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vendredi, 17 novembre 2017
               
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Edito – La presse fera face

Edito – La presse fera face

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iGFM – Edito-igfm (Dakar) On n’a pas besoin de chercher loin pour qualifier ce qui s’est passé, hier, avec la garde à vue, durant toute une journée, du Directeur de Publication de «L’Observateur», Alioune Badara Fall, par les gendarmes de la Section de recherches de Colobane. La méthode n’est pas loin d’une prise d’otage en raison du motif pour lequel le journaliste a été retenu dans les locaux de la gendarmerie. En réalité, l’on ne reproche pas à L’Observateur d’avoir livré une fausse information. Bien au contraire. L’Etat, défenseur de la loi, se met dans la posture de pousser un citoyen à violer la loi. Car, demander à un journaliste de révéler sa source, c’est l’inciter à fouler aux pieds les dispositions de l’article 11 de la Charte des journalistes.

Outre le caractère illégal de la démarche, les autorités, au nom de la pseudo-défense des intérêts du pays, s’inscrivent dans une logique d’installer l’insécurité. Le pays serait plus en danger si l’on forçait les journalistes, par n’importe quel moyen à divulguer leurs sources. La République en souffrirait gravement. Mais, la ligne de conduite est claire. Le principe immuable : il ne faut pas compter sur «L’Observateur» pour traquer des gorges profondes. La puissance de l’Etat doit lui permettre de passer par d’autres canaux pour disposer des informations dont il a besoin. Le journal restera constant dans sa démarche et continuera à respecter le serment fait de livrer aux lecteurs la bonne information, l’information juste et utile. Avec une grande responsabilité. Comme il l’a fait le vendredi 8 mai 2015 avec la parution de l’article en question.

D’ailleurs, l’opportunité de cette procédure contre les journalistes de «L’Observateur» suscite un questionnement. Pour une affaire aussi vieille de deux mois, l’arrestation des journalistes semble incompréhensible. Surtout que la hiérarchie militaire, sereinement, avait déjà pris langue avec la Direction de Futurs médias pour échanger amicalement sur le caractère sensible du sujet. Les équivoques avaient été levées. Pour revenir à la charge, les autorités militaires convoquent les détails contenus dans l’article pour motiver une enquête. Et pourtant, même si l’on oppose le caractère confidentiel des informations livrées, aucun élément contenu dans le papier ne met en danger ni l’Etat ni  l’Armée. «L’Observateur» s’est limité à donner la composition du contingent des 2100 soldats devant être positionnés en Arabie Saoudite contre une éventuelle attaque du Yémen. Une parution faite alors que le sujet faisait l’actualité.

L’on ne peut pas manquer de lier la convocation des journalistes à une volonté d’exercer la pression sur la presse, d’intimider les journalistes tout court. D’autres l’ont tenté. Mais ils ne l’ont jamais réussi. Ce n’est pas aujourd’hui que cette entreprise va connaître un succès. Au-delà de «L’Observateur», c’est toute la presse qui est visée. En attestent la garde à vue du Directeur de Publication du journal «Le Quotidien», Mohamed Guèye, et la convocation du patron du site «lignedirecte.sn», Mamoudou Wane, par ailleurs Dirpub du quotidien «Enquête». Le signal donné par les autorités est clair. Le monstre est de retour, mais les journalistes feront face. La presse sera debout.

LA REDACTION

 

Un commentaire

  1. pourquoi autant de polémique sur l’arrestation des journalistes qui ont commis des fautes dans l’exercice de leur travail? Depuis deux jours vous privez le peuple sénégalais d’informations, vous n’avez qu’un seul sujet dans vos programmes et qui ne nous concerne mème pas. Peut être c’est normal de soutenir vos amis mais n(oubliez pas vos missions et arrenter de nous fatigué, une choses est claire et nette, jamais une président n’autorisera la dépénalisation du délit de presse, comme tous les travailleurs, les fautes commises dans l’exercice de son travail mérite une sanction mais pourquoi vous voulez constituer une exception?

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