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jeudi, 11 janvier 2018
               
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UE: les pays du Med7 appellent à la solidarité face au défi migratoire

UE: les pays du Med7 appellent à la solidarité face au défi migratoire
Des Erythréens, débarqués à Lampedusa, quittent Rome à destination de la Suède. REUTERS/Remo Casilli

Les chefs d’Etat ou de gouvernement des pays du Med7 (Italie, France, Espagne, Portugal, Grèce, Chypre et Malte) se disent « fermement attachés à une politique européenne commune des migrations ». C’est ce que précise la déclaration commune publiée à l’issue d’une brève réunion suivie d’un dîner de travail à Rome ce mercredi soir.

Avec notre envoyée spéciale à Rome, Anastasia Becchio

Il n’est pas juste que les pays du sud de l’Europe aient à supporter tout le fardeau, estime le Med7 réuni à Rome ce mercredi. « L’UE devrait offrir davantage pour mieux contrôler les frontières, car nous nous trouvons dans une région où chaque Etat ne peut pas agir tout seul ; c’est un sujet trop complexe », a ainsi déclaré le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, dont le pays a accueilli près de quatre fois plus de migrants l’an passé.

Face au manque de solidarité, l’Italie a choisi de passer des accords controversés avec les milices libyennes. Résultats : les arrivées de migrants ont diminué de 35 %. « Sans aucun doute, nous avons obtenu en 2017 des résultats encourageants, dans les aspects plus extérieurs, la gestion des flux et la lutte contre le trafic d’êtres humains, a souligné le président du Conseil italien Paolo Gentiloni. Nous savons cependant que ces résultats doivent être continuellement consolidés. » Mais malgré tout, les drames en mer Méditerranée continuent de se multiplier.

Pour Emmanuel Macron, il faut plus de solidarité et des règles communes : « On a besoin de renforcer les éléments de solidarité pour mieux protéger nos frontières, aller vers une gestion commune de l’asile à terme, mais déjà harmoniser nos règles. Permettre à la fois donc de mieux protéger ses frontières et mieux gérer les flux. »

Rome veut aller plus loin

Le sujet sera sans aucun doute à l’ordre du jour de la rencontre bilatérale entre Emmanuel Macron et Paolo Gentiloni en fin de matinée. Car si l’Italie reste un pays en première ligne dans ce dossier, la France, pays de second rang, selon les termes du président français, enregistre une hausse record des demandes d’asile. Il y a donc un intérêt commun à se saisir du dossier.

Et Rome affiche déjà la volonté d’aller plus loin : récemment Paolo Gentiloni a évoqué le déploiement de militaires italiens au Niger, 470 hommes à terme, pour participer à l’effort de contrôle des frontières et de lutte contre les trafics de migrants. Les 120 premiers soldats pourraient être envoyés dans les six premiers mois, à condition que le Parlement donne son feu vert. Il votera le 17 janvier. Paris voit d’un bon œil cet investissement des Italiens au Sahel, jusque-là ses appels du pied étant restés lettre morte.

Autre rapprochement en vue, la France et l’Italie envisagent de mettre en place un traité d’amitié, sur le modèle du traité de l’Elysée avec l’Allemagne. Ce sera le traité du Quirinal, qui est la résidence officielle du président de la République italienne, même si, dans les faits, il reviendra, à terme, au Premier ministre de le signer. Ce sera Paolo Gentiloni ou son successeur, puisque les Italiens retournent aux urnes dans un mois et demi.

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