L’histoire glaçante de Moussa Mbaye sauvé par un test Adn, après 11 mois de détention préventive

Société

IGFM – Commerçant de son état, Moussa Mbaye a recouvré la liberté, après avoir purgé près d’une année de prison, pour viol suivi de grossesse sur une mineure de 16 ans. Convaincu de son innocence, il avait, avec le concours de ses avocats, sollicité une expertise médicale (test Adn). L’acceptation de cette requête a permis au magistrat du tribunal des flagrants délits de Dakar de se rendre à l’évidence et prononcer sa libération. Dans un entretien accordé à «L’Obs», ce polygame de 39 ans, père de 4 enfants, revient sur sa poignante mésaventure.

Monsieur Mbaye vous venez d’être relaxé, après avoir purgé 11 mois de détention préventive, pour viol suivi de grossesse sur une mineure. Quels sentiments vous animent présentement ?

Un sentiment de fierté à présent que toute la lumière a été faite dans cette affaire qui m’a valu des démêlés judiciaires qui m’ont énormément affecté. La pilule est d’autant plus amère que je suis resté tout ce temps en prison sur la base de fausses accusations. Mais je rends grâce à Dieu. Aujourd’hui, la vérité est connue. Je m’attendais à ce résultat du test d’Adn, car j’étais convaincu de mon innocence. C’est l’occasion pour moi de féliciter le professionnalisme des spécialistes de la clinique de Fann-Résidence, pour l’excellent travail effectué. Ils ont procédé à la collecte de toutes les informations requises, qu’ils ont envoyées en France pour un examen médical plus fourni.

Pouvez-vous revenir sur les contours de cette histoire de mœurs ?

Je suis commerçant établi sur les Allées du Centenaire depuis 2013. J’ai deux autres boutiques à Mbour et à Kaolack. J’importe des chaussures et sacs pour femme, de la Chine. J’ai connu la plaignante, Mame Guèye Faye par l’intermédiaire de mon mécanicien du nom de Malick. Un jour, je lui avais laissé ma moto, la fille qui habite le même domicile que lui, a vu des échantillons de chaussures m’appartenant, dans le coffre. Apprenant ainsi que je vends des chaussures importées, elle m’a rendu une visite de courtoisie, en compagnie d’une amie.

Quelque temps après, à ma grande surprise, elle s’est à nouveau présenté chez moi, en compagnie de son père, m’accusant de viol, de surcroit suivi de grossesse. N’y comprenant absolument rien, j’ai fini par faire à l’idée qu’il s’agissait d’une cabale, lorsque son père m’a proposé un règlement à l’amiable, moyennant de l’argent. Outré par leur combine, j’ai refusé toute médiation. Ils sont repartis, après avoir menacé de me trainer en justice. La fille et son père se sont rendus à la gendarmerie (Caserne Samba Dièry Diallo de Colobane), où ils m’ont assuré avoir des connaissances (bras longs). Au début, je n’ai pas pris au sérieux leurs menaces, me sachant étranger à toute cette machination. Je dois cependant préciser que Mame Guèye Faye n’a jamais été ma copine, contrairement à une certaine rumeur véhiculée. Nous sommes juste des voisins de quartier. Elle m’a accusé de viol, tout simplement pour me soutirer de l’argent, en cherchant à me coller la paternité de sa grossesse. Je venais de convoler en secondes noces et j’ai beaucoup de respect pour mes femmes. Aux enquêteurs, Mame Guèye Faye a dit que j’ai utilisé une bombe asphyxiante pour abuser d’elle dans ma chambre, alors qu’elle n’y a jamais mis les pieds.

Dans quelles circonstances avez-vous été arrêté ?

C’est à la suite de cette plainte qu’elle a déposée, que les gendarmes se sont présentés un jour chez moi. À mon insu, ils ont cru que j’avais fui et ont menacé d’embarquer ma première femme. Mon épouse m’a joint au téléphone et m’a expliqué la situation. J’ai parlé aux pandores, leur disant que j’allais, dès mon retour, me présenter dans leurs locaux. Ce que j’ai fait. Là, ils m’ont entendu sur la base de ces accusations et mis aux arrêts. J’ai été déféré le 24 juillet 2019.

Comment avez-vous vécu votre séjour carcéral, sachant que vous étiez innocent ?

Mon séjour en prison a été un véritable cauchemar. Ma première nuit en cellule a été la longue de ma vie. J’avais l’impression que le jour n’allait jamais se lever. La première semaine, je n’ai presque rien avalé, pas parce que je ne voulais pas, mais parce que j’avais l’impression que ça bloquait quelque part dans ma gorge. J’avais perdu l’appétit et le sommeil. Nous étions entassés comme des sardines dans des positions indescriptibles et je n’avais jamais connu cela. Par manque de place, certains étaient contraints de rester assis toute une nuit. J’ai vécu cet enfer 3 mois durant, au point qu’à chaque fois qu’on me conduisait au parquet, j’avais du mal à marcher, mes pieds étaient enflés. Et tout cela, par la faute d’une fausse accusation. Pour me ressaisir, je passais mon temps à prier, pour que la vérité éclate un jour.

Comment les membres de votre famille, précisément vos épouses, ont réagi à la suite de votre arrestation pour viol ?

Mes épouses ont été braves et m’ont soutenu durant cette épreuve, parce qu’elles étaient convaincues que j’étais victime d’une machination. Toutefois, elles étaient très affectées, elles ont beaucoup pleuré et peinaient à sortir, par crainte d’affronter le voisinage, dont certains ont véhiculé toutes sortes d’opprobre sur ma personne. Elles n’ont ménagé aucun effort, en intelligence avec mes avocats, pour me sortir de prison. À chaque fois que je comparaissais au tribunal, ma 1ère épouse tombait en syncope dans la salle d’audience. Mes enfants ont aussi durement vécu cette situation, j’avais beaucoup de peine pour eux. Mes épouses ont commis 3 avocats. Elles ont aussi été escroquées de la somme de 450 000 FCfa par un intermédiaire qui s’était engagé à me sortir de prison. Au total, j’ai dépensais près de 7 millions FCfa pour tirer au clair cette affaire.

En prison, aviez-vous l’espoir qu’un jour, la justice vous soit rendue ?

Vous n’allez peut être pas me croire, mais j’avais malgré tout, confiance à la justice et au professionnalisme de mes avocats. J’étais alors persuadé que le résultat du test Adn allait m’innocenter.

Justement parlez-nous des conclusions de ce test…

Les conclusions de l’Adn ont en somme, attesté que je ne suis pas le père de l’enfant né de la grossesse contractée par la plaignante. Par la suite, un ami m’a révélé qu’elle a été en réalité enceinté par un handicapé. Considérant cela comme une honte, elle a cherché à trouver un père à son enfant et j’étais une cible toute faite.

Aujourd’hui que vous êtes libre, que comptez-vous faire ?

Ce que cette fille et sa famille m’ont fait subir est très dur. Ils ont terni mon image, les membres de ma famille ont été humiliés, trainés dans la boue. Je ne suis pas en mesure de dire que je pourrais un jour, leur pardonner. Surtout qu’ils m’ont causé tout ce tort, juste pour de l’argent, c’est hallucinant. Je ne compte pas me contenter de cette libération comme consolation. Je vais les attaquer en justice. Je suis en discussion avec mes avocats qui vont retenir la conduite à tenir pour mener une telle procédure.

DOUDOU DIOP

1 Comment

  1. Mais je tombe des nues oder!!! On accuse quelqu’un de viol et sans test ADN on t arrête et te coffre sans délai.Incroyable!!! C est devenu du business dans ce monde d accuser un quelqu’un de viol pour du flooze Messiers les juges faites des tests ADN svp il y va de l existence toute une famille.

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