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(Interview) «Comment j’ai été informé de mon départ du Gouvernement»

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IGFM – Abdou Latif Coulibaly part pour prendre sa revanche sur l’actuel maire de Sokone, Mamadou Moustapha Guèye dit «Petit». Battu aux élections Locales de 2014, l’ancien ministre de la Culture, qui a déclaré sa candidature pour la mairie de Sokone, pense détenir les cartes en mains pour gagner ces joutes. Dans cet entretien accordé à «L’Obs», le responsable de l’Alliance pour la République (Apr) à Sokone évoque les victoires de sa coalition dans cette localité lors des dernières élections (Législatives et Présidentielle) et défie l’actuel maire de Sokone, «Petit Guèye». Aussi, l’ancien ministre est revenu sur sa non-reconduction dans le nouvel attelage gouvernemental, la suppression du poste de Premier ministre, la Présidentielle de 2024, entre autres questions.

Monsieur le ministre, vous avez annoncé votre candidature à la mairie de Sokone. Qu’est-ce qui motive cette décision ?

La volonté et l’envie de servir ma ville. Je crois pouvoir lui apporter quelque chose qui peut l’aider à avancer, à l’image des autres localités du pays qui progressent le mieux dans leurs efforts de développement communautaire.

En déclarant votre candidature, vous dites êtes à la disposition de votre parti. Pensez-vous que votre parti va vous investir ?

Je l’espère et je l’attends. Je pense avoir travaillé, politiquement s’entend, pour mériter la confiance de mon parti. Maintenant, le parti décidera.

Ne craignez-vous pas le syndrome des Locales de 2014 où on avait noté à Sokone plusieurs listes issues de la mouvance présidentielle et qui vous avez valu une défaite face à Petit Guèye ?

Je ne comprends pas en l’espèce qu’on puisse parler de syndrome, d’autant plus que nous avons battu par deux fois le maire et sa coalition, aux Législatives de 2017 et à la Présidentielle de 2019. Après les Législatives, il avait même annoncé sa démission. Je rappelle qu’à la Présidentielle du 24 février dernier, nous avions 1 970 voix de plus que lui et sa coalition, et aux Législatives 1 500 voix de plus. Vous pouvez, à partir de ce que je viens de vous dire, évaluer mes chances devant le maire (Petit Guèye, Ndlr). Je suis presque certain qu’il sera battu comme il l’a été avec sa coalition lors de ces deux dernières élections.

Votre candidat a largement gagné Sokone lors de la Présidentielle du 24 février dernier, qu’est-ce qui a été déterminant dans cette victoire

L’entente et l’union forte entre les membres et tous les militants de notre coalition. Le travail politique sérieux et bien conduit par tous.

Est-ce que c’est cette victoire qui vous a redonné confiance au point de vouloir briguer la mairie de Sokone ?

Vous savez, je n’ai jamais manqué de confiance et surtout pas quand j’engage un combat. Demandez aux autres qui m’ont vu combattre une politique et une gouvernance que je trouvais catastrophiques pour mon pays. Ce n’est donc pas combattre à la base, même si je vous concède ma défaite de 2014, qui ferait vaciller ma volonté, ma confiance et ma détermination.

Quels sont vos projets pour Sokone si vous êtes élu ?

Je ne tomberai jamais dans ce piège consistant à vous décliner un projet de société et des projets opérationnels spécifiques et faramineux, comme on en a vu en 2014. Je connais bien les limites budgétaires de notre commune. Je connais également bien le plan d’investissement communautaire qui est défini par l’équipe municipale actuelle avec le concours d’experts reconnus. Il est bon. En l’amendant et en l’améliorant sur certains aspects, je m’emploierai ensuite à assurer son exécution pratique. Ce qui n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui.

Le démarrage du nouveau mandat du Président Macky Sall a été marqué par des réformes, notamment la suppression du poste de Premier ministre qui a suscité une polémique. Comment vous appréciez cela ? 

Je n’en ai aucune appréciation particulière, sinon celle qu’en fait le Chef de l’Etat qui estime pouvoir encore mieux servir le pays par la mise en place de telles réformes. Et c’est cela l’essentiel.

Macky Sall parle de mode «fast track» pour son deuxième mandat, mais certains doutent de sa faisabilité. Selon vous, quelles sont ses chances de réussite ?

Nous apprécierons, à l’arrivée, les résultats qui en sortiront. Nous espérons, cependant, et pensons même que ces résultats attendus seront encore plus appréciables que ceux obtenus avec le formidable travail réalisé lors du septennat écoulé.

Quels doivent être les projets prioritaires de Macky Sall pour ce mandat en cours ?

Si vous avez la chance un jour de lui poser la question, il aura l’occasion de vous les préciser.

Comment avez-vous apprécié votre non-reconduction dans le nouvel attelage gouvernemental ? Est-ce que vous vous y attendiez ? Comment avez-vous été informé de cette décision ?

C’est l’autorité concernée qui m’a informé de mon départ du Gouvernement. Je n’ai aucune appréciation, sinon répéter ce que j’ai toujours dit. Je préfère plutôt parler de mon entrée dans le Gouvernement qui a duré sept ans, que de ma sortie. Je retiens que ce qui est exceptionnel et difficile, c’est d’entrer dans un Gouvernement. En sortir est trop facile. Je remercie le Chef de l’Etat qui, par sa seule volonté, m’a fait confiance pendant sept ans. Et par la même volonté, il a mis fin à mes fonctions ministérielles en donnant suite à une autre volonté : Celle de Dieu.

Durant son premier mandat, Macky Sall a préféré gouverner sans structurer son parti. Pensez-vous qu’il doit continuer sur cette lancée ou changer la donne ?

C’est à lui et à lui seul d’apprécier en sa qualité de chef du parti. En ce qui me concerne, toutes les deux formules me conviennent.

Comment l’Apr doit se positionner en direction de 2024 ?

Je ne peux vraiment pas parler au nom de l’Apr, ni habilité à cet effet par personne. En plus, 2024, me semble-t-il, est trop loin encore.

Pour la Présidentielle de 2024, quelle doit être la posture du Président Macky Sall ? Est-ce qu’il doit choisir son candidat ou s’abstenir ?

Macky Sall, lui-même, répondra le temps venu, à cette question.

Le Président Macky Sall a encore lancé un appel au dialogue, les concertations ont même démarré, mais on constate toujours un refus d’une certaine opposition de répondre à la main tendue du Chef de l’Etat. Comment vous appréciez cela ? 

J’apprécie très positivement. Je rappelle que le dialogue entre acteurs qui conduisent un projet démocratique et la contradiction sainement entretenue et porteuse de progrès, sont la sève nourricière de toute démocratie.

Comment doivent être les rapports entre pouvoir et opposition pour ce second mandat ? Et quelle doit être la posture du Président Macky Sall dans ce sens ?

Celle de président de la République qu’il est. Je pense honnêtement qu’il a toujours eu une telle posture. Vous admettrez avec moi que, dans une société pluraliste, la liberté commande impartialement. Chacun est libre de s’exprimer sur ce qu’il pense, sur un tel sujet. Vous demandez quels doivent être les rapports entre le pouvoir et l’opposition ? Je rappelle que nous vivons dans une démocratie majoritaire. Chaque composante de cette démocratie doit se montrer à la hauteur des règles de droit et de la coutume qui régissent la marche de ce type de démocratie. Au delà des règles formelles de droit, chacune de ces composantes doit adosser ses actes, ses attitudes et sa conduite générale à la loyauté, à la bonne foi et à l’éthique.

SOPHIE BARRO

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