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jeudi, 16 novembre 2017
               
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ÉDITORIAL – TNT EN JUIN 2015 Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Pourquoi ?…

ÉDITORIAL – TNT EN JUIN 2015  Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Pourquoi ?…

mamoudou-ibra-kane

Empruntons au journaliste ses cinq questions de base ; les «5w» en anglais : who, what, where, when, why. Des questions que l’on se pose chaque jour quand, en bon journaliste, on est a la recherche de «quoi de neuf et d’intéressant pour mes lecteurs, auditeurs et téléspectateurs ?» Qui (fait)? Quoi? Ou? Quand? Pourquoi? Des questions simples qui exigent des réponses simples.
De quoi s’agit-il? L’Union Internationale des Télécommunications, institution spécialisée des Nations unies chargée d’attribuer dans le monde entier des fréquences radioélectriques et des orbites de satellite en fixant les normes techniques, a pris la décision, dans le domaine audiovisuel, de faire passer le système de diffusion de l’analogique au numérique. D’où l’appellation «passage au numérique», qui offre l’avantage de disposer de plus de fréquences dénommées «dividendes numériques» avec, cerise sur le gâteau de nos téléviseurs nouvelle génération, des images en qualité Haute Définition (HD). Ce processus entamé à la fin des années 90-début 2000 avec la Grande Bretagne comme premier pays à entrer dans cette nouvelle ère se poursuit pour ne pas dire continue son tour du monde audiovisuel. En Afrique noire, le Rwanda est devenu, depuis le 1er août dernier, le troisième pays après l’Île Maurice et la Tanzanie, à achever son basculement de la Télévision Analogique Terrestre (TAT) a la Télévision Numérique Terrestre (TNT). Au Sénégal, ce processus atteindra son point d’achèvement le 17 juin 2015 à la suite de l’adoption d’une «Stratégie nationale de passage de l’audiovisuel analogique au numérique», pilotée, à ses débuts, par un «Comité National de Passage de l’Audiovisuel Analogique au Numérique» (CNN). Un examen de passage a priori largement à notre portée si l’on considère l’énorme potentiel dont regorge notre pays en termes de ressources humaines avant même de parler de la machine.

L’attribution du marché à nos confrères de EXCAF TÉLÉCOM devant de puissantes sociétés étrangères qui étaient en compétition pour la gestion du multiplexage est la preuve que le génie humain et la technologie que requiert un tel passage, en douceur, existe au pays de Cheikh Anta Diop. Cette décision sur dossier de confier cette redoutable mission à EXCAF dépasse, à notre humble entendement, la très stratégique «préférence nationale», car poser le débat en simple terme de «préférence nationale» serait très réducteur du critère de compétence technique mis en avant dans le pilotage du dossier «passage de l’audiovisuel analogique au numérique». On s’étonne au passage que «la partie fibre optique» du même marché ait échu aux Chinois de HUAWEI TECHNOLOGY, dès lors que «la partie audiovisuelle» est revenue aux Sénégalais de EXCAF TÉLÉCOM. Question légitime : pourquoi le choix, inspiré par le CONTAN, de la présidence de la République sénégalaise s’est seulement limité à EXCAF dans une logique éventuelle de promotion de la «préférence nationale» adossée a une «compétence nationale» avérée? Que vaut la préférence nationale sans la compétence nationale? En matière de fibre optique, une société comme SONATEL n’aurait-elle pas pu bénéficier d’un tel marché? Vu le réseau dont dispose déjà cette société de télécommunications, on aurait sans doute gagné du temps et économiser de l’argent. Nous attendons la réponse tout en nous refusant de passer sous silence au risque d’être coupable, la grande partie de la mission confiée au CONTAN et qui aurait dû revenir naturellement à l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP).
Oui, EXCAF mérite amplement le choix porté sur sa plateforme que lui a léguée feu son fondateur, le grand magnat de l’audiovisuel, Ibrahima Ben Basse Diagne dont l’évocation du seul nom (Paix a son âme !) renvoyait dans l’esprit de tous, au fameux système MMDS. Là donc n’est pas le problème et ne saurait l’être. L’ennui dans cette affaire est que ce qui s’annonce et s’énonce comme une révolution douce, pardon un passage en douceur, est en train de se muer en passage en force. Par la faute d’un Comité National de Pilotage de la Transition de l’Audiovisuel Analogique au Numérique. Personne, sinon très peu, n’est content… du CONTAN. Sans jeu de mots. Pour un Comité en charge du pilotage d’une entreprise éminemment communicationnelle à enjeux dépassant largement la simple question de l’Audiovisuel, ne pas communiquer sur des choix d’une importance si stratégique étonne et détonne. Ce silence est même une faute, s’il n’est coupable. Qui parmi les opérateurs et autres acteurs audiovisuels sénégalais est en mesure de dire les conditions exactes d’attribution de ces marchés? Quel est le montant exact du marché de «la partie audiovisuelle» confiée à EXCAF ?

Quid de celui de «la partie fibre optique» qui est généreusement(?) allée à la société chinoise HUAWEI ? On parle dans le premier marché de 40 milliards de francs CFA qu’aucune information officielle, émanant du CONTAN ou du Gouvernement, ne confirme ou n’infirme. On nage en plein brouillard causé par un brouillage voulu et entretenu par le CONTAN.

Passées les questions basiques du journalisme, c’est aussi le temps et le lieu pour le Comité National de Pilotage de la Transition de l’Audiovisuel Analogique au Numérique, acceptant au préalable de se soumettre à un exercice d’interview-vérité, de répondre aux questions plus pointues suivantes.

– Quelle vision et quelle ambition soutendent la concession de 5 ans faite à EXCAF ?

– Pourquoi donner à ce seul opérateur deux (2) couches de multiplexage d’au moins vingt (20) chaînes de télévision chacune, alors que le Sénégal ne dispose aujourd’hui, en tout et pour tout, que de quatre (4) couches affectées par l’UIT ?

– Comment le CONTAN compte régler la très sensible et mercantile question des décodeurs au nom de la très en vogue exigence de transparence ?

– Si EXCAF distribue le million de décodeurs tel qu’il semble être annoncé avec ses propres paramètres, quelle part va revenir aux autres chaînes (opérateurs audiovisuels) en matière de services à valeur ajoutée ?

– Ces chaînes concurrentes à EXCAF ne seront-elles pas pénalisées deux fois ? Vont-elles subir sans crier le supplice de la double peine ?

– S’agissant de la société d’exploitation, si EXCAF installe le matériel de distribution et l’exploite commercialement en même temps, ne se retrouverait-elle pas dans la position avantageuse de juge et partie ? Que gagneraient alors les autres télévisions dans ce Business Model ?

– Pour ce qui est de la société de patrimoine, quelle part détiendra chacun dans l’actionnariat? Quels sont les critères et conditions de participation (prise de part) à cette société de patrimoine ?

– Quel sera le sort du service public (RTS) ?

– Comment régler la prégnante question du financement de l’Audiovisuel en général et de l’Audiovisuel public en particulier? Comment renverser la proportion actuelle de 70 a 80% du marché de la publicité audiovisuelle détenue par la chaîne publique ?

A l’image de l’eau, cette denrée vitale, le secteur audiovisuel – la télévision n’en est pas moins, aujourd’hui, une denrée de consommation courante – tel qu’il se dessine en perspective du passage à la TNT en juin 2017, renvoie schématiquement à la concession conclue entre la SDE et la SONES pour le compte de l’État du Sénégal. Un contrat d’affermage plus exactement, pour la distribution de l’eau par la Sénégalaise des Eaux (société d’exploitation) sur commande de la SONES (société de patrimoine) représentant les intérêts de l’État sénégalais. On est à peu près dans le même scénario pour la distribution du signal audiovisuel, scénario dans lequel un couplage du «contrat d’affermage» avec un «contrat de performances» ne serait pas de trop, à l’instar de ce qui se passe dans le secteur de l’eau. A la notable différence qu’en matière de télévision, le Sénégal est à l’ère de la libéralisation et donc de la concurrence. Les questions posées interpellent certes le CONTAN au premier chef, mais elles s’adressent aussi et surtout à l’État (Présidence de la République), les opérateurs de télévision et de télécommunications, ainsi qu’à tous les autres acteurs techniques et institutionnels comme l’ARTP. A l’heure de l’Économie numérique, «le rendez-vous du donner et du recevoir» du 17 juin 2017 à 00H sera réussi ou pas par le pays de Léopold Sedar Senghor en fonction du degré d’implication de tous et de chacun dans le processus.

Face à la marche forcée qu’est le passage de la TAT a la TNT, il s’agit, tel l’athlète devant ses haies au steeple, de mettre tous les atouts de son côté, dans ce saut technologique audiovisuel, pour franchir les obstacles eh bien, sans chute. Bel athlète du journalisme n’ignorant point ses questions de base, Babacar Touré, grand homme de communication doublé de Président du CONTAN, saura trouver aux maux de l’audiovisuel les mots justes à l’image de ceux de sa mémorable interpellation du philosophe Hamidou Dia (Réf. Article : « Le héros, l’anti-modèle et le bouc») pour rester fidèle a cette conviction : «Je sais que l’intellectuel rigoureux et créatif que tu incarnes appréhende l’impératif de créer des espaces, de provoquer des rencontres et des discussions et de les transformer en autant de passerelles. Cela autorise l’élaboration et l’affinement des outils de la connaissance et de la réflexion compréhensive.» Quelle terrible… chute journalistique !

MAMOUDOU IBRA KANE

10 commentaires

  1. C’est une bonne chose que excaf ait gagné le marché pour le passage de l’analogique au numérique. Souhaitons leur bon vent.

  2. estimez vous heureux car c’est vrais que le choix reste a desirer mais voyons le bon cotes des choses si excaf reussit le pari c nous tous qui gagnons et la les autre pays freres pourrons faire appel a notre expertise.si par compte il echoue tant mieux car c’est a partir de echecs que l’on se perfectionnes et dans se cas vous le GFM serai prevenu et ne tomberai pas dans les meme erreurs. de toute façons nous ne pouvons pas toujours faire appel au blanc pour des choses que l’on n’est censes maitriser comme le TNT on ne fait pas omelettes sans casser d’œuf

  3. Je reconnais vos suggestions, au Sénégal le journalisme manque de transparence.
    Je vous conseille plus de Transparence, d’abnégation et de réussite dans le travail.Pour l’intérêt du Sénégal, le bon remède est :
    Faire de bons résultats, garder cette expérience pour un avenir meilleur.

  4. Je pense que le sujet est trop sérieux et que les professionnels doivent se retrouver pour emmener leur contribution. Premièrement il s’agit de ‘‘passage de l’analogique au numérique’’ et non de l’analogique au TNT, La télévision numérique terrestre qui est une évolution technique en matière de télédiffusion, fondée sur la diffusion de signaux de télévision numérique par un réseau de réémetteurs hertziens terrestres. La précision est de taille et il faut se poser la question à savoir pourquoi à chaque fois qu’on parle ‘‘passage de l’analogique au numérique’’ on oriente notre regard vers la TNT. Qui a fait ce choix et pourquoi ?
    Deuxièmes EXCAF a-t-il le monopole du multiplexage si oui pourquoi ? Dans d’autres pays les chaines privés ont leur multiplexeur alors pourquoi pas ici ?
    Je ne suis pour ni contre aucun acteur mais bon je pense qu’il faut poser les bonnes questions surtout que je me rappel comme si c’était hier de la réunion qui s’était tenu au novotel quand il a fallut doter le Sénégal d’antenne MMDS pour permettre au sénégalais de suivre les programmes de TV5. J’ai comme l’impression que c’est le même scénario qui se répète. La nouvelle génération de patron de presse doit quand même être beaucoup plus informée sur le deal.
    Méditez sur ce bout d’article sorti en Belgique depuis 2009.‘‘… La situation des médias hertziens Belges par rapport à la TNT est actuellement très critique et très préoccupante face aux nouveaux potentiels technologiques numériques, et cela engendre une certaine confusion. Actuellement, certains rapports mentionnent un dépassement de l’audience des médias « IPTV » et mobiles eu égard aux moyens de réception fixe pour le mois de juin 2009. Il faut aussi mentionner que tous les changements de fréquence d’un émetteur TNT peuvent être réalisés en une heure avec un coût de1 000 €, d’après le CSA Belge…’’

  5. Salut
    Monsieur kane je vous apprecie en tant que journaliste professionel.
    Je suis desole de lire votre chronique asardeux en TNT. Je crois que Monsieur kane vous devez d’abord s’aquerir des connaissances en technique avant d’etre un chroniquer TNT.
    En lisant votre chronique vous et Monsieur Sow ont recent de la Jalousie Envers Excaf. Quand Vous dites Que gagneraient alors les autres télévisions dans ce Business Model ? les chaines de tv senegalaise seront diffuser en Claire elles ne seront pas payante par contre les Chaines de tv senegalaise ne paieront pas d’electricite pour les emetteurs partout au Senegal. Vous devez payer une redevance a Excaf car il se chargera de Transporter le signal partout au Senegal Avec leur propre moyen technique estimer a des milliards. Ce qu’il gagneront sur cela est les chaines de tv etrangeres payantes qu’il vont commercialiser comme actuellement le Bouquet MMDS. Ce qui me fait plaisir le plus chez Excaf ils travaillent sans parler et ils font un bon boulo.
    En bon enttendeur Salut.
    de la part de Jules en Allemagne.

    • Mais Monsieur ou avez vous appris a parler francais, vous faites honte a excaf et je suis persuadé que vous travaillez labas et ou defendez quelqu’un…que de tristesse dans vos propos

  6. Qui? L’Etat (la Présidence de la République soi-même) à travers le bras séculier dont il s’est doté en urgence à la place du CNN et de l’Artp ;
    Quoi? Pour passer des discours à l’acte ;
    Où? Ici et… ;
    Quand? Maintenant ;
    Pourquoi? Ne pas être gros jean comme devant le 17 juin fatidique.

  7. wakh yaw dal wakhofi dara. Je me demande si tu comprends bien ce que MIK est entrain de dire. Critique dafa wara objective way.

  8. « whax dafa dioy niou ni ko loy dioy mouni da niou ma makh aprés l’heure ».
    en temps que journaliste et dg d’un groupe cet éditorial est complétement impertinent.le temps des questions est révolu. on est dans l’action. Si GFM avait eu un bon consultant il y a 2 ans à l’heure qu’il fallait peut être seriez vous actionnaire des deux société. Mais vous pensez que votre role c’est de vous faire payer par youssou ndour…
    les bon managers sont pret pour le basculement les autres prendrons les miettes. a la guerre comme a la guerre

    • Mamadou Ibra Kane est un grand Monsieur qui sait ce qu’il fait et dit et je suis sur qu’il ne répondra pas a de pareil provocation; Bonne continuation Mamadou Ibra Kane

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