mardi, 31 mai 2016
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Une bagarre entre amis qui a viré au drame : L’éléve de terminale tue son ami étudiant et prend 5 ans ferme

Une bagarre entre amis qui a viré au drame : L’éléve de terminale tue son ami étudiant et prend 5 ans ferme

 

L’OBS – La session de la chambre criminelle vient de s’ouvrir, ce mardi 12 janvier au Tribunal de Grande Instance de Tambacounda. Pour ce procès inaugural, Hamidou Cissokho, éléve en classe de Terminale au lycée Mame Cheikh Mbaye, était à la barre. Au délibéré, il a été condamné à 5 ans de prison ferme et une amende de 100 000 FCfa, pour avoir ôté la vie à son ami étudiant.

Les faits. Les faits qui ont valu à Hamidou Cissokho, 24 ans, domicilié au quartier Quinzambougou, sa comparution devant la chambre criminelle de Tambacounda remontent au 4 octobre 2012. Cette nuit-là, Birrassy Barry, qui venait de décrocher son bac et Hamidou Cissokho, en classe de Terminale au lycée Mame Cheikh Mbaye, en compagnie de leurs camarades, étaient ensemble, comme d’habitude, sous une hutte en train de boire du thé au quartier Quinzambougou. Au cours de cette partie de thé, deux individus les dépassent et ils se mettent à discuter sur le fait que l’un d’eux est un inspecteur. Les deux amis, Barry et Cissokho, étaient d’avis contraire. La tension monte et les deux amis en viennent aux mains, avant d’être séparés par leurs camarades.

Croyant l’incident clos, le jeune lycéen d’alors, Hamidou Cissokho, âgé aujourd’hui de 24 ans, qui ne semblait pas avoir digéré les propos du défunt. Ainsi, le 6 octobre 2012 vers 23 heures Hamidou Cissokho, trouvant Birrassy à leur place habituelle en train de manipuler son téléphone portable, lui assène un violent coup de bâton. Une violente bagarre éclate entre les deux amis, avant qu’ils ne soient séparés par le frère de la victime. Mais alors que chacun rentrait chez lui, la victime contre-attaque, en jetant à Hamidou Cissokho un bâton, qui ne l’atteint pas. Ce dernier, sans hésiter, réagit en lui lançant une pierre, qui l’atteint au front. Birrassy se mit à tituber, avant de tomber, baignant dans son sang. Secouru et acheminé au centre hospitalier régional de Tambacounda, il rendra l’âme après quatre jours d’hospitalisation.

Ce que dit le certificat médical. Selon le certificat de genre de mort établi par un médecin du centre hospitalier régional de Tambacounda, Birrassy Barry a effectivement perdu la vie du fait de la pierre reçue au cours de la rixe le 6 octobre 2012. «Pâleur des muqueuses; points de suture; écoulement sero muqueux par la bouche; fracture de l’os frontal; hématome extradural, engagement cérébral». L’homme de l’art conclut à une mort par hémorragie.

L’enquête onfiée à la brigade de recherches de la gendarmerie de Tambacounda suite à la plainte de Bilaly Barry, a été couronnée de succès. Sous le feu roulant des questions des pandores, le présumé meurtrier, Hamidou Cissokho, a reconnu avoir été à l’origine de la mort de Birrassy Barry. Au cours de son audition, il a expliqué les circonstances du drame.

Le procès. S’exprimant sur le déroulement des faits, l’accusé a réitéré ses aveux devant le président de la Chambre, Hyppolyte Ndey et ses deux assesseurs. Hamidou Cissokho, qui a sollicité la clémence de la Chambre pour pouvoir continuer ses études, a déclaré n’avoir jamais eu l’intention de tuer celui qui fut son meilleur ami. Il ajoute s’être défendu pour éviter que la victime lui ôte sa vie.

Dans son réquisitoire, le Procureur Demba Traoré a estimé que l’accusé a bel et bien mûri son cou, pour s’être rendu chez lui, se préparer et se munir d’un bâton pour venir ôter la vie à son ami. Selon le parquetier, la thèse de la légitime défense ne saurait prospérer. Par conséquent, il a requis les travaux forcés à perpétuité à l’encontre de l’accusé.

La défense s’est longuement débattue pour tirer d’affaire son client. Me Amadou Lady Bâ, qui a évoqué la légitime défense, a sollicité de la Chambre la disqualification des faits en coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans avoir l’intention de la donner. Il a ensuite demandé une peine largement couverte de la détention. Dans son délibéré, la Chambre criminelle a disqualifié les faits en coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans avoir l’intention de la donner et a condamné l’accusé à 5 ans d’emprisonnement ferme et une amende de 100 000 FCfa.

PAPE OUSSEYNOU DIALLO

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