Gambie – saisine de l’assemblée nationale, maintien de son recours jusqu’en mai, report de la rencontre avec la CEDEAO : Les dernières manœuvres de Jammeh | www.igfm.sn
samedi, 29 avril 2017
               
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Gambie – saisine de l’assemblée nationale, maintien de son recours jusqu’en mai, report de la rencontre avec la CEDEAO : Les dernières manœuvres de Jammeh

Gambie – saisine de l’assemblée nationale, maintien de son recours jusqu’en mai, report de la rencontre avec la CEDEAO : Les dernières manœuvres de Jammeh
Gambie: une importante déclaration de Jammeh attendu aujourd’hui

L’OBS – Le Président Yaya Jammeh n’a pas encore dit son dernier. Après le report du verdict de la Cour suprême en mai ou novembre, le chef de l’Etat gambien manœuvre ferme pour rester au pouvoir jusqu’à cette date. Ainsi annonce-t-il une saisine du Parlement pour proroger son mandat.

Yaya Jammeh manœuvre ferme pour se maintenir au pouvoir. Après le report du verdict de la Cour suprême qui dit ne pouvoir statuer qu’en mai ou novembre prochain, le Président sortant compte saisir l’Assemblée nationale gambienne pour une prolongation de son mandat jusqu’à cette date. «Le Président Yaya Jammeh n’est pas dans les dispositions de quitter le pouvoir. Malgré le fait que la Cour suprême n’a pu statuer hier, faute d’atteindre son quorum, il n’abdique pas. Il va saisir le Parlement pour demander aux députés de proroger son mandat jusqu’au mois de mai, date à laquelle le Président de la Cour suprême estime pouvoir statuer», nous apprend une source. Fortement impliqué pour une transition pacifique du pouvoir en Gambie, notre interlocuteur indique que le Président Jammeh n’a pas encore fini de manœuvrer pour se maintenir au pouvoir et il tente de passer par les voies légales, malgré sa volte-face une semaine après avoir reconnu Adama Barrow, vainqueur du scrutin du 1er décembre dernier. «La saisine de l’Assemblée nationale permettra à Jammeh de légitimer sa présence à la tête de la magistrature suprême, après le 18 janvier prochain», estime notre source. Avant de poursuivre : «Si Jammeh saisit le Parlement, il a de fortes chances que sa requête passe, parce qu’il y détient la majorité mécanique.»

Renvoi de la rencontre Jammeh-Cedeao à vendredi

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) avait décidé, à la sortie du mini-sommet tenu à Abuja (Nigeria) avant-hier lundi, d’envoyer une délégation à Banjul aujourd’hui, tenter de convaincre Jammeh. Ce, afin d’assurer une transition pacifique du pouvoir. Mais, selon une source de Seneweb, Jammeh a déplacé de deux jours sa rencontre avec la mission de la Cedeao. «Jammeh a dit qu’il n’est pas en mesure de recevoir la délégation demain (aujourd’hui, Ndlr). Il a fixé le rendez-vous à vendredi prochain», rapporte Seneweb. Jammeh reste ainsi inflexible, malgré les efforts locaux et internationaux pour le convaincre de reconsidérer sa position rejetant le résultat des élections et de transmettre pacifiquement le pouvoir. Mais, il maintient toujours sa position. Il indique qu’il ne cédera pas le pouvoir, tant que la Cour suprême, censée valider les résultats, ne donne pas son verdict sur son recours.

Jammeh maintient son recours jusqu’en mai

Alors que l’investiture du Président élu, Adama Barrow, approche, l’étau de la légalité se resserre autour de l’enfant de Kanilaï. La Cour suprême qui devait statuer hier mardi 10 janvier, sur le recours déposé par l’Aprc de Jammeh, n’a pas rendu son verdict, faute d’atteindre le quorum. A l’ouverture de l’audience, aucun des six juges qui devaient siéger, n’était présent à Banjul. Les cinq juges nigérians et le Sierra-Léonais n’ont pas répondu à l’appel de Jammeh. Ils ont décliné l’invitation, nous renseigne-t-on, pour un problème de calendrier. Au moment où le siège de la Cour suprême est pris d’assaut par des militants de Jammeh, seul le Procureur général de Gambie, le Nigérian Emmanuel Fagbenle était présent. Ainsi, après près de deux tours d’horloge, le Procureur général a notifié à l’avocat de Jammeh, Edward Gomez, que l’examen du recours de son client ne serait possible qu’en mai ou novembre. Il a par suite demandé à l’avocat si le Président Jammeh maintenait son recours d’ici à cette date. La suite est connue : Jammeh maintient sa plainte et compte saisir le Parlement pour une prorogation de son mandat jusqu’à ladite date.

Trois journalistes sénégalais expulsés

Malgré sa perte de vitesse, le régime autocratique de Jammeh poursuit sa répression contre les libertés d’expression. Hier, au moment où toute la communauté internationale avait braqué son regard sur la Gambie, en vue du verdict de la Cour suprême, Yahya n’a pas hésité pour expulser trois journalistes sénégalais venus couvrir l’évènement. Il s’agit des correspondants de la Radio futurs médias (Rfm), de la Sen Tv de Ziguinchor, ainsi que d’un reporter du site Alerteinfo.net. Ils ont été conduits tous jusqu’à la frontière par la Police secrète de Jammeh «National information agency (Nia)». «On s’était rendu tôt le matin, au siège de la Cour suprême pour attendre le verdict du recours du Président Jammeh. C’est quand je discutais en Français avec mon confrère de la Sen Tv qu’une fille nous a approchés pour nous demander d’où nous venions et ce que nous sommes venus faire ici, puisque ne sommes pas des Gambiens. Nous n’avons pas eu le temps de nous expliquer, la foule nous a encerclés, nous accusant de tous les noms d’oiseau. C’est ainsi que cinq agents en civil qui seraient de la Nia nous ont embarqués de force dans un 4X4 noir. On a subi un interrogatoire avant d’être conduits jusqu’à la frontière», raconte le reporter d’Alerte info qui nous a câblé juste à son arrivée à Karang, à la frontière Sénégalo-gambienne.

EL HADJI FALLOU FAYE

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