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mercredi, 6 décembre 2017
               
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Johnny Hallyday, l’idole des politiques… surtout de droite

Johnny Hallyday, l’idole des politiques… surtout de droite
© Dominique Faget, AFP | Johnny Hallyday félicite Nicolas Sarkozy après son discours de clôture de l'université d'été de l'UMP le 3 septembre 2006.

Johnny ne s’arrête pas là, et récidive en 1981 en soutenant VGE. Mais à partir de 1988, c’est aux côtés de Jacques Chirac qu’il va s’afficher. Le 20 mars, il chante en première partie d’un meeting du candidat. Il transforme les paroles de sa chanson « Quelque chose de Tennessee » en « On a tous quelque chose en nous de Jacques Chirac ». Michel Berger, parolier de la chanson et alors soutien du concurrent François Mitterrand, fulmine de ce détournement.

L’amitié entre les deux hommes ne s’arrête pas là. En 1997, le rocker national reçoit la légion d’Honneur des mains de son ami devenu président. Puis, en 2005, l’heure est grave. La France est divisée entre le « oui » et le « non » au référendum établissant une constitution pour l’Europe. Le président demande alors au chanteur de prendre publiquement position en faveur de la Constitution. Le plus belge des rockers français accepte. Le 3 mai, il déclare sur France Info : « Si le Non l’emporte, il y aura plein de gens qui quitteront la France. On ne peut pas, nous Français, rester en dehors de l’Europe. Ce serait faire marche arrière, ce ne serait pas bien. »

Avec Sarkozy, au Fouquet’s

L’homme politique dont Johnny Hallyday fut le plus proche reste cependant Nicolas Sarkozy. En 1996, alors que ce dernier est maire de Neuilly-sur-Seine, il marie le chanteur avec sa compagne qui le resta depuis, Læticia Hallyday.

Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly-sur-Seine, officie lors du mariage en 1996, entre Johnny et Læticia Hallyday. Eddy Mitchell, grand ami du chanteur, était présent. © Michel Gangne, AFP

Pour son ami aux ambitions présidentielles, le couple ira jusqu’à adhérer à l’UMP en 2006. La même année, le rockeur assiste à la clôture de l’université d’été du parti à Marseille. L’occasion de se faire photographier avec tout le gratin de la droite, de François Fillon à Jean-Claude Gaudin, en passant par Jean-Louis Borloo, Bernard Accoyer et Nadine Morano… visiblement tous fans de Johnny.

Apparition très remarquée au milieu des ténors de l’UMP à l’université d’été 2006. De gauche à droite : au premier rang, Jean-Claude Gaudin, Johnny Hallyday, Jean-Louis Borloo, Renaud Muselier, Philippe Douste-Blazy, au second rang, Christian Estrosi et Nadine Morano. © Olivier Laban-Mattei, AFP

En 2007, le chanteur fera même partie des convives au repas de victoire de Nicolas Sarkozy au Fouquet’s sur les Champs-Elysées.

Des infidélités à la droite ?

Cependant, comme dit la chanson, les histoires d’amour finissent mal, en général. Au cours du mandat de Nicolas Sarkozy, l’amitié entre les deux hommes s’émousse. Selon Le Point, le président lui en aurait voulu de ne pas avoir montré l’exemple en revenant vivre en France à la suite au vote du fameux bouclier fiscal limitant les impôts pour les hauts revenus.

En pleine campagne pour la présidentielle de 2012, le chanteur déclare en interview : « Je n’ai pas l’intention de donner mon avis sur quoi que ce soit. Je crois qu’un artiste n’a pas à se prononcer. Je l’ai d’ailleurs fait, à tort, je l’avoue. Mais je ne me mêlerai plus jamais ouvertement de politique ». Deux ans plus tard, il lâchera un lapidaire « Je ne crois plus trop en Sarkozy ».

La fin des amitiés politiques pour Johnny ? Pas véritablement non plus. Il a rencontré François Hollande au cours d’un dîner, lors de la campagne de 2012. Un dîner organisé par une connaissance commune, au cours duquel le courant serait bien passé. On n’en saura pas plus.

Quant à Emmanuel Macron ? Que pense le plus jeune président de la VeRépublique de « l’idole des jeunes » ? Il n’a jamais évoqué publiquement Johnny Hallyday, mais Gaspard Gantzer, qui était son camarade à l’ENA raconte cette anecdote dans une interview : « On s’est fait deux ou trois karaokés, notamment un à Strasbourg qui s’appelait le Bunnies, vraiment bas de gamme mais très sympa, on a chanté ‘Que je t’aime’, de Johnny », explique l’ancien conseiller en communication de François Hollande. On aurait aimé voir ça. On se contentera de la version de Jean-Pierre Raffarin.

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