«Pour gagner le Ballon d’or, Sadio doit …»

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IGFM – Entraineur à succès à la tête des Barea de Madagascar, qui ont créé la sensation à la CAN 2019 en Égypte, avec une place en quart de finale pour leur première participation, Nicolas Dupuis juge les chances de Sadio Mané pour le Ballon d’or européen, qui sera décerné le 2 décembre à Paris. Nominé pour la deuxième année de suite dans la catégorie du «Meilleur entraineur de l’année» pour les prochains CAF Awards, le sélectionneur français de 51 ans, qui rêve d’avoir une «carrière similaire» à celle de Claude Le Roy sur le continent, parle aussi de son embellie malgache et de l’équipe nationale du Sénégal.

Le Ballon d’Or sera décerné le 2 décembre, mais le nom de Lionel Messi est déjà évoqué par la presse espagnole pour être le vainqueur. Si cela se confirme, pensez-vous que ce serait un vote logique ?

Messi reste évidemment un superbe joueur, sans doute le plus talentueux. Mais il serait plus logique de décerner le prix à quelqu’un qui a gagné un titre majeur avec son club ou avec son équipe nationale. Sadio Mané est un bon exemple.

Cela signifie-t-il qu’il mérite de gagner le Ballon d’Or ?

C’est à Sadio que je pense en disant ça. Il a gagné avec Liverpool (Ligue des champions), a été finaliste de la CAN avec son pays. Donc cette année, il mérite de gagner.

Qu’est-ce qui lui manque pour être à la hauteur de joueurs comme Messi, Ronaldo… ?

Il est très fort lui aussi et ne cesse de progresser. Il reste encore jeune et c’est sur la durée qu’il sera jugé au niveau des deux autres. J’espère qu’il va y parvenir. Peut-être qu’il lui faudra prouver dans un autre club et enfin, gagner la CAN.

Comment jugez-vous sa progression ces dernières années ?

Je le trouve intelligent dans la gestion de sa carrière. Il est de plus en plus influent dans le jeu de son équipe. Il marque, fait des passes et reste humble. Peut-être qu’il doit maintenant orienter sa carrière vers un très grand d’Europe, par exemple, le Réal, le Barca, etc.

«Sans aucune hésitation, il est le meilleur sur le continent.»

Il y a aussi le Ballon d’or africain, qui sera décerné le 7 janvier 2020 en Égypte. Cette fois-ci, le voyez-vous favori devant Salah et Mahrez ?

Oui, sans aucune hésitation. Il est le meilleur sur le continent. Il ne faudrait pas que la défaite de son équipe nationale en finale de la CAN lui coûte sa victoire.

En plus de Mané, comment jugez-vous la prestation de Gana Guèye contre le Real au Stade Santiago-Bernabéu (2-2) en Ligue des champions.?

Je préfère parler de ses performances depuis le début de la saison. Elles sont incroyables. Beaucoup de volume, de simplicité et d’efficacité. Le trio qu’il forme avec Verratti et Marquinhos fonctionne très bien. Son match référence pour moi reste contre le Real à l’aller (ndlr : victoire 3-0 du PSG).

Avec Gana, Koulibaly et Mané, qui font partie des 50 joueurs nominés par l’UEFA en vue de l’équipe de l’année 2018-19, pensez-vous que le Sénégal dispose de la meilleure équipe d’Afrique ?

Évidemment. Tout le monde sait que sur le papier, le Sénégal a une équipe exceptionnelle. Mais actuellement, l’Algérie a un collectif impressionnant.

«Sur le papier, le Sénégal sera à nouveau le grand favori de la CAN 2021.»

Qu’est-ce qui a manqué aux «Lions» lors de la CAN 2019 et ont-ils une chance d’être sacrés en 2021 ?

Ils sont tombés sur l’Algérie, qui a été très forte dans tous les compartiments du jeu, avec un collectif sans doute plus travaillé. Sur le papier, le Sénégal était et sera à nouveau le grand favori de l’édition 2021.

Avec Madagascar, vous restez sur deux victoires dans les éliminatoires de la CAN. Au-delà de la qualification, quels sont les objectifs avec les Barea ?

On continue tranquillement avec les Barea. Pour une première participation à la CAN, je trouve que nous avons montré un beau visage. Les deux premières rencontres éliminatoires pour la CAN 2021 se sont soldées par deux victoires (ndlr : 1-0 contre l’Éthiopie et 6-2 au Niger). Mais la route est encore longue. La poule est difficile et la Côte d’Ivoire (3e, 3 pts) va se reprendre à coup sûr.

La qualification à la Coupe du monde 2022 fait-elle partie de vos objectifs ?

Concernant la Coupe du Monde, ce sera difficile. Nous attendons le tirage et souhaitons éviter l’Algérie et bien sûr, le Sénégal. Mais nous nous battrons.

«Claude Leroy est un modèle. J’aimerais connaître une carrière similaire.»

À la CAN 2019 en Égypte, Madagascar a atteint les quarts de finale pour sa première participation. Qu’est-ce qui vous a permis d’avoir ces résultats avec les Barea, qui sont nominés dans la catégorie «Meilleure équipe de l’année» pour les prochains CAF Awards ?

Je suis arrivé en mars 2016 et le Président Ahmad (ndlr : président de la CAF), alors président de la Fmf (Fédération malgache de football) m’a fait confiance et donné carte blanche. Grâce aussi, entre autres, à Faneva (ndlr : 35 ans, meilleur buteur de l’histoire des Barea, avec 14 buts en 43 sélections), nous avons pu monter une équipe de copains et compétitive. A force de travail, nous nous améliorons de rencontre en rencontre.

Quel rôle a joué Faneva Imà Andriatsima dans cette embellie ?

Faneva est quelqu’un avec un très grand cœur. Il a joué son dernier match face à l’Éthiopie. Au Niger, il n’était déjà plus là lors de la victoire 6 à 2. C’est Carolus, cité dans la liste des meilleurs joueurs africains, qui a joué avant-centre.

Avec vos succès et votre deuxième nomination dans la catégorie du «Meilleur entraineur de l’année», avez-vous envie de suivre les traces de Claude Le Roy, qui a fait sa carrière de sélectionneur depuis des décennies sur le continent ?

Claude Leroy est un modèle bien sûr. J’aimerais effectivement connaître une carrière similaire. Aujourd’hui, je suis concentré à 100% sur Madagascar.

OUSMANE DIOP

 

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