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lundi, 19 février 2018
               
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Israël: première audience à huis clos dans le procès de Ahed Tamimi

Israël: première audience à huis clos dans le procès de Ahed Tamimi

iGFM – En Israël, le procès d’Ahed Tamimi s’est ouvert à huis clos devant le tribunal militaire israélien de la prison d’Ofer. La jeune fille, elle n’est âgée de que 17 ans, est devenue l’emblème de la résistance palestinienne à l’occupation israélienne. Ahed Tamimi est passée à la postérité via une vidéo dans laquelle on la voit frapper un soldat israélien dans son village de Nabi Saleh, en Cisjordanie, ce qui lui a valu d’être arrêtée.

 

A l’ouverture du procès ce mardi matin, la petite salle d’audience était pleine. Signe que le cas d’Ahed Tamimi suscite beaucoup d’intérêt, journalistes et diplomates étaient venus en nombre pour suivre les débats. L’adolescente est tout d’abord entrée sous le regard des caméras. Puis les forces israéliennes ont ordonné aux journalistes et diplomates de quitter la salle: seuls les membres de la famille ont été autorisés à suivre l’audience.

Contrairement aux précédentes comparutions d’Ahed Tamimi, le juge a ordonné un huis clos, invoquant le fait que l’accusée est mineure. Un débat public n’est pas dans l’intérêt de la jeune fille, a t-il estimé. Une interprétation contestée par la défense d’Ahed Tamimi. Son avocate juge qu’un débat public n’est en réalité pas dans l’intérêt de la cour et souligne que sa cliente, comme sa famille, souhaitent une audience publique. Pour maître Gaby Lasky, il y a là une volonté de détourner les regards internationaux de ce dossier.

Une affaire dont l’avocate entend faire un procès de l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Une occupation qu’elle juge illégale aux yeux du droit international. Et elle conteste la légitimité de ce tribunal militaire pour juger Ahed Tamimi.

Les débats ont été suspendus et renvoyés au mois prochain.

 

Quelque 350 enfants palestiniens détenus

Selon l’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International, environ 350 mineurs palestiniens se trouvent actuellement dans les prisons israéliennes.

« Ahed Tamini ne devrait pas se trouver actuellement en détention préventive, nous explique Elsa Olaïzola, jointe par téléphone. D’après la Convention des droits de l’Enfant, dont Israël est partie, mettre en détention un enfant devrait être vraiment le dernier ressort possible. Et par ailleurs, il faudrait que ce soit de la manière la plus brève possible.

J’aimerais aussi rappeler qu’à Amnesty International nous avons pu documenter le fait qu’il y a des mauvais traitements contre les enfants dans les prisons israéliennes. Par mauvais traitements, on entend des violences physiques, on entend des interrogatoires extrêmement longs, des menaces à l’encontre de ces enfants détenus et parfois même des mises à l’isolement.

Le cas d’Ahed Tamini, bien sûr, emblématique d’une situation beaucoup plus large. Et ce que l’on peut penser, c’est que par cette attitude de poursuite contre des enfants palestiniens, d’arrestations d’enfants palestiniens, les autorités israéliennes essaient de faire peur à toute personne palestinienne qui voudrait s’engager contre la répression des forces d’occupation en territoire palestinien occupé ».

 

rfi.fr

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