Evasion fiscale: Un président africain éclaboussé dans l'affaire Pandora Papers

lundi 4 octobre 2021 • 333 lectures • 0 commentaires

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Evasion fiscale: Un président africain éclaboussé dans l'affaire Pandora Papers

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iGFM-(Dakar) Plusieurs chefs de gouvernement, dont le Premier ministre tchèque et le roi de Jordanie, ont dissimulé des avoirs dans des sociétés offshore, notamment à des fins d'évasion fiscale, selon une enquête publiée dimanche par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ). Les présidents du Kenya et d'Equateur sont également visés.

L'enquête baptisée "Pandora Papers", à laquelle ont collaboré environ 600 journalistes, certains travaillant pour les titres de Tamedia, s'appuie sur quelque 11,9 millions de documents, qui proviennent de 14 sociétés de services financiers. Elle a mis au jour plus de 29'000 sociétés offshores.

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Selon ces documents, le roi Abdallah II de Jordanie a créé au moins une trentaine de sociétés offshore, dans des pays ou territoires à fiscalité avantageuse. Par le biais de ces entités, il a acheté 14 propriétés de luxe aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, pour plus de 106 millions de dollars.

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Quant au Premier ministre tchèque, Andrej Babis, il a placé 22 millions de dollars dans des sociétés écrans qui ont servi à financer l'achat du château Bigaud, une grande propriété située à Mougins, dans le sud de la France.


Le président équatorien Guillermo Lasso a lui logé des fonds dans deux trusts dont le siège se trouve aux Etats-Unis, dans le Dakota du Sud.


Un total de 336 dirigeants
Au total, des liens ont été établis par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) entre des actifs offshore et 336 dirigeants et responsables politiques de premier plan, qui ont créé près de 1000 sociétés, dont plus des deux tiers aux Iles Vierges britanniques.


Parmi les personnalités exposées, se trouvent également la chanteuse colombienne Shakira, le mannequin allemand Claudia Schiffer ou la légende indienne du cricket Sachin Tendulkar. Apparaissent aussi les noms de l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, qui a réalisé l'achat d'un bien immobilier à Londres par le biais d'une société à l'étranger, et de l'ancien ministre français Dominique Strauss-Kahn.


L'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) a fait transiter plusieurs millions de dollars d'honoraires de conseil à des entreprises par une société marocaine exempte d'impôts, selon les documents examinés par l'ICIJ.


Très souvent légal
Dans la plupart des pays, ces faits ne sont pas susceptibles de poursuites, mais dans le cas des dirigeants, l'ICIJ met en parallèle le discours anti-corruption tenu par certains d'entre eux avec leurs placements dans des paradis fiscaux.


Le président kényan Uhuru Kenyatta a ainsi maintes fois affirmé sa détermination à lutter contre la corruption dans son pays et à obliger les officiels kényans à la transparence quant à leur patrimoine. Pourtant, selon le volet des "Pandora Papers" qui lui est consacré, le chef de l'Etat kényan possède une fondation au Panama, et plusieurs membres de sa famille directe possèdent plus de 30 millions de dollars logés dans des comptes offshore.


Créé en 1997 par le Centre américain pour l'intégrité publique, l'ICIJ est devenu une entité indépendante en 2017. Son réseau compte 280 journalistes d'investigation dans plus de 100 pays et territoires, ainsi que quelque 100 médias partenaires.


Le consortium s'est fait connaître, début avril 2016, avec la publication des "Panama Papers", une enquête appuyée sur quelque 11,5 millions de documents provenant d'un cabinet d'avocats panaméen.

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Publié par

Birame Ndour

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