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Aliou Ndiaye : « J’ai toujours fait confiance aux jeunes »

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iGFM – (Dakar) Pikini Production a lancé ses toutes nouvelles productions, ce vendredi 21 décembre à 19 heures au Canal Olympia. A l’occasion, ils ont projeté deux œuvres nouvelles. Il s’agit d’un sitcom « Sama Woudiou Toubab la » et d’une série « Madior ak Dior ». Des produits qui sont projetés à partir du 4 janvier 2019.

Aliou Ndiaye, PDG de Pikini production, ancien Secrétaire général du Groupe Futurs Média, premier groupe de presse privé du Sénégal, ancien Directeur de Publication de l’Observateur, ancien Directeur de la Radio Walfadjri, revient, dans cet entretien accordé à IGFM, sur les deux productions, l’inspiration et le budget…

Pourquoi Madior ak Dior ?

Déjà le but, c’était dans un mon esprit de faire un roman. Parce que je suis quelque part un écrivain un peu frustré. Il m’est arrivé d’écrire des manuscrits, des romans, mais je ne sais pas pourquoi je n’arrive jamais à les publier. Donc à un moment donné, je me suis dit bon ce serait bien que les idées romanesques que j’ai que je puisse les transformer en téléfilm.

Et comme les sénégalais aiment bien les telenovelas ça veut dire qu’ils aiment les téléromans. Et on a voulu faire un téléroman un peu à la sénégalaise, mais en essayant d’insister sur notre authenticité, la culture locale. Déjà le nom du film est très évocateur, Madior c’est un nom du terroir et  Dior tout le monde se souvient de nos leçons de géographie, le sol Dior qui est le sol du Cayor.  Tout le monde aussi se souvient aussi de Lat Dior et en wolof Cheikh Anta Diop nous a appris la main avec laquelle on mange s’appelle « Loxo Ndéye Dior ».  Cela veut le Dior qui est le sable, c’est le sable qui nous nourrit, donc c’est notre mère.

Voilà des noms qui sont tellement prestigieux qui ont été portés par de grands hommes dans ce pays, par des femmes de grandes valeurs, Dior et Madior et on a tendance à les oublier. Il y a même ma fille qui m’a dit un jour tu es bizarre, les autres ils font des films avec des noms qui sonnent bien tel que « Pod et Marichou », toi tu nous sors des Madior, Dikoon, c’est quoi ton problème.

Je lui réponds mon problème c’est que je voudrais qu’on reste authentique, je ne voudrais pas que vous oubliez votre culture. Je voudrais aussi que vous soyez fiers de ce que vous êtes. « Ku nangouwoul ligua doon do donn dara ». Donc c’est un téléroman sénégalais pour parler d’amour, pour parler d’authenticité, pour parler de la polygamie pour parler des relations.

Je dis souvent que si je voulais un titre en français, Madior ak Dior, je l’aurai appelé « le jeu du hasard ». Parce que la vie c’est un jeu du hasard, on commence souvent des aventures, des relations sans savoir jamais comment ça termine. Car au fond, il y a des choses qui sont du domaine de l’humain que l’humain peut voir, peut prévoir,  peut aimer. Mais ce qui va se passer le destin,  le futur appartient à Dieu.

Ca va se terminer comment ?

Je ne voudrais pas le dire mais en général, les romans se terminent soit par un mariage, soit par un baptême. Mais la première saison de Madior ak Dior va se terminer avec tous les obstacles au  mariage vont être levés mais cela ne veut pas dire le mariage.

A quand la diffusion ?

La diffusion est prévue la 4 janvier sur la Sen TV et sur la chaine Youtube de Pikini peut être même  24 h avant.

L’histoire du mariage est le thème principal,  y a-t-il d’autres thèmes qui s’y greffent ?

Oui il y a beaucoup d’autres histoires. Parce qu’au fond «Madior ak Dior» leur histoire d’amour va permettre de réveiller ou de reparler  bien d’autres histoires qui ont même précédé leur naissance. Parce que c’est un jeu du hasard, ils vont s’aimer sans se rendre compte, au départ ils vont juste se rencontrer dans la rue. Après ils vont se rendre compte qu’il y a plus de choses qui les unit. Qu’il y a des liens de parenté  entre eux, qu’il y a un passé à leur relation. Et ce passé va resurgir à travers tous les autres personnages qui sont dans le récit.

Mais, j’ai essayé aussi de faire en sorte qu’il n’y ait pas beaucoup de périphéries que toutes les autres histoires qui tournent autour de l’histoire principale aient comme déboucher l’histoire principale elle-même. Car je n’ai pas voulu écrire une histoire qui soit dans le déroulé un peu trop complexe à comprendre. Leur histoire c’est l’histoire de plusieurs vies, d’amour, d’argent, de jeu d’intérêt.

Il y a combien d’épisodes ?

Bon pour la première saison nous allons faire  52 épisodes sur 4 saisons.

Combien de temps ça vous a pris d’écrire le feuilleton?

Bon pour les gens qui me connaissent en matière d’écriture et j’avoue qu’ils sont tout le temps étonné quand je leur dit le temps que je mets à écrire certaines choses. Ils pensent que ça me prend beaucoup de temps, mais Dieu  a fait qu’il y a deux choses que je sais plus ou moins faire un peu bien c’est parler et écrire.

La durée du projet.

On a commencé au mois de septembre parce que nous ce qu’on fait en général avant de diffuser on tourne la moitié. Donc là nous avons fini de tourner la moitié, l’autre moitié on va tourner au mois de janvier. Et le projet va finir au mois de mars.

Les acteurs sont des visages pas très connus, pourquoi ce choix?

De tout temps j’ai toujours fait confiance aux jeunes.  Car ma passion c’est le potentiel des gens, je me dis toujours il y a quelque chose dans les gens qu’il faut sortir et il faut leur faire confiance. Maintenant je fais en sorte qu’ils soient encadrés, car il y a Ibrahima Mbaye Sopé, Cheikh Doumbouya qui ont une certaine expérience. C’est toujours pour créer ce nouveau là, ce déclic et donner la chance aux gens, je n’aime pas trop les portes fermées. Je veux quand c’est ouvert, quand il y a de la dynamique.

D’où vient l’inspiration de « Sa ma woudiou toubab la » ?

L’idée m’est venue pendant le mois de ramadan. On était en train de tourner une série, « Abou Bilal ». J’ai dit aux gens je ne veux plus faire Abou Bilal, mais autre chose. J’avais écrit pour la série « Bess » qui parlait d’une histoire et l’histoire parlait d’une femme. Ça c’est quelque chose que j’ai vécu à Pikine Wakhinane. Je connais une famille, une dame avait une co-épouse espagnole. La première femme pensait  qu’elle allait lui faire sa fête car elle est une blanche. A sa grande surprise, la femme a cassé la baraque. Et cette histoire ça  s’est passée il y a plusieurs  années à Pikine mais je l’ai  gardé  en tête.

Donc j’ai voulu écrire une histoire comme ça. Mais quand je l’ai écrit pour la première fois pour « Bess », je n’avais personne pour l’interpréter. Je n’avais pas une blanche capable de parler wolof comme Anni peut le faire, de baragouiner des mots et puis qui a du jeu. En fait  Anni ce n’est pas simplement le Wolof qu’elle sait parler, c’est une excellente comédienne.

Je l’ai connu à  travers une comédienne Fatma qui avait organisé un spectacle. Je l’ai vu, j’ai demandé à Fatma. On lui a demandé, elle est tombée d’accord. C’est vrai elle est enseignante, elle n’a pas beaucoup de temps mais pendant les vacances je lui ai donné le scénario, elle a trouvé ça marrant. Je trouve que ça va détonner car déjà c’est un sitcom, ce n’est pas ce que les gens ont l’habitude de voir. Mais ensuite, l’interprétation qu’il y a avec les acteurs. Je suis sûr que les gens vont mourir de rire. Il y a des situations renversantes, c’était aussi une manière de rire de la polygamie.

Bon les gens dramatisent la polygamie moi je suis né d’une famille polygame et je n’ai pas vécu la polygamie comme un drame.  Je suis polygame aujourd’hui, je ne le vis pas comme un drame. Avec mes frères de même père on a jamais vécu chez nous la polygamie comme un drame, et il y a beaucoup de familles qu’ils vivent la polygamie  comme un drame. J’ai voulu leur montrer qu’on pouvait en rire. Parce que chez Pa Ousseynou Ndiaye on n’en a jamais fait un drame, ni un problème. On en rigole, et puis Anni et Fatma vont faire rigoler les gens.

Le coût financier, le budget doit être lourd ?

Je suis un bon cascadeur. Il m’arrive quelque fois de partir en campagne de production avec pas grand-chose dans les poches mais avec beaucoup de courage et de témérité.  Je n’ai pas du soutien du FOPICA (Fonds de Promotion à l’Industrie Cinématographique et Audiovisuelle : Ndlr) ni de financement, mais j’essaie de faire de l’économie, Dieu merci il y a des sponsors qui m’ont fait confiance qui ont travaillé avec moi dans des projets sur la base de présentation de simple idée.. Ce sont ces gens qui nous permettent de vivre, de fonctionner et de produire et aussi quelquefois l’argent que nous tirons des revenus  YouTube  à travers l’exploitation de notre chaine ? Mais aussi la grande collaboration des comédiens.

Mame Fama GUEYE

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