Deux Korités, la solution, faut-il juger Sonko…: Les vérités du fils d'Al Amine

dimanche 16 mai 2021 • 2197 lectures • 3 commentaires

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Deux Korités, la solution, faut-il juger Sonko…: Les vérités du fils d'Al Amine

L’affaire Ousmane Sonko, les divergences dans l’observation du croissant lunaire, ou encore le nouveau découpage administratif qui fait polémique, Cheikh Tidiane Sy Al Amine a évoqué les questions saillantes de l’actualité lors du grand jury de la Rfm. Ci-dessous des passages forts.

Deux korités, le noeud du problème

«Ca devient une tradition de voir deux korités deux tabaski au Sénégal. le calendrier musulman est aujourd’hui sujet à polémique dans notre pays entre deux conceptions. L’observation par la différence et l’unité d’observation. Le Sénégal est l’exception à la règle car c’est le seul pays dans le monde où nous avons deux conception dans le même pays. Tous les pays ont adopté un principe, mais nous nous avons exceptionnellement adopté cette dichotomie qui fait que les courants soufis en général sont dans l’observation différentiel dans le même pays (…) aujourd’hui c’est un problème. J’ai l’habitude de dire que tout le monde a raison. Mais que les gens ne sont pas raisonnables. On aurait pu s’entendre.»

"Nos confréries se regardent souvent en chiens de faïence..."

«Il y a un problème de confiance entre  les musulmans de ce pays. Ce problème de confiance est un peu lié à nos affiliations confrériques ou religieuses. Ce qui fait que nos différentes confréries se regardent souvent en chiens de faïence. Chacun attendant que l’autre fasse la moindre erreur pour lui appliquer sa guillotine. Je  pense qu’il est important aujourd’hui que les musulmans se mettent autour d’une table qu’ils soient plus raisonnables dans leur manière de percevoir certains principes de l’histoire. J’ai toujours dit que DIEU ne nous punira pas parce que nous avons voulu être ensemble.»

La solution pour sortir du cercle vicieux

«Aujourd’hui, l’essentiel est que les sénégalais se retrouvent autour de l’essentiel, qu’ils choisissent un courant de pensée qui leur permette de se mettre d’accord sur un principe  d’observation de la lune. Et à partir de là, tous les aspects liés l’aspect scientifique, comment intégrer les scientifiques, l’aspect organisationnel, est ce qu’il faut garder la Conacoc telle quelle etc.»

Les 2 Korités et la non implication de l’Etat

«Aujourd’hui il y a un ministère en charge du culte, qui  est le ministère de l’Intérieur. Il n’est pas, pour moi, normal, que lorsqu’il s’agit de Magal de Gamou, que le ministère de l’Intérieur s’implique et que lorsqu’il s’agit de principes religieux, le ministère ne veuille pas s’impliquer. Je peux comprendre que les politiques ne veuillent pas trop s’immiscer dans la religions. Mais dans l’organisation  le ministère peut apporter un coup de pouce. Notamment dans l’utilisation des services décentralisés pour pouvoir sécuriser le schéma     d’observation. Aujourd’hui c’est une association privée qui gère l’observation. Il va falloir qu’il y ait plus de collaboration avec l’Etat avec, pourquoi pas, un comité issu du ministère avec  la supervision des différents comités religieux qu’il y ait une certaine représentation. Je pense qu’il faut aller vers une institutionnalisation  avec l’implication des comités religieux, notamment les khalifes généraux, qui doivent crédibiliser le système en ayant des représentants.»

Conacoc, une solution avant la Tamxarite

«Les personnes qui sont au sein de cette Conacoc sont en train de travailler avec les conseillers du ministre en matière de religion  avec l’appui du cadre unitaire de l’Islam au Sénégal pour trouver un schéma organisationnel qui pourrait nous amener dans les deux à trois mois vers une situation normalisée. Le Sénégal regorge de personnes ressources assez averties pour atteindre l’objectif que nous nous sommes assignés. C’est-à-dire, avant la Tamxarite, avoir un comité revu et remodelé qui puisse poursuivre cette mission de scrutation de la lune dans les meilleures conditions.»

"Comment Macky était lors des évènements de mars"

« Il était serein. Les chefs sont souvent assez forts pour être en face de situations difficiles et être sereins. C’est pour cela qu’on les choisit pour être nos chefs. Il était serein, il a montré toute son ouverture d’esprit, sa capacité au dépassement lorsque le pays avait besoin de cela. C’est comme ça que les religieux doivent être avec le président de la République. Nous ne devons pas être dans une logique de confrontation entre religieux et temporel.»


"Poursquoi le dossier Sonko a des relents politiques..."

«Il est évident que dans le dossier Ousmane Sonko, du fait de la qualité  de la personne qui est impliquée, le dossier a des relents politiques. Aujourd’hui, je pense qu’il est impossible de sortir ces relents politiques  du dossier. Par contre la justice doit être assez neutre pour ne pas tenir compte de ces relents politiques et juger en toute responsabilité. Je ne suis pas de ceux qui disent qu’il faut le juger. Moi je dis que c’est le rôle du juge d’instruction de dire est ce qu’il faut le juger ou pas et est ce qu’il faut un non-lieu ou non.»

"On aurait pu éviter ce nouveau redécoupage"


«Le moment n’était pas opportun. À 7 ou 8 mois d’une élection, qu’on demande un nouveau redécoupage, ça peut amener des suspicions et vicier le processus électoral. Je pense  que les décisions sont parfois prises dans une situation où cela peut engendrer des vices de forme. Il faudrait que  nos gouvernants puissent éviter ce genre de situation qui pourraient amener le pays vers des situations difficiles. On aurait pu éviter ce nouveau redécoupage pour éviter au pays d’entrer dans une nouvelle escalade. D’autant plus que nous sortons d’une escalade et que nous avons une paix assez fragile.»

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Publié par

Youssouf SANE

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