux collectivités pour aller vers une application rigoureuse du PSE Vert avec les impacts attendus.

 

Retrouvailles Macky-Wade?

« Je félicite le président Macky Sall pour son humilité et le président Wade pour sa sagesse.

Ces retrouvailles ont une dimension historique. Le Sénégal vient d’inscrire une nouvelle page de son histoire politico-religieuse avec cette retrouvaille Macky-Wade. C’est la première fois, qu’un président en exercice et un ancien se retrouve pour parle des préoccupations de notre pays et de son avenir.  C’est cela l’objectif de ces retrouvailles. Mais le caractère historique et original tient au fait que cette retrouvailles a eu lieu après un vent de bisbilles entre les deux. Leurs rapports n’ont pas été un long fleuve tranquille. C’est venu pour décrisper une situation. Pour des autorités à leurs niveaux, cela n’est pas commun. N’eût été l’intérêt du Sénégal, en rien ils n’étaient tenus. Wade en tant qu’ancien président, a tout fait pour ce pays son avenir est derrière lui, le président Macky Sall n’en parlons pas. Ils ont mis en avant l’intérêt du Sénégal. Je félicite le président Macky Sall pour son humilité et le président Wade pour sa sagesse.

Je voudrais lancer un appel envers les sénégalais pour qu’on y dise, qu’on y fasse ou qu’on agisse dans le sens de consolider cette retrouvaille, qu’on la pérennise afin qu’elle impacte positivement sur la marche du pays. Je prie Dieu qu’Il préserve Lui-même cette retrouvaille. Qu’elle participe à renforcer le cadre du dialogue en cours. Son aboutissement sera salutaire pour le pays. Je souhaite que parmi les compris, le retour du Pds et de ses alliés en fassent partie.

Je souhaite au delà du dialogue qu’on aborde de manière froide les préoccupations du pays, que les populations vivent les retombées de ces retrouvailles.

La grâce accordée à Khalifa Sall?

« La libération de Khalifa Sall est un ouf de soulagement pour tout le monde… »

Je salue l’initiative et je m’en félicite. J’en profite pour féliciter le président Macky Sall pour sa hauteur. Le président, c’est le profil du président bon teint. Qui a de la mesure, du caractère, de la compétence et de la hauteur. Le dialogue est culturel au Sénégal.  Je salue l’attitude des sénégalais qui dans leur écrasante majorité ont salué cette grâce. A un moment donné, on a besoin de la décrispation de notre espace politique. Il faut se féliciter de cela. C’est un ouf de soulagement pour tout le monde. Tout le monde s’y attendait. C’était une attente de tous les sénégalais. Khalifa Sall n’a pas été malheureux d’avoir pu revoir sa chère maman après ce long moment. A sa sortie, il a sillonné les artères de la ville en plein jour. Il a rendu visite à son marabout à Tivaouane. Il a été à Touba et dans les autres foyers religieux. Il n’y est pas parti pour leur dire que je suis mécontent de ma libération. Je souhaite que Khalifa Sall travaille pour l’unité de sa famille politique, son parti le Ps et qu’il retourne au Benno. Je suis militant de la cause du Benno. Pendant sept ans, aucun président n’a réussi à maintenir une coalition pour cette durée.

L’Affaire Sonko?

« La justice est interpellée, il faut qu’elle nous édifie sur cette affaire »

Il faut que la justice de notre pays qui est le seul en dernier ressort arbitre. Il faut qu’elle se saisisse de ce dossier et édifie les sénégalais. Parce que ce à quoi on assiste n’est pas loin du cinéma. Parce qu’on n’a pas vu des preuves palpables pour nous édifier pour donner tort ou raison à l’une des parties. C’est vrai que l’Assemblée nationale a produit un rapport; mais elle n’a pas de pouvoir juridique. Le contenu de ce dossier peut être versé le moment venu à la justice. Ils ont embarqué tout le monde dans un bateau sans capitaine. Il faut que la Justice nous édifie sur cette affaire.

El Hadj Harouna FALL

 

 

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