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Keur Massar : Un imam-enseignant accusé d’actes de pédophilie sur des gamines de 4 ans

Société

IGFM – Un gros scandale sexuel mettant en cause un adjoint de l’Imam de la mosquée de l’Unité 14 des Parcelles Assainies de Keur Massar a installé le malaise dans les familles. Le mis en cause qui était chargé d’enseigner l’Arabe et le Saint Coran aux enfants du quartier, profitait des moments libres pour s’isoler dans les toilettes, à tour de rôle, avec des gamines âgées juste de 4 ans. Surpris par une enseignante, il a sollicité un arrangement à l’amiable avant de prendre la fuite. Il est activement recherché par la Gendarmerie.

A l’Unité 14 des Parcelles Assainies de Keur Massar, le temps est maussade. La joie de vivre des habitants du quartier a laissé place à une mélancolie qui épouse parfaitement les ignominies d’un Imam qui a troqué sa chaire et ses livres contre des plaisirs coupables. Au point de soulever l’indignation de tous ceux qui lui vouaient un respect transcendant. Il est tombé du haut de sa chaire et les fracas de sa chute résonnent aujourd’hui, partout dans le pays. Le mis en cause profitait de son statut d’enseignant du Coran et des préceptes religieux en charge des gamines du quartier pour abuser d’elles… Il leur mettait son doigt dans les parties intimes ou les obliger à lui sucer son appareil jusqu’à jouissance dans la bouche des filles. Qui souffrent encore de maux de ventre pour avoir bu le liquide du vieux plusieurs fois. Pour l’heure, seuls les noms de quatre filles ont été inscrits sur son tableau de chasse, mais le nombre peut augmenter si tous les élèves passent devant un médecin, comme il est prévu. En attendant que la Justice divine ne s’abatte sur lui, celle des hommes le recherche activement après sa cavale. Les parents culpabilisent toujours. «Il a tout gâché.

Comment Imam Niang a pu faire ça à nos enfants ?»

Hier mardi, il était difficile de circuler à l’Unité 14 des Parcelles Assainies de Keur- Massar sans que ces récriminations ne vous tombent sur la figure. Comme un coup de poing, ces récriminations et les récits qui ont suivi, vous assomment littéralement. Par groupe, aux coins des rues ou à la devanture des maisons, parents des victimes de ces actes de pédophilie et leurs voisins semblaient groggy après la fuite de l’Imam. «Le plus dur, c’est qu’il nous a filé entre les doigts», regrette Baba Mbengue, un des habitants du quartier qui a lancé l’alerte. Dans le quartier, sur les visages, on perçoit la colère, la gêne, mais également la honte. «Oui, nous avons bien honte pour nos enfants», reconnaît Baba Mbengue. Comme si c’était de leur faute, si leurs enfants ont pu être salis de la sorte par les souillures de l’Imam Niang.  Un Imam qui s’est établi dans le quartier il y a dix ans.

A l’époque, il était venu rejoindre son collègue et parent qui dirigeait les prières à la mosquée de l’Unité 14 des Parcelles Assainies. Et peu à peu, l’érudition de l’Imam Niang s’est imposée aux habitants de l’Unité 14 au point que ces derniers ont décidé de l’introniser suppléant de l’Imam titulaire, «c’était le naïm (muezzin)». Ce n’est pas tout, car les habitants de l’Unité 14, séduits par le savoir étendu et approfondi de l’Imam Niang, décident de lui confier leurs enfants pour qu’il leur enseigne l’Arabe et le Coran. Pour lui faciliter la tâche, un local est mis à sa disposition gratuitement, sans compter les mensualités que chaque parent d’élève lui verse en guise de frais de scolarité. Tout va bien, ou alors tout a l’air de se dérouler normalement. Aucun des habitants de l’Unité 14 ne se doute du double personnage de l’Imam.

Un ange à la mosquée où ses prêches et ses sermons font le bonheur des fidèles musulmans, qui se mue en démon lorsqu’il est en face des gamines qui font partie de ses élèves. Il arrive souvent à l’Imam de retenir une de ses élèves après les cours pour s’isoler avec elle dans les toilettes de l’école. Combien de fois l’Imam l’a fait ? Personne ne sait. Et pendant combien de temps ? Mystère et boule de gomme. Pour le malheur de ces gamines, personne parmi leurs parents n’a prêté attention à leur visage qui est devenu de plus en plus pâle, mais aussi à leurs incessants maux de ventre. Jeudi dernier, 27 juin 2019, tout s’écroule pour l’Imam, démasqué par une enseignante en Arabe qui officie dans la même école.

Comment Imam Niang a été démasqué par sa collègue «Ya Seyda» 

Dans l’après-midi du jeudi dernier, à l’heure de la descente, une enseignante qui officie dans la même école que l’Imam M. Niang, marque sa surprise en voyant une élève âgée juste de quatre ans s’attarder dans la cour de l’école. Interrogée par l’enseignante en Arabe appelée «Ya Seyda», l’enfant lui confie qu’elle est restée dans la cour de l’école à la demande de l’Imam. L’enseignante marque sa surprise et quitte l’école. Cependant, en cours de route, des soupçons commencent à germer dans son esprit. «Pourquoi une gamine de cet âge doit s’attarder dans les locaux de l’école ?», s’interroge-t-elle avant de décider brusquement de retourner à l’école pour voir de quoi tout cela retourne. Les idées les plus saugrenues se bousculent alors dans la tête de «Ya Seyda» qui, lorsqu’elle arrive dans la cour, remarque qu’il n’y a personne, ni Imam Niang encore moins la gamine. Elle reste alors plantée au milieu de la cour, guettant le moindre bruit pouvant signaler une présence humaine. Puis, elle toussote pour signaler sa présence, une fois, deux fois, puis brusquement la porte des toilettes s’ouvre, libérant la gamine de 04 ans et l’Imam Niang. «Un liquide blanchâtre se déverse de la bouche de l’enfant, ses habits étaient maculés du même liquide», confie l’enseignante qui, choquée, manque de s’étrangler de colère. Rien n’y fit.

Malgré la demande insistante de l’Imam Niang qui la supplie de ne pas le dénoncer, promettant de ne plus jamais recommencer, l’enseignante refuse et s’en ouvre aux parents de la gamine. Très vite dans la nuit du jeudi au vendredi, une rencontre, sorte de réunion de crise, se tient au domicile de l’Imam titulaire, en présence du mis en cause, des parents de la gamine et du délégué de quartier. Les excuses et l’offre d’arrangement à l’amiable formulées par Imam Niang sont rejetées. Les parties se séparent et promettent de se revoir dès le lendemain pour voir quelle suite accorder à cette affaire.

«Si c’est vrai que tu as touché à ma fille, je te coupe les c…»

Dans la nuit du jeudi, lorsque les habitants de l’Unité 14 vont au lit, l’affaire qui éclabousse l’Imam Niang a fini de faire le tour du quartier. Dès le lendemain vendredi, tout s’emballe. Dans la matinée, un parent d’une élève se présente à l’école où officie l’Imam et le tance vertement (voir témoignage ci-dessous). Très en colère, le parent menace alors Imam M. Niang en ces termes : «S’il est vrai que ma fille a subi des attouchements ou quelques autres actes de pédophilie, je te coupe les c…» Des menaces prises au sérieux par l’Imam M. Niang qui demande clémence, promettant de se mettre à la disposition des habitants du quartier pour que tout soit tiré au clair. Ce n’est qu’une ruse pour fausser compagnie aux populations. Dans l’après-midi du vendredi, il profile du peu de liberté pour prendre la fuite. Depuis, Imam M. Niang, polygame dont les épouses se trouvent à son village, n’a été plus vu à l’Unité 14 des Parcelles Assainies de Keur Massar. Une plainte a été déposée à la Gendarmerie de ladite localité et des recherches déclenchées pour localiser le mis en cause.

Angoissés par cette affaire, les parents des filles qui fréquentent ou qui ont dans le passé fréquenté l’école où enseigne l’Imam Niang sont dans le désarroi. Pour situer l’ampleur du mal, une consultation médicale est prévue. «Toutes nos filles, même les garçons, devront passer devant le toubib pour voir s’ils n’ont pas subi des attouchements ou d’autres actes de pédophilie de la part de M. Niang. Pour le moment, on a dénombré quatre victimes, mais nous craignons qu’il y ait plus de gamines victimes de cet Imam…», explique Baba Mbengue qui a guidé nos pas hier à l’Unité 14 des Parcelles Assainies où les stigmates des inondations sont encore bien visibles. A cet effet d’ailleurs, on souffle que des «Badiénou Gokh», du nom de ces dames qui se sont volontairement investies pour le bien-être des populations, et des organisations de protection de l’Enfance se sont toutes impliquées pour assister les familles dans les démarches et pour une prise en charge psychologique des victimes. Et parmi ces victimes, celles qui s’étaient retranchées dans le mutisme sont invitées à témoigner. Une façon pour elles de se libérer du traumatisme qu’elles ont subi.

ALASSANE HANNE

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