Gambie – vague de défections du régime de «Babili Mansa» : Jammeh limoge son ministre de l’Information, 12 ambassadeurs (…), avant le verdict de la Cour suprême | www.igfm.sn
vendredi, 4 août 2017
               
Accueil / xL'OBSERVATEUR / Actualité / Gambie – vague de défections du régime de «Babili Mansa» : Jammeh limoge son ministre de l’Information, 12 ambassadeurs (…), avant le verdict de la Cour suprême

Gambie – vague de défections du régime de «Babili Mansa» : Jammeh limoge son ministre de l’Information, 12 ambassadeurs (…), avant le verdict de la Cour suprême

Gambie – vague de défections du régime de «Babili Mansa» : Jammeh limoge son ministre de l’Information, 12 ambassadeurs (…), avant le verdict de la Cour suprême
Gambie : Yahya Jammeh limoge son ambassadeur au Sénégal et 11 autres ayant réclamé son départ

 

L’OBS – Jammeh se braque. A quelques heures du verdict de la Cour suprême et de l’arrivée d’une délégation de chefs d’Etat de la Cedeao, le Président sortant de la Gambie limoge, à la Télévision nationale (Grts), son ministre de l’Information, le Secrétaire général du Gouvernement, douze ambassadeurs, dont celui du Sénégal, entre autres.

 

Le Président Jammeh devient de plus en plus esseulé. Après une vague de défections de ses proches collaborateurs, son ministre de l’Information et de la communication, Sheriff Bojang, a quitté le navire du capitaine «Babili Mansa (le roi qui défie les fleuves et les rivières)». Sheriff Bojang est remplacé par le porte-parole de l’Alliance patriotique pour la réorientation et la reconstruction (Aprc), Seedy Njie. «Babili Mansa» a pris cette décision après que son ancien proche collaborateur a quitté la Gambie pour se refugier au Sénégal, il y a quelques jours, nous informe-t-on. Selon notre interlocuteur, Sheriff Bojang devrait publier une déclaration pour annoncer officiellement sa défection du régime de Jammeh. Sheriff Bojang, journaliste de profession, est propriétaire du journal Standard Newspepers. Sa dernière apparition fracassante à la télévision (Grts) avait trait au retrait de la Gambie de la Cour pénale internationale (Cpi). La défection de M. Bojang est suivie du limogeage du Secrétaire général de la Gambie et chef de la Fonction publique, Sulayman Samba. D’après notre interlocuteur, M. Samba avait participé à une réunion de son Cabinet, à laquelle des ministres ont unanimement convenu que Jammeh devrait envisager de quitter le pouvoir. Mais, ses collègues se retirent plus tard de l’accord initial et abandonnent Sulayman Samba et le ministre de l’Information. La suite est connue : ils seront tous limogés, de même que les douze ambassadeurs dont celui de la Gambie au Sénégal. Le Haut commissaire de la République de Gambie à Dakar, Dodou Bammy Jagne et ses onze collègues avaient signé une pétition pour demander au Président Jammeh de transmettre pacifiquement le pouvoir à Adama Barrow, déclaré vainqueur des élections du 1er décembre dernier.

Vers un report du verdict de la Cour suprême

Yaya Jammeh, 52 ans, a été battu à la Présidentielle du 1er décembre dernier, selon les résultats de la Commission électorale indépendante. Il avait, dans un premier temps, reconnu sa défaite et félicité Adama Barrow, pour ensuite faire volte-face, le 9 décembre, rejetant les résultats et réclamant un nouveau scrutin. Depuis, il a assuré qu’il demeurerait à la tête du pays, tant que la Cour suprême ne se serait pas prononcée sur son recours qui doit être examiné aujourd’hui. Mais, beaucoup de doutes planent sur le fonctionnement et la décision que devrait rendre cette Cour. En léthargie depuis plus d’un an, «Babili Mansa» avait pris les soins de signer les décrets de nomination des 6 juges, dont 5 Nigérians et un Sierra Léonais pour compléter la juridiction aux fins de statuer sur son recours. Jammeh jette ainsi son dévolu sur les juges Habeeb A .O Abiru, Abubacar Datti Yahya, Abubakar Tijani, Obande Festus, et Obande Angim, pour le Nigeria et Nicholas Colin Brown de la Sierra Léone. Coup de théâtre, le samedi 31 décembre dernier, un des juges nigérians décline l’offre de nomination à la Cour suprême de Gambie. Le juge motive sa décision par le refus de participer à ce qu’il qualifie d’«une tentative de confiscation du pouvoir par Yaya Jammeh». Le juge nigérian, habitué à traiter des contentieux électoraux, pour avoir été longtemps juge à la Cour d’Appel de Kaduna au Nigeria, confie qu’il compte même s’investir pour sensibiliser ses confrères pressentis à refuser l’offre de nomination du Président Jammeh. Si les autres juges suivent leur collègue Habeeb A .O Abiru, la Cour suprême ne statuera pas, faute d’atteindre le quorum. «Pour statuer, la Cour suprême a besoin au moins, de cinq juges nommés sur des critères rigoureux dont trois étrangers et peut-être, deux Gambiens. Mais, Jammeh respectera-t-il ces critères ?» Par contre, d’après notre source, en cas d’empêchement, Jammeh peut trouver d’autres juges ailleurs, mais pas dans le barreau gambien qui avait déjà marqué son opposition. «Il y a 11 affaires qui doivent se présenter à la Cour suprême dont le recours de Jammeh. D’après le Code électoral, la Cour suprême n’a que deux décisions : valider ou invalider. Mais pour cela, il faut qu’elle atteigne le quorum des cinq juges, pour pouvoir siéger d’abord. Sinon, elle reporte son verdict», renseigne notre interlocuteur.

Les Présidents Macky Sall, Ellen Johnson Sirleaf, Buhari, Koroma… à Banjul demain

Depuis sa volte-face contestant les résultats de la Commission électorale indépendante déclarant Adama Barrow vainqueur, Yaya Jammeh est resté sourd aux appels de ses ex-proches collaborateurs et de la communauté internationale visant à lui faire entendre raison. Mais, les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) ne se découragent pas. Les Présidents  du Sénégal, Macky Sall, du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf, du Nigeria, Muhammadu Buhari, de la Sierra Leone, Ernest Bai Koroma et l’ancien président du Ghana, John Dramani Mahama vont rencontrer Jammeh, demain mercredi à Banjul. Ce, pour renégocier une transition pacifique du pouvoir. La décision a été prise au terme du mini-sommet des chefs d’Etat de la Cedeao sur la crise post-électorale en Gambie tenu hier, à Abuja (Nigeria). Les chefs d’Etat de la Cedeao seront accompagnés par le président de la Commission de la Cedeao, Marcel A. De Souza et le représentant de l’Onu en Afrique de l’ouest, Mouhamed Ibn Chambas.

Le Président sénégalais, Macky Sall a pris part au mini-sommet de la Cedeao, accompagné du ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Mankeur Ndiaye et du chef d’Etat-major des Armées (Cemga), le Général Cheikh Guèye.

EL HADJI FALLOU FAYE

 

SITUATION EN GAMBIE

Mamour Cissé suggère une «opération chirurgicale de haute précision»

Le Secrétaire général du Psd/Jant Bi offre son soutien au Président Macky Sall. En réunion de Bureau politique hier, Mamour Cissé s’est prononcé sur la situation en Gambie. «Monsieur le président de la République, faites ce que vous avez à faire, le Peuple est soudé, derrière vous», a-t-il interpellé le chef de l’Etat sénégalais, «porte-étendard désigné de la légalité internationale». Pour le Psd/Jant Bi, l’écharde dans la chair du Sénégal, l’épine dans son pied, la gangrène dans son corps, c’est bel et bien Jammeh lui-même, qui n’a cessé de travailler à la déconstruction de notre pays et qui aujourd’hui, défie la justice, la légalité et la conscience universelle. «Si, au final, Jammeh ne laisse aucune chance au dialogue et au compromis, la seule alternative demeure une opération chirurgicale de haute précision, visant sa neutralisation personnelle pour minorer les dégâts collatéraux», déclare-t-il. Mamour Cissé promet son soutien à l’Etat, si cela devait arriver : «Si le Sénégal, avec le soutien de la Communauté internationale, devrait être poussé à cette extrémité, d’ores et déjà, le Psd/Jant-Bi affirme avec force, son soutien, sa solidarité et sa totale confiance à nos forces de défense et de sécurité, quoi qu’il arrive.»

ADAMA DIENG

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée.