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Hamady Ounaré : la population mène une intifada à travers les rues

Société

iGFM-(Dakar) L’ébruitement de la mort de la jeune Diaga Kassé, mortellement heurtée par un véhicule de la gendarmerie, va soulever l’ire des jeunes du village  de Hamady Ounaré. En masse, ils ont improvisé, le lendemain samedi, une véritable intifada à travers les rues de la commune, en scandant des slogans hostiles aux hommes en bleu, indexant l’insécurité dans leur zone. Àvec des pneus brûlés et des pierres, ils ont érigé des barrières sur différentes artères, pour ensuite en découdre le lendemain avec les forces de l’ordre. Les jeunes ne voulaient pas que les gendarmes soient du cortège qui accompagnait la défunte à sa dernière demeure, au cimetière de  Padalal. C’est ainsi que le corbillard qui a convoyé la dépouille de la défunte à Hamady Ounaré, en provenance de la morgue de l’hôpital de Ourossogui, sera retenu des heures durant par les habitants du village. Des jeunes surexcités juraient que le corbillard ne traversera jamais leur localité, avec des gendarmes, ouvertement accusés d’être les auteurs de cet homicide involontaire. Après une chaude matinée,  les jeunes vont progressivement revenir à la raison, à la faveur de plusieurs médiations. Les gendarmes qui entre temps, ont bénéficié de renforts, vont obtenir gain de cause et participer au cortège qui accompagne la défunte jusqu’au cimetière de son village. Ils ont assisté à l’inhumation.

Qui est la défunte Diaga Kassé?

En quittant son village de Padalal pour se rendre à Hamady Ounaré pour présenter ses condoléances à un parent,  la jeune Diaga Kassé ne savait certainement pas qu’elle avait rendez-vous avec la mort. D’après nos sources, celle-ci, après avoir pris son dîner cette nuit, a  décidé de faire quelques achats dans la boutique du coin. Malheureusement, une fois dans la rue, elle sera mortellement heurtée par le véhicule de la gendarmerie. Sa mort a plongé tout un village dans une profonde consternation. Ses proches, toujours inconsolables, la décrivent comme une femme exemplaire.

A l’image des jeunes filles de sa génération, elle avait été donnée très tôt en mariage à un parent domicilié au village de  Sinthiane à l’autre rive en Mauritanie.  De cette union sont  nés trois enfants. Son mariage finira par être rompu. Mme Sarré née Diaga Kassé est retournée chez ses parents en compagnie de trois enfants. Elle vient juste d’y passer une année. D’après nos sources, la défunte était très liée à ses enfants. «Chaque matin, c’est elle-même qui conduisait son fils, en Ci, jusqu’à l’école du village. Elle laisse derrière elle ces trois orphelins, inconsolables»

Pourquoi les gendarmes n’ont pas été poursuivis pénalement

L’accident mortel de Hamady Ounaré sanctionné par la mot de la dame Diaga Kassé, mortellement percutée par des gendarmes du poste de Ndendory, continue de susciter l’indignation générale dans la commune de Hamady Ounaré et environs. Dans cette partie nord du pays, des voix continuent de s’élever pour dénoncer ce qui est qualifié ici de «bavure» des gendarmes de Ndendory. Les hommes en bleu sont explicitement accusés du crime d’homicide involontaire. «Nous ne comprenons pas pourquoi les gendarmes qui ont tué la dame Diaga Kassé ne sont pas inquiétés. Ce n’est pas normal, il s’agit quand même d’une perte en vie humaine et les auteurs sont clairement identifiés», a martelé, sous le couvert de l’anonymat, un jeune qui a pris part aux manifestations à Hamady Ounaré.

En réponse à cette inquiétude, des sources proches de la gendarmerie précisent que légalement, ces gendarmes ne peuvent être poursuivis. Il s’explique : «Il est évident que les gendarmes indexés ont agi dans l’exercice de leurs fonctions. Ils étaient en service commandé. Les faits le démontrent amplement. Ils effectuaient une opération de sécurisation nocturne lorsqu’ils se sont mis à la poursuite d’un suspect. C’est au cours de cette course poursuite que l’accident mortel est malencontreusement survenu. Il y a certes mort, mais l’homicide est intervenu alors que les gendarmes exerçaient régulièrement une mission commandée.»

Abdou MBODJ

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