igfm.sn : Informez-vous juste et vrai

Coronavirus: l’Afrique face à la pandémie vendredi 3 avril

Covid-19

iGFM-(Dakar) L’Afrique comptait ce vendredi 3 avril 7 123 cas confirmés de coronavirus. Le Covid-19 a déjà coûté la vie à 289 personnes sur le continent, selon le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine. En Afrique subsaharienne, les trois pays les plus touchés sont l’Afrique du Sud, le Burkina Faso et le Cameroun.

• Trois premiers cas recensés au Malawi

Il s’agit d’une femme revenue d’Inde ainsi que deux de ses proches. Le Malawi est le 50e pays du continent à signaler des cas de Covid-19. Aujourd’hui, seuls le Soudan du sud, les Comores, le Lesotho et Sao Tomé-et-Principe n’ont pas répertorié de malades.

• 32 pays africains ont totalement fermé leurs frontières

Voici l’état des mesures adoptées en Afrique. Ces entraves à la circulation des biens et des personnes ont pu causer des problèmes d’acheminement de l’aide internationale. En Afrique du sud, le gouvernement a donné son aval pour la mise en place de corridors humanitaires. Les ports, les routes, les frontières resteront ouvertes pour acheminer l’aide dans la région dans les prochains jours en dépit du confinement. Le PAM soutient 18 à 20 millions de personnes dans la région australe, notamment au Zimbabwe, au Mozambique et en RDC.

 Le FMI, la Banque mondiale et l’ONU au chevet des économies africaines

Face à la pandémie de coronavirus et son impact économique à venir, le Fonds monétaire international (FMI) annonce avoir approuvé ce jeudi un décaissement de 109,4 millions de dollars en faveur du Rwanda, une aide accordée dans le cadre du mécanisme dit de la « facilité de crédit rapide ». Il s’agit de prêts immédiats à taux zéro (0% d’intérêts), avec un remboursement en dix ans maximum. Le FMI prévoit que la croissance du PIB du Rwanda cette année tombera à 5,1%. L’année dernière, la croissance a atteint 9,4%

La Banque mondiale annonce également mobiliser des fonds pour l’Afrique. Près de 335 millions de dollars ont été débloqués ce jeudi pour aider onze pays et d’autres projets de financements d’urgence sont à venir. En République démocratique du Congo par exemple, 47 millions de dollars ont été accordés.

« Le cas de la République démocratique du Congo illustre l’éventail de l’aide qu’apporteront les projets de la Banque mondiale : dépistage précoce du virus et recherche des personnes contacts, mise en place d’un cordon sanitaire pour limiter la propagation à partir de la capitale du pays, ou encore déploiement à grande échelle de campagnes d’information. Les nouveaux financements permettront aussi de rénover et équiper les principaux centres de soins primaires afin qu’ils puissent fonctionner dans le respect indispensable des normes de lutte contre la pandémie » explique ainsi la Banque mondiale.

Au Zimbabwe, c’est l’ONU qui lance un plan d’aide d’urgence contre la famine et le coronavirus pour un montant de 715 millions de dollars et qui doit cibler un tiers de la population. Cet effort vise à fournir en priorité de l’aide alimentaire, mais aussi en matière de santé, d’hygiène, d’accès à l’eau ou de logement à 5,6 millions de personnes particulièrement vulnérables face au Covid-19.

• Tunisie : des impôts sur les entreprises pour financer la lutte contre le Covid-19

Dans son allocution ce jeudi, Elyes al-Fakhfakh, premier ministre tunisien, a évoqué la possibilité d’imposer des taxes exceptionnelles sur les entreprises tunisiennes : « Le gouvernement sera peut-être obligé d’imposer ces taxes en l’absence de sommes suffisantes pour lutter contre le Covid19 », a-t-il dit.

• Un numéro vert pour les Tunisiennes violentées

Une autre conséquence du confinement imposé aux populations est l’explosion des violences conjugales. En Tunisie, durant la première semaine de confinement, le nombre d’agressions signalées contre les femmes « a été multiplié par cinq par rapport à la même période en 2019 » selon la ministre de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées, Asma Shiri Laabidi. Le ministère met donc en place un numéro vert : le 1809.

Il s’agit d’un service de conseils pour mieux gérer le stress du confinement chapeauté par 11 psychologues bénévoles de 8H00 locales à minuit, et qui sera à la disposition des parents et aussi des enfants à partir de lundi.

Un autre numéro vert, le 1899, existe depuis 2016 pour recevoir les appels des femmes victimes de violences pour « répondre à leurs demandes d’assistance, de l’appui psychologique, matériel, médical et aussi judiciaire », a expliqué la ministre. Il fonctionne 24/24 heures et 7/7 jours lors de la période du confinement.

• RDC : la commune de Gombe confinée du 6 au 20 avril

Après le cafouillage sur un éventuel confinement à Kinshasa les autorités ont finalement décidé qu’il n’y aura pas de confinement de toute la capitale, mais seulement de son centre administratif et commercial, la commune de la Gombe qui est considérée comme l’épicentre de la maladie. Une décision déjà critiquée. Le mouvement citoyen Lutte pour le changement évoque un confinement dont elle conteste l’efficacité. L’archevêque de Kinshasa, le cardinal Fridolin Ambongo, a également récemment dénoncé la gestion de la pandémie en République démocratique du Congo. « Ne jouons pas avec la vie de notre peuple », a-t-il mis en garde.

• Au Soudan, un premier cas de transmission à l’intérieur du pays

Le Soudan a annoncé jeudi 2 avril un huitième cas de Covid-19, un médecin, et pour la première fois il ne s’agit pas d’un cas importé selon le ministère de la Santé.

Le porte-parole du gouvernement a annoncé par ailleurs que des mesures plus strictes concernant les rassemblements seront décrétés dans les prochains jours. Le marché central de poisson à Khartoum sera fermé à partir de ce samedi.

• Des consultations médicales gratuites au Zimbabwe

Face à un système défaillant les médecins s’organisent. Alors que le pays est en confinement total depuis lundi, un groupe de 14 médecins a décidé d’offrir des consultations gratuites par téléphone. Ils sont généralistes, dentistes, cardiologues, ou encore gynécoloques… et veulent éviter que les gens sortent de chez eux. Pour l’instant moins d’une dizaine de cas a été enregistré, mais le corps médical estime que ce chiffre est largement sous évalué en raison du peu de test de dépistage effectués.

Les patients peuvent appeler ou envoyer un message par Whatsapp et le médecin tente d’évaluer la gravité des symptômes. Il s’agit surtout d’éviter que les gens sortent de chez eux pendant cette période de confinement, expliquent le Docteur Sameh Said Geress, car les structures de santé du pays ne pourront face à une propagation de l’épidémie.

« Les gens sont inquiets car ils sont enfermés chez eux et se demandent qui va s’occuper d’eux s’ils ont un problème. S’ils ne se sentent pas bien, et qu’ils ont des vomissements, de la température, ou un mal de gorge –  cela peut être bénin  – mais  ils paniquent et se disent qu’ils ont attrapé le coronavirus. Quand ils nous appellent, nous leur demandons leurs symptômes, nous leur disons quoi prendre et que cela ira  mieux. »

Il ne s’agit pas d’ausculter les gens par téléphone, ajoute t-il, mais de faire le tri entre les cas bénins et ceux qui doivent se rendre à l’hôpital.

Le projet a été lancé lundi, au premier jour du confinement. Et ce cardiologue a déjà reçu plus de 150 demandes de consultation. « Nous espérons que d’autres médecins vont se joindre à cette initiative, ajoute t-il, car pour l’instant le confinement est prévu pour 21 jours, mais qui sait quand il prendra fin. »

• L’Afrique du Sud autorise le rapatriement de ses ressortissants

16 premiers Sud Africains sont arrivés de Doha et de Dubaï ce jeudi en Afrique du Sud. Ils sont actuellement en quarantaine. Un autre groupe de 16 personnes doit être rapatrié d’Allemagne cette semaine. 2 313 Sud Africains sont actuellement bloqués à l’étranger en raison de la pandémie selon le Dirco, le Département des relations internationales et de la coopération à Pretoria.

• Libérations de prisonniers en Éthiopie et au Burkina Faso… mais pas à Madagascar

La présidente éthiopienne, Sahle-Work Zewde, a annoncé jeudi sur Twitter la libération de 1 559 prisonniers supplémentaires, venant s’ajouter au 4 011 libérés le 25 mars pour lutter contre la propagation du virus Covid-19. Il s’agit de personnes condamnées à des peines de moins de 3 ans.

Au Burkina Faso, ce sont 1 207 détenus qui doivent être libérés. Le président Roch Marc Christian Kaboré a également annoncé des dispositions pour soutenir l’économie du pays.

À Madagascar, pour éviter la propagation du virus dans ses prisons surpeuplées, l’État vient d’annoncer la suspension des visites aux détenus. Insuffisant pour Amnesty International qui demande au gouvernement de libérer certains détenus pour éviter une catastrophe sanitaire. Les geôles du pays comptent 28 000 détenus (chiffres de juin 2019), presque trois fois plus que leur capacité d’accueil. La Grande île compte à ce jour officiellement 59 cas de coronavirus.

• La stratégie de l’Érythrée critiquée

La riposte du pays à la pandémie est « pour l’instant chaotique » selon le docteur Bereket Berhane, un célèbre médecin érythréen qui exerce aujourd’hui en exil. « La riposte pour l’instant a été chaotique, pour le moins. La communication du gouvernement semble uniquement destinée à rassurer la diaspora. »

De plus, le système de santé n’est pas prêt à faire face selon lui. « Depuis 10 ans près de 60% des diplômés en médecine ont fui le pays, depuis 2009, lorsque le gouvernement a pris un décret fermant toutes les cliniques privées du pays », explique-t-il. « S’il y a 4 ou 5 unités de soins intensifs dans la capitale, elles ne sont pas en mesure de fonctionner 24h/24, à cause des coupures d’électricité ou du manque d’eau propre. »

« Sur les 9 classes de médecins diplômés de la faculté de médecine d’Orota depuis son ouverture, 300 ont quitté l’Erythrée. Et c’est la même chose pour les autres métiers du secteur de la santé: pharmaciens, infirmiers, techniciens de laboratoire, etc. »

Face au risque de propagation du virus, la rapporteuse spéciale de l’ONU sur les droits de l’homme dans le pays et l’organisation Human Rights Watch appellent à la libération des nombreux prisonniers politiques, alors que le gouvernement d’Asmara a pour l’instant empêché la livraison de l’aide en équipement médical envoyé par le milliardaire chinois Jack Ma dans la région. 22 cas de Covid-19 ont pour l’instant été dénombrés en Érythrée

• Au Cameroun, les professionnels de santé sont inquiets

Cette semaine les syndicats du secteur CAP/SANTE et SYNPEMS ont adressé un courrier au ministre de la Santé pour dire leur préoccupation face à leurs conditions de travail et demander des moyens. Sylvain Nga Onana, président de CAP/SANTE témoigne du climat de peur qui s’empare du milieu : « Nous n’avons pas d’équipement adéquat pour non seulement nous protéger nous-mêmes, ni même dépister à temps ceux qui seraient infectés. Depuis que cela a commencé, il y a déjà des cas de personnel de santé contaminés », explique-t-il. De plus, selon lui, des malades sont renvoyés chez eux faute de moyens. « On leur dit qu’il n’y a pas de place, qu’il n’y a pas de lits. La conséquence, c’est que la maladie va de plus en plus se propager et que nous allons déplorer de plus en plus de morts. » 306 cas de Covid 19 sont désormais confirmés dont huit mortel.

« Nous n’avons pas d’équipement adéquat non seulement pour nous protéger nous mêmes, mais même pour dépister à temps ceux qui seraient infectés… »

RFI

 

Derniers articles sur Covid-19

Aller vers HAUT