Taïwan veut tourner la page de son passé autoritaire | www.igfm.sn
mercredi, 6 décembre 2017
               
Accueil / International / Taïwan veut tourner la page de son passé autoritaire

Taïwan veut tourner la page de son passé autoritaire

Taïwan veut tourner la page de son passé autoritaire
Des statues du dictateur Tchang Kaï-chek dans un parc de Taoyuan dans le nord de Taïwan. SAM YEH / AFP

Les symboles à la gloire de l’ancien dictateur nationaliste taïwanais Tchang Kaï-chek vont être retirés à travers l’île après l’adoption d’une loi destinée à tourner la page de son passé autoritaire.

Les parlementaires taïwanais ont adopté ce mardi 6 décembre au soir une loi sur la « justice transitionnelle » qui prévoit l’enlèvement obligatoire de tous les signes d’hommage et monuments dédiés au dictateur Tchang Kaï-chek. Les statues seront donc déboulonnées et des rues et des écoles seront rebaptisées.

La loi ouvre aussi la voie à une enquête exhaustive sur la « Terreur blanche » qui régna sur Taïwan à partir de 1949, quand les nationalistes du Kuomintang (KMT) avaient fui la Chine continentale après leur défaite face aux troupes communistes de Mao Tsé Toung. Entre 1949 et jusqu’en 1987, date de la levée de la loi martiale, des milliers de personnes jugées hostiles au gouvernement ont été torturées et tuées sous le règne de Tchang et de son fils.

Certains Taïwanais militent depuis très longtemps pour que les personnes injustement jetées en prison et des victimes exécutées soient blanchies et les auteurs dénoncés au grand jour. Le règne autoritaire de Tchang Kaï-chek doit être « expurgé de toute légitimité » car il viole la liberté et la démocratie, dit la loi. La présidente Tsai Ing-wen doit ratifier la loi dans les deux prochaines semaines.

Les statues de Tchang sont régulièrement dégradées dans l’île. Des centaines d’entre elles gisent, abandonnées, autour de son mausolée près de Taïpei. Depuis leur arrivée au pouvoir en mai 2016 Tsai Ing-wen et sa formation politique, le Parti démocratique progressiste (PDP), ont pris pour cible l’héritage de l’ancien dictateur. Il y a quelques temps, les autorités avaient déjà annoncé qu’un lieu à sa mémoire se verrait interdire la vente de souvenirs le dépeignant.

(avec AFP)

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée.