C’est officiel : Suez prend la place de la Sde

Société

IGFM – C’est officiel ! La Sde n’est plus responsable de la gestion de l’eau au Sénégal. Elle a cédé la place à la société française Sen’eau (Suez) qui assure désormais la gestion, l’exploitation et la distribution de l’eau potable en zone urbaine et péri-urbaine du Sénégal à partir du 1er janvier 2020. La signature de contrat a eu lieu, cet après-midi.

Selon un communiqué parvenu à IGFM, ce contrat, d’une durée de 15 ans, permettra d’assurer un approvisionnement en eau potable à une population initiale d’environ 7 millions d’habitants.

 Le document signale que ce contrat, pour lequel sera créée une société de droit sénégalais avec un actionnariat majoritairement sénégalais (55%), prévoit l’intégration par SEN’EAU des 1 200 professionnels sénégalais actuellement en exercice. Un dispositif d’accompagnement de la gestion des carrières sera mis en place, afin de continuer à développer les talents, avec une attention particulière accordée aux jeunes et aux femmes.
Et dès le 1er janvier 2020, un plan d’action pour assurer l’accès à l’eau pour tous, garantir l’excellence du service et une performance durable sera mis en œuvre. Une place centrale sera accordée à l’innovation avec, notamment, l’ouverture prévue à Dakar d’un Centre de recherche et d’innovation, en partenariat avec des universités sénégalaises, qui rayonnera dans la région.

Le groupe français Suez a remporté le 22 octobre 2018 le contrat provisoire pour fournir pendant 15 ans de l’eau dans les zones urbaines et péri-urbaines au Sénégal au dépens de la SDE (dont l’actionnaire majoritaire est le groupe franco-africain Eranove, aux côtés d’actionnaires sénégalais à hauteur de 42,2%) et de Veolia.

Suez l’avait remporté avec un prix exploitant de 298,5 francs CFA le mètre cube, légèrement plus élevé que les 286,9 francs CFA proposés par la SDE. La décision avait été confirmée le 16 avril par le ministère de l’Hydraulique.

La SDE, opérateur depuis 1996, a contesté en vain, devant l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP), puis devant la Cour suprême l’attribution du marché à Suez, soulignant qu’elle avait proposé le prix le plus bas.

Le ton est même monté entre le gouvernement et les travailleurs de la Sénégalaise des eaux (SDE) qui ont déclenché début décembre une grève pour réclamer une part de 15% dans le capital de Suez France.

Face aux répercussions de ce conflit social, le chef de l’Etat prend le 6 décembre un décret portant réquisition du personnel de la Sénégalaise des eaux (SDE) pour ‘’assurer la continuité du service public de l’eau potable dans le périmètre affermé confié à la SDE’’.