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Coronavirus: l’état du monde face à la pandémie jeudi 2 avril 2020

Covid-19

iGFM-(Dakar) À travers la planète, près de la moitié de l’humanité est confinée et le seuil symbolique d’un million de personnes infectées pourrait être bientôt dépassé.

La France continue de compter les morts du coronavirus. Plus de 4 500 personnes sont décédées en un mois à l’hôpital. L’exécutif est sur le front pour tenter de contrer la défiance qui s’installe au sujet de sa gestion de la crise du coronavirus, et notamment autour de l’approvisionnement en masques. Ce matériel médical manque toujours cruellement aux personnels soignants et sera essentiel pour la sortie du confinement, à laquelle commence à réfléchir le gouvernement.

La bataille des masques

Comme l’épidémie, la compétition pour se procurer médicaments et équipements de protection est devenue mondiale. « Des masques commandés en Chine par la France sont rachetés en cash par les Américains sur le tarmac des aéroports chinois avant le départ des avions de livraison », regrette Jean Rottner, le président de la région française du Grand Est, particulièrement touchée par le virus.

« Les chambres mortuaires sont quasiment au maximum de leurs capacités d’accueil. Exemple en 3e semaine de mars, au niveau national, le nombre de morts a augmenté de 13% par rapport à l’année »

L’Espagne manque de moyens

Les hôpitaux espagnols sont déjà saturés. Après l’Italie, qui détient le triste record en nombre de victimes du Coronavirus (13 155), l’Espagne arrive en deuxième position avec plus de 10 000 morts.

Le pays manque terriblement de moyens. Certains médecins et infirmiers ne disposent que de sacs plastiques pour se protéger lors des consultations. Plus de 15 000 soignants sont eux-mêmes atteints par la maladie.

Les militaires ont été déployés dans toutes les régions pour faire face à l’épidémie : transporter des défunts et construire des hôpitaux de campagne.

L’Etat de droit menacé en Europe ?

Quatorze Etats européens ont mis en garde jeudi contre les violations de l’Etat de droit au sein de l’Union européenne. Au moment où le Premier ministre hongrois vient de s’octroyer des pouvoirs quasi illimités pour lutter contre le Covid-19.

« Dans cette situation sans précédent, il est légitime que les Etats membres adoptent des mesures extraordinaires pour protéger leurs citoyens et surmonter la crise », relèvent l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Grèce, l’Irlande, le Danemark, la Finlande, la Suède, la Lettonie, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas dans une déclaration commune. « Nous sommes toutefois profondément préoccupés par le risque de violation des principes de l’Etat de droit, de la démocratie et des droits fondamentaux découlant de l’adoption de certaines mesures d’urgence », ajoutent-ils.

Viktor Orban a obtenu cette semaine le feu vert du Parlement pour légiférer par ordonnances dans le cadre d’un état d’urgence d’une durée indéterminée. Et a instauré une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison pour la diffusion de « fausses nouvelles » sur le virus.

Multiplication des mesures restrictives à travers le monde

L’épidémie de coronavirus en Algérie a mis fin à plus d’une année de mobilisation populaire contre le pouvoir. Mais les autorités algériennes semblent profiter du contexte pour régler leurs comptes. Plusieurs journalistes, ayant couvert le « Hirak » ont été arrêtés et placés en détention, sans même avoir été jugés. Le régime algérien profite également de la situation pour museler les médias. Alors que le système de santé du pays est défaillant et que les hôpitaux peinent à faire face à l’épidémie, le gouvernement a lancé, comme en Hongrie, une véritable chasse aux sorcières. « Au sujet du Covid-19, toute personne qui donne des informations autres que celles du ministère de la Santé, et qui seraient transgressives, est arrêtée », dénonce depuis Alger un journaliste sous couvert d’anonymat.

« Situation désastreuse » en Syrie

Des voix au sein de l’opposition syrienne dénoncent également la censure mise en place par le régime. Selon Fadi Al Maari, un militant de l’opposition, le pouvoir de Bachar el-Assad tenterait de minimiser la gravité de l’épidémie dans le pays. « Contrairement à ce que prétend le régime syrien, la situation est désastreuse dans les zones qu’il contrôle », affirme le jeune homme contacté par WhatsApp. « Plusieurs médecins de Damas ont tenté d’alerter la population mais ils ont été arrêtés. Ces médecins ont révélé la présence sur le territoire syrien de combattants iraniens infectés et qui n’ont pas été mis en quarantaine. Ils ont propagé le virus en se baladant librement à Damas et à Alep. »

La République Islamique d’Iran, l’un des principaux alliés de la Syrie, est l’un des pays les plus touchés au monde avec plus de 3 000 morts liés au coronavirus.

Coopération israélo-palestinienne : trop beau pour être vrai

Aux premières heures de la crise, le coronavirus a favorisé un rare rapprochement entre Israéliens et Palestiniens. Mais avec la progression de la pandémie, certains, côté palestinien, se demandent si ce rapprochement n’était pas qu’un simple mirage.

Au cœur des tensions, le statut des quelque 70 000 Palestiniens qui ont un permis pour travailler en Israël.

Dans un premier temps, les deux camps se sont entendus pour que ces travailleurs retournent dans leur famille, ou restent en Israël jusqu’à la fin de la crise.

Le but était de limiter les mouvements de population dans l’espoir de minimiser la propagation du virus, alors que plus de 6 000 personnes infectées ont été recensées en Israël et plus d’une centaine en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par l’Etat hébreu.

Mais la population palestinienne a ensuite été choquée par une vidéo, devenue virale. On y voit un travailleur palestinien qui aurait été abandonné à un checkpoint par les autorités israéliennes qui le soupçonnaient d’être atteint de la maladie du Covid-19.

Couvre-feu à la Mecque et Médine

L’Arabie saoudite a imposé ce jeudi un couvre-feu total de 24 heures dans les villes saintes de l’islam, La Mecque et Médine, pour « lutter contre la pandémie du nouveau coronavirus ». Le pays est le plus touché par l’épidémie dans le Golfe.

Cette mesure renforce un couvre-feu partiel déjà en vigueur. Elle intervient dans un contexte d’incertitude quant au grand pèlerinage musulman. Le hajj, est censé se tenir fin juillet. Les autorités du royaume ont exhorté cette semaine les musulmans du monde entier à suspendre temporairement leurs préparatifs de voyage à La Mecque, qui rassemble chaque année près de trois millions de pèlerins.

Hécatombe aux Etats-Unis

Le Pentagone a annoncé jeudi avoir reçu une commande des autorités américaines pour 10 0000 housses mortuaires destinées aux agences de santé. Alors que l’épidémie de Covid-19 explose aux Etats-Unis, devenus le pays le plus touché au monde avec plus de 200 000 personnes infectées et plus de 5 000 morts.

La moitié de l’humanité en confinement

Plus de 3,9 milliards de personnes, soit la moitié de la population mondiale, sont désormais confinées chez elles pour lutter contre la propagation du Covid-19, selon un comptage réalisé ce jeudi par l’AFP. Et le seuil symbolique d’un million de personnes infectées pourrait être bientôt dépassé.

Ces mesures (confinements obligatoire ou recommandé, couvre-feux, quarantaines), concernent plus de 90 pays ou territoires. C’est avec l’instauration d’un couvre-feu en Thaïlande (en vigueur à partir de ce vendredi), que le seuil de 50% de l’humanité confinée sera atteint. L’ONU estime à 7,8 milliards la population mondiale en 2020.

RFI

 

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