Farba Ngom – «Tous ceux qui ont tenté de défier l’autorité du Président, en ont payé le prix» | www.igfm.sn
mercredi, 13 septembre 2017
               
Accueil / ARTICLES / Actualité / Farba Ngom – «Tous ceux qui ont tenté de défier l’autorité du Président, en ont payé le prix»

Farba Ngom – «Tous ceux qui ont tenté de défier l’autorité du Président, en ont payé le prix»

Farba Ngom –  «Tous ceux qui ont tenté de défier l’autorité du Président, en ont payé le prix»

 

iGFM – (Dakar) Fidèle parmi les plus fidèles du «Macky», l’honorable député Farba Ngom a été de tous les combats de l’Alliance pour la République (Apr), de sa création jusqu’à aujourd’hui. Mais l’ami du l’Etat n’en a pas malgré tout pris le melon. Farba Ngom est resté ce militant convaincu, ce soldat dévoué, qui n’hésite jamais à aller au charbon pour défendre le Président de l’Apr et de la Coalition Benno bokk yaaakar. Dans cet entretien, accordé à «L’Obs», tard dans la soirée d’hier, le maire des Agnams appelle les militants du parti présidentiel au calme, à la sérénité. Non sans dire ses vérités de politicien aguerri. Ce Farba-là est vraiment tranchant !

 

Honorable, quelle lecture faites-vous de la formation du nouveau gouvernement ?

Permettez-moi d’abord de féliciter le président de la République, Macky Sall, pour sa confiance renouvelée au Premier ministre, Mahammad Boun Abdallah Dionne, qui a fait un travail remarquable lors des dernières Législatives. Mes félicitations vont aussi au Premier ministre, lui-même et à l’ensemble du gouvernement. Aux ministres d’Etat, au nouveau chef de Cabinet du président de la République, Moustapha Diakhaté et au ministre en charge du Pse, mon ami le Dr Cheikh Kanté. Concernant ce nouveau gouvernement, le chef de l’Etat a choisi les membres en fonction de son ambition de faire du Sénégal un pays émergent. Nous avons confiance en cette nouvelle équipe et osons croire qu’elle fera de très bons résultats, en accélérant la cadence, pour que dès 2018, le bilan du chef de l’Etat, déjà très reluisant, soit exceptionnel à tous points de vue.

 

Mais, beaucoup de frustrés ont manifesté leur mécontentement, via la presse, à l’endroit du chef de l’Etat. Que pensez-vous de toute cette vague de protestations et défiances ?

Je ne cautionne pas ces comportements qui doivent être bannis de la République. Je comprends leur amertume, mais ne peux tolérer leur démarche. Je suis convaincu que tous ces responsables qui ont manifesté leur courroux, ne sont pas contre le chef de l’Etat, parce qu’ils ont traversé des moments beaucoup plus difficiles avec lui. Ils se sont exprimés dans le feu de l’action, mais je suis persuadé qu’ils reviendront à la raison. Ils doivent prendre exemple du Président Macky Sall. Son parcours pourrait les aider à entendre raison. Le poste de ministre n’est ni un legs ni un patrimoine personnel. En 2000, au lendemain de la première Alternance, Macky Sall était le président des cadres du Pds, coordonnateur de la Cellule Initiative et Stratégie du Pds et pourtant, il n’était pas retenu dans le premier  gouvernement de Wade. C’est par la suite qu’il a rejoint l’attelage gouvernemental. A l’époque, il n’avait pas bronché. Parce qu’il est un homme de convictions. Donc, le président est un bel exemple. Autre exemple, l’actuel Directeur général de la Senelec, Mouhamadou Makhtar Cissé, la parfaite illustration d’un homme engagé. Il a quitté le poste de ministre Directeur de cabinet du chef de l’Etat pour celui de Dg et personne ne l’a entendu dire quoi que ce soit. Tout le monde est d’accord aujourd’hui qu’il réalise un excellent boulot à la tête de la Senelec.

 

Vous semblez vouloir dédramatiser des choses qui, tout de même, sont graves. Certains parlent même de déloyauté. Militant de la première heure et proche du chef de l’Etat, vous n’avez jamais exigé un poste dans le bureau de l’Assemblée. Pourquoi vous et pas les autres ?

Ce serait gauche de parler de ma personne. Mais, si je prends mon cas, quand je m’engageais en politique en 2009 auprès du Président Macky Sall, j’étais le mandataire dans ma commune, j’ai mis mes moyens pour faire gagner ma liste et pourtant, je ne m’étais même pas investi comme conseiller. A l’Assemblée aussi, je n’ai jamais revendiqué quoi que ce soit. Mais tout le monde ne pense pas de la même manière, tout le monde n’est pas Farba Ngom. Mais quelles que soient ses convictions, elles ne doivent pas être arrimées à un poste ou un décret présidentiel. C’est ce que je crois, ce que je vis. Quand je m’engageais aux côtés de Macky Sall, je ne savais pas même pas qu’il serait un jour président de la République. Nous avons traversé des moments difficiles. On nous a convoqués à la Police, on nous a mené la vie dure et cela ne nous a pas découragés. On pouvait demander à jouer les premiers rôles, quand il est arrivé au Pouvoir, mais on s’est limité à ce qu’il nous a donné et je l’en remercie personnellement.

 

Mais honorable, c’est la première qu’on enregistre un tel tollé après la formation d’un gouvernement.  Certains responsables ont même démissionné de l’Apr…

(Il interrompt) Quand un responsable prend la décision de militer dans un parti politique, il doit respecter et appliquer les orientations du chef de parti. Les militants disciplinés doivent suivre les orientations et décisions de leur leader. Si on est un homme de convictions et qu’il n’y a aucun calcul politicien dans les actes que l’on pose, on doit être en phase avec les orientations de son leader. C’est cela le vrai engagement. Quand on est avec Macky Sall pour l’intérêt du Sénégal, on ne doit pas démissionner pour des privilèges personnels.

 

Vous ne citez pas son nom, mais Yakham Mbaye a formellement souligné que sa démission de l’Apr n’avait rien à voir avec son éviction dugouvernement. Elle serait liée à complot contre sa personne ourdi par certains faucons du Palais, dont le Vice-président de la «Fondation Servir le Sénégal», Alioune Sall, qui aurait raconté à la Première Dame des contrevérités sur son dos…

Je ne défends personne. Parce que je ne connais ni les tenants ni les aboutissants de cette histoire. Mais, je connais assez la Première dame pour savoir que quelqu’un ne peux pas la mettre en mal avec une autre personne aussi facilement. Elle n’est pas du genre à se laisser influencer par qui que ce soit. Comme tout être humain, il peut arriver qu’elle ait des problèmes avec quelqu’un, mais elle les règle directement avec cette personne. Je ne l’ai jamais vu mener un combat par procuration. Elle est du genre à affronter les choses, à assumer ses responsabilités. Elle est aussi fidèle en amitié. La preuve, elle a gardé le contact avec tous les amis du Président. En résumé, elle a les mêmes qualités que son époux. Je pense que c’est d’ailleurs ça le secret de leur couple.

 

Mais honorable, avec cette vague de contestations, on a l’impression que c’est le chef de l’Etat, lui-même, qui manque de poigne…

C’est méconnaître l’homme Macky Sall que de dire ça. Le Président n’est certes pas autoritariste, mais il sait se faire respecter. Faites l’inventaire de tous ceux qui ont tenté de défier son autorité. Tous, je dis bien tous, en ont payé le prix. La plus grande chance du Président, c’est qu’il n’est pas bavard. Macky Sall ne parle pas et ça déroute beaucoup de gens. Ça trompe aussi sur son compte. C’est quelqu’un de très magnanime, mais il est aussi capable de grosses colères. Vous avez vu quand Thierno Alasanne Sall a voulu défier son autorité, il en a fait illico les frais. Il y a des choses qu’aucun homme n’accepte, a fortiori un chef d’Etat. Macky Sall, c’est aussi un grand croyant, un homme serein qui s’en f… de la pression. J’ai entendu des gens dire que c’est parce qu’on est à quelques mois des élections que le Président a fait ceci ou cela, mais je vous jure que le chef de l’Etat n’est pas dans cette logique. Il veut un deuxième mandat certes, et il va certainement être réélu, parce que son bilan à la tête du pays plaide pour lui, mais il y a des choses qu’il ne fera jamais. Il faut que les gens se calment. Tous ceux qui ont été limogés n’ont qu’à penser au jour où ils ont été choisis parmi des millions de Sénégalais beaucoup plus diplômés qu’eux, beaucoup plus rigoureux dans le travail. Qu’ils ont été choisis au détriment même de militants de la première heure de l’Apr, de gens qui ont sué sang et eau pour que Macky Sall arrive au pouvoir. Il faut être reconnaissant. Ceux qui ont été limogés devraient rendre grâce à Dieu et continuer le combat pour la réélection du Président Sall. Il y a de hauts responsables de l’Apr qui sont là depuis le début et qui n’ont jamais bénéficié de décret présidentiel. Il faut respecter les choix du Président, savoir raison garder. J’admire la posture de gens comme le Dr Cheikh Kanté. Il a dirigé le Port autonome de Dakar, l’une des plus grandes entreprises du pays. Il pouvait se dire que si on l’enlève du port, il allait démissionner, mais il ne l’a pas fait. Parce que lui, c’est un homme de défi. Il est là pour accompagner  le chef de l’Etat qui lui a renouvelé sa confiance, en le nommant ministre en charge du Pse. C’est le cas de Eva Marie Coll Seck, qui n’a plus de portefeuille ministériel, mais qui est toujours engagée aux côtés du Président. Ceux qui sont été limogés doivent savoir que le poste de ministre n’est pas éternel. Ils doivent prendre les choses avec philosophie.

 

 

Est-ce que la nomination surprise de Aliou Sall ne vous gêne pas ?

Pourquoi sa nomination me gênerait ? J’ai l’habitude de dire les choses telles qu’elles sont. Beaucoup de choses se sont passées dans les régimes précédents. Mais on ne peut même pas faire la comparaison entre Macky Sall et Abdoulaye Wade. C’est impossible, puisque Abdoulaye Wade a nommé son fils. Mais Aliou Sall a gagné son combat politique à Guédiawaye pour devenir maire de la ville. Il mérite d’être nommé Directeur général. Il a été empêché d’être sur la liste départementale pour la députation par le fait de gens de l’Alliance pour la République (Apr). Cette nomination aurait gêné le président de la République si Aliou Sall n’avait pas les diplômes requis pour diriger une telle structure et s’il n’avait pas de base politique. Mais Dieu a fait qu’il a rempli ces deux conditions pour mériter une nomination. Donc, on ne peut rien reprocher à Aliou Sall, ni même au Président Sall, sauf peut-être les adversaires. Aliou Sall a la légitimité politique et le niveau intellectuel pour diriger la Cdc.

 

Mais c’est Macky Sall qui avait pris l’engagement de ne jamais nommer son frère…

Vous devrez comprendre une chose : un vrai responsable politique doit être à l’écoute de ses militants, et les militants de Guédiawaye ont sonné Macky Sall. Ils ont demandé à Macky Sall de nommer Aliou Sall à un poste de responsabilité après ses succès politiques. Tout le monde sait que Macky Sall est un homme de parole, mais parfois ce sont les militants qui décident. Et parfois, on est obligé de les suivre, c’est la politique qui est ainsi faite.

 

Est-ce qu’il ne donne pas du grain à moudre à l’opposition ?

Mais l’opposition est toujours dans la dénonciation, parce qu’elle cherche à occuper le fauteuil de Macky Sall. Alors pourquoi elle ne dénoncerait pas cette nomination ? Mais les Sénégalais savent faire la différence. Les ressources naturelles sont découvertes sous Macky Sall. Pourquoi elles n’étaient pas découvertes depuis longtemps ? Et on ne doit pas négliger cet aspect.

 

L’installation de la 13e Législature est prévue pour jeudi. Comment appréciez-vous les critiques des responsables socialistes ?

Je sais que Macky Sall et Ousmane Tanor Dieng s’entendent très bien. Tous deux sont des hommes d’Etat. Leur compagnonnage est basé sur le respect mutuel. Je connais Cheikh Seck qui est un homme de conviction. Il peut faire des critiques sous la pression de sa base politique, mais je sais qu’il est engagé auprès de Ousmane Tanor Dieng. Même au sein de l’Apr, il y avait des voix qui se sont élevées pour dénoncer notre compagnonnage avec le Ps. Mais Macky Sall a toujours dit qu’il ne trahirait pas. Ma conviction est qu’on ne doit pas poser de conditions dans un compagnonnage.

 

Moustapha Naisse devrait être confirmé à la présidence de l’Assemblée nationale…

Sincèrement, j’ignore qui sera le prochain président de l’Assemblée nationale. Mais je sais que je n’ai pas de candidat. Je voterai pour le candidat qui sera choisi par Benno bokk yaakaar. Tout responsable de l’Apr doit appliquer, à la lettre, les orientations de Macky Sall. Tous ceux qui sont du Parti socialiste doivent suivre les instructions de Ousmane Tanor Dieng, et les militants des autres partis alliés doivent faire autant. Donc, cela ne doit pas poser de problème. Si les leaders arrivent à s’entendre, il ne doit pas y avoir de problème. Tous les députés, membres de la coalition Benno bokk yaakaar doivent se ranger derrière la politique du chef de l’Etat. En le soutenant vaille que vaille. Que les députés socialistes et progressistes se rangent derrière leurs leaders respectifs, afin d’avoir une majorité parlementaire unie et qui voit dans la même direction, celle de suivre la politique tracée par Son Excellence le Président Sall.

 

N’est-il pas opportun pour ces députés, membres du Ps ou de l’Afp ou encore d’un autre parti, de se démarquer de leurs leaders, afin de crier leur ras-le-bol, la volonté d’accaparement des postes par l’Apr ?

Ces gens qui font l’importance, suivaient à la lettre les décisions de leurs leaders. Maintenant qu’ils sont élus députés, en partie grâce à leurs leaders, ils jouent au guerrier. En oubliant ceux qui ont été à la base de leur élection, leur leader de parti. Avant d’être élu par le peuple, tout député est d’abord investi par un parti. Il faut que les gens sachent que ce sont les leaders de Benno qui ont donné carte blanche à Macky Sall pour qu’il choisisse ceux qui doivent figurer sur les listes des députés. Donc, aujourd’hui, ces derniers ne doivent pas non plus faire du bruit, en oubliant que le choix a été opéré par leur leader. Tous ceux qui sont restés au Parti socialiste (Ps), à l’Alliance des forces de progrès (Afp), entre autres, sont restés par conviction. Nous qui sommes à l’Alliance pour la République, sommes là par conviction. Nous devons continuer sur cette lancée et laisser les leaders décider. Quelqu’un qui n’est pas membre du Bureau de l’Assemblée nationale, peut l’être dans un prochain renouvellement. Je serai d’accord avec tout choix opéré par le Président Macky Sall sur les futurs membres du bureau. En politique, la conviction doit primer sur l’intérêt. Au cas contraire, cela peut induire en erreur. Je ne sais pas tricher. Quand je m’engage, j’y vais sans demi-mesure. Je lance un appel aux militants de l’Apr, à s’unir autour de l’essentiel, afin de réélire le Président Sall au premier tour en 2019. Si Dieu le veut bien, sa réélection ne sera pas un combat. Car, vu ses réalisations, les Sénégalais le portent dans leur cœur.

 

Le constat, c’est qu’il y a beaucoup de bruit. Est-ce que cela arrange les choses ?

Nous venons juste de sortir des élections législatives et nous venons de former un nouveau gouvernement. Ce qui peut susciter du bruit. Mais, ces bruits sont éphémères.

 

Mais, ce tapage médiatique risque de créer plus de frustrations au sein de la majorité et de renforcer l’opposition…

En politique, il peut y avoir du bruit, de la frustration. Mais, cela ne doit aucunement occasionner la haine et la rancune. Je dirai au Président Sall de ne plus dire aux gens de partir, s’ils veulent partir. C’est Dieu qui donne le pouvoir. Donc, même s’il y a des départs, cela ne peut en aucun cas empêcher Macky Sall de briguer un second mandat. Seulement, il faut retenir les militants de la première heure. Je demande au Président Sall de ne laisser partir personne. Et qu’il continue à fédérer tout le monde. Parce que je crois en lui et je ne ferai point ce qui peut le nuire. C’est mon mentor pour toujours.

 

Vous appelez donc les leaders de Benno à soutenir une seule candidature en 2019, celle de Macky Sall ?

Apparemment, les leaders de Benno bokk yaakaar ont les mêmes convictions. Pour preuve, lors des Législatives, chaque leader pouvait aller sous sa propre bannière, mais aucun ne l’a fait. Parce qu’ils ont une conviction et sont intéressés par la marche du pays. Ils ont ainsi cheminé ensemble en 2012 et aujourd’hui encore. Des postes, notamment la présidence de l’Assemblée nationale et du Haut conseil des collectivités territoriales, ont été donnés à des non-apéristes, alors que des ténors de l’Apr réclamaient ces postes. Mais, le Président Sall a fait ce qu’il fallait. Logiquement, je pense que des hommes tels que Moustapha Niasse, Ousmane Tanor Dieng, vont soutenir la candidature du Président Macky Sall. Sûrement !

 

L’OBS

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée.