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Coronavirus : l’état du monde face à la pandémie le mercredi 8 avril

Covid-19/International

iGFM – (Dakar) – La pandémie de coronavirus a déjà causé plus de 82 700 morts à travers le monde. Si l’Europe reste la région la plus touchée, les États-Unis ont enregistré plus de 2 000 morts en seulement 24 heures, un record. En Chine, le berceau de l’épidémie a enfin rouvert ses portes, des milliers de personnes ont quitté la ville de Wuhan après deux mois et demi de confinement.

Outre un lourd bilan humain, la crise du Covid-19 provoque une récession économique inédite depuis la Seconde Guerre mondiale. Le chômage explose partout dans le monde. Plus de 3 milliards de personnes sont concernées par la fermeture totale ou partielle de leurs lieux de travail. Les échanges mondiaux devraient enregistrer en 2020 une contraction comprise entre 13 % et 32 % en 2020, selon l’Organisation mondiale du Commerce.

  • Le confinement prolongé en France, Macron s’exprimera lundi

Le confinement des Français « va être prolongé » au-delà du 15 avril et Emmanuel Macron s’exprimera lundi 13 avril peu après 20h pour présenter ses décisions concernant la lutte contre l’épidémie durant les prochaines semaines, a indiqué l’Elysée. La présidence n’a pas précisé la nouvelle durée du confinement, un sujet que pourrait aborder le chef de l’Etat en ce lundi de Pâques, dans cette quatrième allocution télévisée depuis le 12 mars.

Avec plus de 10 869 morts, le bilan humain de l’épidémie de coronavirus grimpe encore dans l’Hexagone. Cinq cent quarante-et-un nouveaux décès sont à déplorer sur les dernières 24 heures, a indiqué ce mercredi 8 avril le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, lors d’un point quotidien. Ce nouveau bilan ne comprend toutefois pas de nouveaux chiffres en provenance des Ehpad et autres établissements médico-sociaux, qui n’ont pu être actualisés en raison d’un « problème technique », a-t-il précisé. Plus de 7 000 patients sont encore en réanimation. « Un indicateur que l’épidémie continue sa progression », a relevé Jérôme Salomon. Il a estimé que « le pic reste devant nous ».

La maladie pourrait avoir touché jusqu’au porte-avions nucléaire Charles-de-Gaulle, où une quarantaine de marins porteurs de « symptômes compatibles » font l’objet d’une « observation médicale renforcée », selon le ministère des Armées.

L’économie française est quant à elle heurtée de plein fouet par l’épidémie de Covid-19. Dès le premier trimestre, le produit intérieur brut a plongé de près de 6 % en conséquence du confinement, laissant augurer une récession d’une ampleur inédite en France cette année. L’Etat se tient prêt à renflouer le capital d’Air France et de Renault face à la crise du coronavirus, a indiqué ce mercredi 8 avril le ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Ce dernier s’est montré très irrité après l’échec de la réunion des ministres européens des Finances. « Notre responsabilité collective désormais est d’aboutir à un accord dans les 24 heures. Un échec est impensable », a-t-il affirmé.

  • L’Europe divisée sur la riposte économique

L’Union ne fait pas la force face au coronavirus. Les ministres européens des Finances ne sont pas parvenus à s’entendre ce mercredi, après une nuit de discussions, sur une réponse économique commune face au coronavirus. « Après 16 heures de discussions, nous nous sommes rapprochés d’un accord, mais nous n’y sommes pas encore », a annoncé son président, Mario Centeno, qui a convoqué une nouvelle réunion jeudi.

Certains pays d’Europe, plus à cheval sur la rigueur budgétaire, comme les Pays-Bas, se montrent intransigeants vis-à-vis de leurs partenaires qui réclament un plan de relance ambitieux pour aider les Etats affaiblis, tels l’Italie et l’Espagne, à se remettre du choc. Principale pierre d’achoppement : l’idée d’un endettement commun ainsi que le recours au fond de secours de l’Eurogroupe.

De son côté, la branche européenne de l’Organisation mondiale de la Santé a déclaré ce mercredi qu’en dépit de « signes positifs » observés dans certains pays de la région, il était trop tôt pour réduire les mesures afin de contenir la propagation du nouveau coronavirus. Avec plus de 750 000 cas de contamination officiellement diagnostiqués, l’Europe totalise plus de la moitié du bilan mondial.

  • L’état de Boris Johnson « s’améliore »

Au Royaume-Uni, le Premier ministre Boris Johnson est toujours en soins intensifs. « Les nouvelles sont rassurantes », a affirmé son porte-parole, « il respire sans assistance ». « Son état s’améliore », a abondé le ministre des Finances mercredi soir. Le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab, qui assure l’intérim, devrait prolonger le confinement dans le pays qui a enregistré 938 morts sur les dernières 24 heures ce mercredi, un record, portant le bilan total de la pandémie à 7 097 décès pour officiellement 60 733 personnes contaminées.

  • Des signes encourageants en Italie

L’Italie, reste le pays le plus endeuillé avec 17 127 décès pour 135 586 cas. La situation s’est notamment stabilisée à Rome, avec une légère baisse du nombre des admissions à l’hôpital. Mais le sud du pays, encore relativement épargné, craint le pire si la vague devait frapper de plein fouet un système hospitalier en bout de course. En outre, le ministère de l’Intérieur a affirmé ce mercredi que les ports resteraient fermés aux bateaux humanitaires souhaitant débarquer des migrants rescapés.

L’Espagne est toujours en deuxième position de ce podium macabre avec 14 555 morts pour 146 690 cas recensés. Les autorités sanitaires espagnoles s’inquiètent d’une nouvelle hausse du nombre de morts après une récente accalmie : 757 personnes sont mortes en seulement 24 heures mercredi.

En République tchèque, le ministre de la Santé a déclaré mercredi que son pays avait dépassé le pire et réussi à arrêter une propagation incontrôlée de la maladie Covid-19. « Nous pouvons nous préparer à un retour progressif et sous contrôle à la vie normale », a déclaré Adam Vojtech. Mercredi, la République tchèque enregistrait 5 033 cas confirmés de virus, dont 181 patients guéris et 91 décès.

  • New-York : épicentre de l’épidémie aux Etats-Unis

Aux États-Unis, près de 2 000 personnes contaminées par le Covid-19 sont mortes au cours des dernières 24 heures. Il s’agit du pire bilan journalier dans le monde depuis le début de la pandémie. Le nombre de morts ne cesse de croître dans le pays alors que Donald Trump a menacé de suspendre la contribution américaine à l’Organisation mondiale de la Santé. Le président américain a engagé de nouvelles discussions avec le Congrès pour débloquer 250 milliards de dollars supplémentaires pour préserver l’emploi.

En première ligne : l’État et la ville de New York. Ces dernières 24 heures, 779 personnes sont mortes des suites du Covid-19 dans les hôpitaux de la ville. Pourtant les autorités s’accrochent à de timides signes d’espoir : « le chiffre des nouvelles infections est en baisse », a annoncé Andrew Cuomo, le gouverneur de l’Etat de New York. Le nombre des nouvelles hospitalisations liées au Covid-19 semble se stabiliser mais selon, Andrew Cuomo, « il est trop tôt pour dire s’il s’agit là d’un recul du virus ou seulement d’une stagnation temporaire ».

Les Américains ne sont pas tous égaux face à la pandémie. La ville industrielle de Détroit, ravagée par la crise économique de 2008, où un tiers de la population vit dans la pauvreté, est fortement touchée par le virustout particulièrement la population afro-américaine.

Malgré la crise sanitaire engendrée par la pandémie de Covid-19, les États-Unis n’ont pas suspendu les expulsions de migrants en situation irrégulière et arrêtés sur leur territoire. Mardi 7 avril, 68 Haïtiens ont été renvoyés à Port-au-Prince. Une opération largement dénoncée tant aux États-Unis par des élus du Congrès qu’en Haïti explique notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron.

  • Maduro ordonne l’hospitalisation de tous les malades

Au Venezuela, le président Nicolas Maduro a donné l’ordre d’hospitaliser la totalité des personnes contaminées par le nouveau coronavirus, tout en assurant que le système hospitalier du pays en crise comptait plus de 20 000 lits prêts à les accueillir. Selon sa vice-présidente Delcy Rodriguez, 166 cas de coronavirus et sept décès liés à la maladie ont été recensés dans le pays. Jusqu’à présent, les personnes contaminées par le coronavirus étaient obligées de se confiner chez elles et les cas les plus graves étaient conduits dans des dispensaires, cliniques et hôpitaux. Les experts indépendants du Réseau de défense de l’épidémiologie nationale affirment cependant que le pays sud-américain de 30 millions d’habitants n’a que 206 places en soins intensifs, dont la moitié à Caracas.

Sur le continent américain, de nouveaux pays sont frappés par la pandémie. Le Bélize, les Îles Vierges américaines et la Barbade ont annoncé les premiers décès liés au virus sur leur sol.

  • Euphorie à Wuhan

Les douze coups ont retenti. À minuit, la ville de Wuhan, épicentre de la pandémie de coronavirus, rouvrait ses portes. Des dizaines de milliers de voyageurs se sont rués mercredi dans les gares routières et ferroviaires pour quitter cette mégapole de 11 millions d’habitants après la levée de deux mois et demi de bouclage. L’aéroport a recommencé à accueillir des passagers et de nombreux automobilistes ont pris la route.

Les contrôles sanitaires restent toutefois stricts. Avant de sortir de chez eux, les habitants devaient présenter un QR code aux autorités. Un système de traçage numérique a également été mis en place. Avec seulement deux morts recensés au cours des dernières 24 heures, la Chine voit le bout du tunnel. Le pays où l’épidémie a débuté fin décembre, a dénombré au total 81 802 cas, dont 3 333 décès et 77 279 guérisons.

Les mesures sanitaires se renforcent dans certains pays d’Asie du Sud-Est jusque-là plutôt épargnés par la pandémie. Après avoir loué sa rigueur dans le suivi des contaminations, Singapour entre en confinement rapporte notre correspondante dans la région Gabrielle Maréchaux. En Indonésie, les autorités ont fini par prendre des mesures après avoir relativisé les risques de contamination dans l’archipel. Dans la capitale, Jakarta, les écoles sont fermées et de nombreux lieux de travail ont baissé le rideau. L’Université de Jakarta estime qu’il pourrait y avoir 240 000 morts en Indonésie, où il y a seulement 4 médecins et 12 lits d’hôpitaux pour 1 000 habitants.

  • L’iran réclame l’aide du FMI

Le Moyen-Orient, à l’exception de l’Iran où le virus a déjà fait officiellement près de 4 000 morts, semble moins touché que d’autres zones. Au total, la région compterait 298 morts et près de 22 000 personnes auraient été testées positives au virus, si l’on s’en tient aux données officielles. Avec quelque 8 500 cas de contamination, la péninsule Arabique est l’une des zones les plus touchées.

Dans le sultanat d’Oman, au Qatar et aux Emirats arabes unis, des organisations de défense des droits humains ont appelé mercredi les trois monarchies à débloquer les appels par internet, afin de permettre à leur importante population de travailleurs étrangers de rester en contact avec leurs familles au pays en pleine pandémie de coronavirus.

En Iran, le président Hassan Rohani a exhorté mercredi le Fonds monétaire international à octroyer à son pays un prêt urgent de cinq milliards de dollars qu’il avait demandé pour lutter contre la pandémie. « Nous sommes un membre du FMI. S’il devait y avoir discrimination entre l’Iran et d’autres pour l’octroi de crédits, ni nous ni l’opinion en général ne tolérerait cela », a-t-il affirmé. Les autorités iraniennes ont annoncé mercredi 121 décès supplémentaires dus au nouveau coronavirus, ce qui porte à 3 993 morts le bilan officiel en Iran. Téhéran n’a plus reçu d’aide du FMI depuis un crédit dont l’Iran a bénéficié entre 1960 et 1962, soit avant l’avènement de la République islamique en 1979.

  • Confinement strict en Israël pour la Pâques juive

En Israël, la Pâque juive commence ce mercredi 8 avril soir. Un confinement strict est imposé depuis mardi soir jusqu’à vendredi et un couvre-feu a été déclaré, explique notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil. Les Israéliens doivent rester chez eux pour célébrer le « séder », le réveillon de Pâque. L’armée a également été déployée à Bnei Brak, ville près de Tel-Aviv à majorité ultra-orthodoxe, où un confinement a été imposé suite à des taux record de contamination. À Gaza, seuls 13 cas ont été recensés.

Auteur : Rfi

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