Centenaire de la Première Guerre Mondiale: « Diaba, l’Ange Tirailleur: l’hommage  de Babacar Mbaye à  la sœur aînée africaine.

Société

iGFM – (Dakar) Actuellement  directeur de  la  maison  d’édition  Signare basée en Avignon  le  sénégalais Babacar Mbaye nous  émeut  dans  son  nouveau  livre  Diaba, l’Ange Tirailleur, en mettant en avant le courage  d’une  femme  sénégalaise  au  cœur de  la  première guerre mondiale. Diaba, l’héroïne de son opus, en effet, n’hésite pas à se déguiser en homme pour accompagner ses frères à la bataille. L’auteur rend ainsi hommage non seulement aux  tirailleurs  ,  grands  oubliés  de  l’histoire  française,  mais  aussi à la figure très importante de la grande sœur  aînée  sur  le  continent  africain.  Il  présente  son ouvrage au Sénégal Sociologue de formation, Babacar Mbaye, basé à Montpellier et Avignon, est aussi le directeur artistique du festival Terang’Arts en Avignon. Sa nouvelle maison d’Edition a  pour  démarche  de  publier  des  auteurs  contemporains    de  l’espace  francophone. S’y ajoute une structure de management culturel et artistique ayant pour démarche majeure la formation autour des métiers de la culture et de l’ingénierie de projets de coopération Nord-Sud. Il  considère  en  effet l’action  culturelle comme vecteur de lien social dans une France secouée par des extrémistes de tout bord. Dans  le  cadre  de  la  politique de la ville de Montpellier, il a mis en  place des déclinaisons  pédagogiques autour de  son  ouvrage  Diaba en faisant appel à des artistes  professionnels  afin  d’installer  des  ateliers  artistiques innovants en Avignon dans le cadre du contrat de ville  Il s’agit surtout  de donner à la nouvelle génération des outils citoyens pour le mieux Vivre Ensemble. La force qui pousse Diaba à s’engager dans la grande guerre à ses risques et périls aux côtés de ses petits frères. Tout commence avec  les cauris de Mawda le Marabout qui avait  prédit un garçon au patriarche Mbissane pour son premier enfant. Mais c’est finalement une fille qui est née, nommée Diaba  Ngone.  Elle s’est donc donnée dans cette grande famille l’attribut d’un homme, du grand frère aîné et comme une amazone, elle défend ses frères. Sa motivation est  surtout  ombilicale et même charnelle. Ses frères comptent beaucoup pour elle, et sa force  invisible lui permettra de les protéger jusqu’à la mort. Cette Diaba là vaut plus que dix  hommes réunis .Elle à l’âme d’une lionne et le cœur d’une guerrière. A  travers  ce  livre,  où  l’héroïne  est  une femme africaine,  au cœur de  la  première guerre mondiale, quel message. En réalité, Diaba existe ; c’est ma grande sœur aînée et longue vie à elle car dans la nouvelle, elle va mourir et longue vie à elle ; je répète. En fait, je l’ai vu faire et agir tout au long de mon enfance dans ma grande famille. Elle  était  à  la  fois  notre  conseillère  matrimoniale,  notre  coach,  notre mère et confidente, et face à l’ailleurs et à autrui, elle nous défendait et encore aujourd’hui. C’est finalement l’amour que je lui porte qui a inspiré mon récit. Le message véhiculé par le livre réside la lecture européocentrique du fonctionnement des sociétés africaines mettant au-devant le machisme de l’homme africain  et  la  domination  masculine  alors que c’est totalement faux et injustifié. De tout  temps,  ce  sont  les  femmes  qui  régulent et  rythment  le  social  africain. Aujourd’hui  on  parle  de  genre  et  de  parité  pour  un  peu  encore  une  fois  imiter  le modèle sociétal occidental,  alors  que  c’est  la  société européenne qui  est  en  retard dans la distribution des rôles entre homme et femme. Les grandes royales d’Afrique en sont les preuves. Je pense à N’daté Yalla du Walo, Aline Sitoe Diatta la  reine  de  la Casamance,  les  Amazones  et  tant  d’autres  figures femmes et résistantes  d’Afrique. Diaba représente aussi la figure de la grande soeur aînée, très importante dans la culture africaine. Pourquoi était-ce si essentiel pour vous de la mettre en exergue ? Diaba ma  soeur  aînée  est  Amour,  Beauté  et  Partage,  donc  il  est  essentiel  et fondamental  pour  moi  de  la  magnifier  car  représentant  aujourd’hui  ma mère Khady qui  vient  de  nous  quitter.  Elle  est donc à  la  fois  Mère, Sœur et même Père pour moi. Vous  rendez  également  hommage  aux  tirailleurs  sénégalais.  Tout  montre  qu’ils n’ont  toujours  pas  obtenu  justice  et  que  la  France  les  a  oubliés.  Quel  est  votre regard sur cette situation On peut en effet  noter une certaine hiérarchie des compassions face à l’histoire de la France et tout particulièrement pour nos vaillants soldats noirs morts pour la France. Il  faudrait  que  la  France  puisse  faire  sa  thérapie  et  reconnaître  ce  sang  noir  versé durant les deux guerres. C’est une société en proie à des doutes face à l’histoire, d’un côté  le  paternalisme et compassion de  gauche,  le  fameux  sanglot  de  l’homme blanc et d’un autre coté le négationnisme de l’extrême droite refusant cette histoire sombre de la France « Blanche  » et prenant comme fonds de commerce l’Autre. Il  faudrait  aussi  que  vous  de  la  nouvelle  génération  puisse  avoir  un  dépassement face  à  l’histoire  et  à  la  mémoire.  Il  vous  appartient  de  prendre  la  nouvelle  donne sociale  et  économique  et  éviter  la  notion  épidermique  des  relations  humaines. Actuellement un jeune  français Serge n’est pas comptable des avatars de l’histoire comme un jeune français Farid ou Meissa de Paris 18éme ne sont  pas les héritiers de l’histoire africaine. Laissons la tradition tranquille.  Il  est  question  aujourd’hui  à  mon  niveau    de  ne  plus  parler  d’intégration  mais  de regarder le monde avec des yeux de chair  et  de prendre sa place dans une société multicolore et plurielle surtout pour les afro-descendants nées en France. Labélisé  par le comité scientifique de la première guerre mondiale, et préfacé par l’ancien Ministre de la culture du Sénégal Diaba est un projet pluridisciplinaire avec une adaptation théâtrale avec la compagnie des Tretaux du Niger, en préparation un  livre  Audio  avec  la  voix  de  Yasmine Benseba ,  une bande dessinée  avec  Michel Faure…

Mame Fama GUEYE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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