Affaire Aida Ndiongue – Chronique d’un marathon judiciaire à rebondissements couronné d’un non-lieu

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iGFM – (Dakar) À l’origine des démêlés judiciaires qui ont valu à l’ancienne sénatrice, Aïda Ndiongue, d’avoir maille à partir avec la Cour de répression de l’enrichissement illicite (crei), figure l’affaire dite des marchés attribués dans le cadre du plan Jaxaay. Entre 2006 et 2012, la Cour des comptes avait audité la gestion dudit plan qui a mobilisé à l’époque, 52 milliards. La machine judiciaire est mise en branle dans le courant du mois de décembre 2013. À l’arrivée, Aïda Ndiongue et certains responsables du régime libéral sont convoqués devant la juridiction spéciale de la Crei pour s’expliquer sur l’origine licite de leurs biens estimés à des dizaines de milliards de francs Cfa. L’affaire défraie la chronique et barre les manchettes de plusieurs organes de presse. Aïda Ndiongue arrêtée, les enquêteurs de la Section de recherches qui hérite du dossier, découvrent, nous informe-t-on alors, des comptes fournis à coups de plusieurs de milliards de nos francs, ainsi que des bijoux en or et autres sertis de diamants. Le tout pour une valeur estimée à 47 milliards à la Cbao. Ainsi, Aïda Ndiongue et Cie seront inculpées et placées sous mandat de dépôt, le 24 décembre 2013, pour détournements de deniers publics, escroquerie, faux et usage de faux, dans le cadre de l’affaire des produits phytosanitaires du Plan Jaxaay. Le procureur de la République entre alors dans la danse. Serigne Bassirou Gueye monte au créneau pour étaler «l’immense» fortune imputée à l’ex mairesse des Hlm. Lors de sa conférence de presse tenue le 17 janvier 2014, le Procureur recadre les débats, précisant que le dossier d’Aïda Ndiongue n’a rien à voir avec l’affaire des produits phytosanitaires. «Cette procédure dont l’annulation est évoquée devant la Chambre d’accusation est déclenchée suite aux soupçons nés d’une importante manne financière dont le Procureur de la République s’évertuait à cerner la provenance licite.» Muni de 4 chèques «intrigants», le Parquetier en chef met en scelle les pandores de la Section de recherches de Colobane pour fouiner sur les origines licites ou non desdits chèques, respectivement chiffrés à 3 798 988 750 FCfa – 3 988 750 FCfa – 1 350 000 FCfa et 5 milliards de FCfa. Des investigations menées par les gendarmes enquêteurs, il ressort que «deux des moyens de paiement ont été émis par le projet de construction de logement du «Plan Jaxaay» et le «Pap», créé à l’ordre de la société, «Egfed». Le Plan Jaxaay (Pclslib) avait également remis à la structure, «Walo Services», ainsi qu’à la société «Ya Khalifa Ababacar Sy» les troisième et quatrième chèques sus-indiqués. Des sociétés qui appartenaient toutes à Aïda Ndiongue.» Forts de ces données en charge, les gendarmes vont, du 1er au 15 décembre 2013, auditionner une quinzaine d’individus allant des Secrétaires d’administration, comptables matières, chauffeurs, aux intendants, en passant par des juristes et directeurs de cabinet… Le 18 décembre suivant, cinq suspects, parmi les mis en cause, feront l’objet d’une inculpation par le juge du deuxième cabinet, Samba Sall. Depuis, la procédure judiciaire mise en branle dans le dossier communément appelé «Affaire Aïda Ndiongue», place l’ancienne sénatrice au banc des mis en cause incriminés dans cette nébuleuse.

17 mois de détention préventive pour Aïda Ndiongue et Cie

Le pool d’avocats commis par l’ex-sénatrice libérale déroule sa stratégie de défense et tient un point de presse pour apporter la réplique au Procureur de la République qui avait estimé le patrimoine financier d’Aïda Ndiongue à plus de 47 milliards francs Cfa. Me Mbaye Jacques Ndiaye, avocat attitré de l’ancienne sénatrice, affirme que les montants avancés ne sont rien d’autre que le fruit d’une imagination fertile de ceux qui les avancent. L’ex mairesse des Hlm passera 17 mois en détention préventive à la Maison d’arrêt pour femmes de Liberté 6. Le 28 mai 2015, Aïda Ndiongue et ses co-prévenus, Abdou Aziz Diop, ex-directeur de cabinet du ministère de l’Urbanisme, Modou Sall, ancien secrétaire général dudit ministère et Amadou Ndiaye, l’ex-Acp du Plan Jaxaay, recouvrent la liberté, après avoir passé au total, 1 an 5 mois en prison. Mieux, le juge ordonnait la restitution de leurs biens saisis après leur arrestation en décembre 2013. Dans ce lot, figure le lot de bijoux de valeur appartenant à Aïda Ndiongue. L’action judiciaire poursuivant son cours, l’ex mairesse des Hlm sera, quelques jours seulement après sa sortie de prison, placée sous contrôle judiciaire, par la Crei. En son temps, l’affaire avait atterri devant la Cour d’Appel de Dakar qui a statué sur le dossier des produits phytosanitaires incriminant l’ancienne sénatrice, condamnée à 1 an ferme, en plus d’une amende de 2 millions de nos francs. Ce, pour exercice illégal de commerce, corruption active de fonctionnaire et faux et usage de faux. La Cour d’Appel avait en sus ordonné la main levée sur les biens d’Aïda Ndiongue qui avoisineraient les 20 milliards de FCfa. Une décision attaquée par le Procureur général qui décide de se pourvoir en cassation.

In fine, Aïda Ndiongue obtient un non-lieu

Tout ça pour ça, sommes-nous tentés de dire, à l’analyse de la décision rendue en dernier ressort hier, par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), dans cette procédure judiciaire incriminant l’ex mairesse des Hlm. Les magistrats de la Crei ont, dans l’affaire des produits phytosanitaires, rendu une ordonnance de non-lieu en faveur d’Aïda Ndiongue qui était accusée d’avoir pompé illicitement, 47 milliards FCfa des caisses de l’Etat. La Crei a estimé que les charges retenues contre Aïda Ndiongue ne sont pas de nature à motiver sa condamnation.

L’OBS

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