"J'ai agi sous le coup de la colère et de la jalousie..."

mardi 31 août 2021 • 2006 lectures • 4 commentaires

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IGFM - La jeune chanteuse Dieynaba Baldé et ses présumés complices seront fixés sur leur sort le 7 septembre prochain. Le parquet a requis l’application de la loi contre eux. Les prévenus sont retournés en prison en attendant le verdict qui sera rendu le 7 septembre 2021.

La chanteuse Dieyna Baldé, son frère Amadou Aly Baldé et leur ami Abou Moustapha Ba dit Pape, ont comparu à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar pour les faits de vol commis la nuit, de collecte illicite de données à caractère personnel, extorsion de fonds et complicité.


Devant le prétoire, la chanteuse a reconnu seulement les faits de vol de téléphone. Dans ses explications, elle a soutenu avoir pris les messages que son « amour » échangeait avec des filles et les a envoyés à ses deux téléphones. « Personne ne l’a menacé », a démenti la chanteuse qui dit n’avoir jamais pensé que ce dernier la tromperait.  « Mes proches m’appelaient pour me mettre en garde sur son infidélité, mais j’ai manqué d'attention.  Le 14 août dernier, j’ai voulu en avoir le cœur net et j'ai pris son téléphone alors qu'il dormait. Je voulais confirmer mes soupçons », a-t-elle affirmé avant de rejeter l’accusation selon laquelle elle a pris les clés de son véhicule. « J’ai agi sous le coup de la colère et de la jalousie. Son bien, c’est le mien. J’ai tous ses codes. Je ne pensais pas que les choses en arriveraient là », regrette-t-elle.


Poursuivi pour complicité, le frère de la jeune chanteuse, en l’occurrence Amadou Aly Baldé, a battu en brèche les faits de complicité de vol et de collecte illicite de données personnelles qui lui sont imputés. «Je ne lui ai jamais conseillé le vol. Je n'ai pas vu le téléphone », souligne-t-il pour dégager toutes ses responsabilités dans cette affaire. L’autre prévenu, Abou Moustapha Ba dit Pape, a embouché la même trompette en niant les faits qui lui sont imputés.


Brill : « On m’a dit qu’elle fréquente des ministres »


Invité à donner sa version des faits, le rappeur et non moins producteur Djibril Mbaye Fall a dévoilé la quintessence des messages menaçants qu’il a reçus. A l’en croire, il recevait des messages de ce genre : « j’ai ton téléphone et tes données. Je vais te détruire et détruire ta carrière. Il faut rompre avec elle sinon nous allons publier tes photos ». Des photos qui, selon la partie civile, n’ont aucun caractère sexuel. « De la même manière qu’on l'a averti de mon infidélité, on m’a prévenu en me disant qu’elle n’est pas fidèle, qu’elle fréquente des ministres et autres personnalités », a révélé la partie civile.


L’un des avocats de la chanteuse, Me Soumaré, estime que les choses auraient pu ne pas en arriver là. D’après lui, la partie civile désire ardemment retrouver la prévenue. Son confrère, Me Abou Diallo, avocat du rappeur, a abondé dans le même sens en soutenant que son client a pardonné à la prévenue, d’autant qu’elle a agi par jalousie. « Il n'aurait jamais porté plainte s'il savait que c'était Dieyna qui avait pris son portable. Au nom de mon client, nous demandons pardon pour qu'elle rentre chez elle. Elle est jeune et a besoin de ses parents. Mon client se désiste et ne réclame rien », plaide-t-il. Pour Me Mamadou Ciss, la prévenue doit être aidée.  Pour sa part, Me Domingo Dieng indique que ça ne sert à rien de capturer des images et de vilipender la personne. Il constate, pour s’en désoler, que ce sont des faits qui sont banalisés. Le parquet a requis l’application de la loi.


Les avocats de la défense ont plaidé à titre principal lla relaxe et subsidiairement la clémence.


Me Daff, avocat de la défense : « ma cliente est victime...»


Pour Me Daff, sa cliente est victime des personnes qui ont le double de son âge.  « Il a 16 ans de plus qu'elle. Elle a trop donné sa carrière et son cœur. C'est le procès de la honte. Elle est loin d'être dans le besoin », plaide-t-il. Me Barro pense, quant à lui, que c’est une histoire entre amis qui a mal tourné. La place de sa cliente, dit-il, n’est pas en prison. Me Anta Mbaye a reproché à ses confrères de la partie civile de faire un jugement moral. Me Ciré Clédor Ly ajoutera que la prévenue a besoin d’être aidée car elle est encore une enfant. « Elle est encore mineure, elle n'a jamais eu l'intention de mal agir. Il n’y a pas d’extorsion, ni de collecte de données à caractère personnel car nous sommes dans le cadre de données informatiques encore qu'elle a acquis le code à partir de Brill et pas de manière déloyale », a plaidé l’avocat qui demande la relaxe de sa cliente.


L’affaire est mise en délibéré pour le 7 septembre. Le juge a rejeté la demande de mise en liberté provisoire.

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Publié par

Daouda Mine

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