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Demba Gaye, étudiant sénégalais à Moscou : « Nous risquons d’être rapatriés si nous brisons le confinement »

Covid-19/Une

iGFM-(Dakar) Jour après jour, la Russie serre un peu plus la vis à cause du Coronavirus qui a contaminé plus 3000 personnes dont plus de 30 morts. D’ailleurs, le Président Vladimir Poutine a décrété depuis une semaine un confinement total notamment à Moscou la capitale l’épicentre de la maladie avec plus de 2000 cas recensés. Une situation qui inquiète de plus en plus les Sénégalais établis dans ce pays de l’Europe de l’Est. Demba Gaye, cet étudiant sénégalais à Moscou le confirme dans cet entretien accordé à IGFM.

Depuis 4 ans vous vivez à Moscou l’épicentre du Coronavirus en Russie. Décrivez-nous la situation?

Nous sommes en plein confinement. On a d’abord débuté avec le confinement partiel. Ça a duré un mois avant le confinement total qui a démarré fin mars. C’est pour un mois. On ne sort pas, tout est arrêté, les cours, le travail. Seuls les pharmacies et supermarchés sont ouverts.Mais, les salaires seront payés. Donc, c’est chômé payé. Il y a des décès en Russie, mais c’est Moscou l’épicentre. Il y a beaucoup plus de décès à Moscou que dans les autres villes. C’est pour cela que la surveillance est très stricte ici. A moins que tu aies une priorité, si c’est le contraire, tu ne dois pas sortir. Si tu sors, tu risques d’avoir de sérieux problèmes.

Quels types de problèmes ?

Si tu es un étranger, tu risques le rapatriement quand tu brises le confinement. Donc, c’est vraiment très compliqué même si j’ai duré dans ce pays. Bien vrai que tout est bloqué et que tu as du mal à sortir. Parfois, ta nourriture peut finir et que tu aies envie de sortir pour acheter, mais tu as peur parce que tu te dis que quelque chose peut t’arriver.

Comment faites-vous pour survivre ?

C’est compliqué pou tout le monde. Si tu es dans un pays étranger et que tu n’as pas de ressources pour s’en sortir, c’est difficile. C’est d’ailleurs pour cette raison que je préfère acheter en quantité comme ça je pourrai rester deux ou trois semaines avant de ressortir. En plus, on ne sait pas à quand la fin du confinement parce que les cas augmentent de jour en jour notamment ici à Moscou. C’est ça le véritable problème mais on gère.

Cette situation pousse sûrement vos parents à s’inquiéter…

Mes parents m’appellent tous les jours pour avoir de mes nouvelles. Ils sont inquiets, je l’avoue. Ils me disent de prendre mes précautions et éviter de serrer la main. Même quand j’ai mal à la tête, ils s’inquiètent. C’est normal qu’ils s’inquiètent surtout que je suis loin de ma famille, avec ce virus qui sévit le monde. Mais, j’essaie de prendre mes précautions.

Avez-vous eu le soutien des autorités diplomatiques ?

Je suis en contact avec les autres étudiants car je suis en étroite collaboration avec l’ambassade du Sénégal à Moscou. Ils se portent bien. Il y a trois jours, la nouvelle consule m’a appelé pour avoir des informations sur les étudiants sénégalais à Moscou. Elle voulait savoir si tout le monde allait bien. Même l’ambassade Abdou Salam Diallo a écrit une lettre dans laquelle il demande aux étudiants de respecter les consignes. Il m’a aussi appelé. Mais en tant que coordonnateur de l’APR à Moscou, on est en train de trouver une stratégie pour apporter notre soutien aux étudiants. C’est en étroite collaboration avec l’ambassade.

Réalisé par Mamadou Salif GUEYE

 

 

 

 

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