«J’ai échappé de justesse à la mort…»

Société

IGFM – Séni Ndiaye, le vigile blessé par les malfaiteurs lors de l’attaque de la Station-Service «Edk» de Sanar Peulh, revient de loin. Ayant échappé de justesse à la mort, il revient sur le film des événements.

Vigile à la Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (Cncas), Séni Ndiaye (54 ans), marié et père de 5 enfants, a frôlé la mort. Surpris dans la nuit du dimanche au lundi dernier dans son lieu de travail par une bande de cambrioleurs aux environs de 3 heures du matin, il a passé un sale quart d’heure entre les mains des assaillants. La victime, qui s’en est sorti avec une fracture au bras et à la mâchoire, a été interné à l’hôpital, où il a été admis aux Urgences.

Natif de Diougoup Peulh, il s’est rétabli assez vite pour raconter dans les moindres détails, l’attaque perpétrée contre la station-service Edk et portant l’empreinte d’une bande de malfaiteurs. «La nuit des faits (dimanche dernier à 3 heures du matin), alors que j’étais assis sur une chaise devant la porte de l’agence de la Cncas discutant avec un collègue, qui égrenait son chapelet en déambulant pour se dégourdir les jambes, j’ai eu la peur de ma vie. Un véhicule de type 4X4 venant de Savoigne, roulant lentement, faisait mouvement vers la banque Cncas, les feux en détresse allumés. Mon collègue et moi ne nous doutions de rien. Nous pensions que c’étaient des douaniers qui procédaient, comme à l’accoutumée, à des patrouilles nocturnes pour mettre la main sur des fraudeurs opérant souvent dans cette zone. Arrivé à notre hauteur, le véhicule s’est immobilisé quelques minutes, avant de prendre la direction de Saint-Louis. La seconde d’après, elle fait marche arrière et subitement, une dizaine d’individus, portant tous des cagoules et armés de bâtons, de fusils automatiques et de coupe-coupe, ont sauté du véhicule et ont foncé sur nous. Mon collègue qui était en position debout a réussi à se fondre dans la nature pour sauver sa peau. Quant à moi, avant que je ne réussisse à me lever, l’un des bandits m’a administré un violent coup de bâton à la tête. J’ai trébuché, avant de recevoir un deuxième coup à la mâchoire. Je suis tombé. Sans pitié, quatre solides gaillards se sont acharnés sur moi en me donnant des coups de pieds au bras. Alors que je me tordais de douleur, ils se sont mis à m’attacher les pieds et menaçaient de m’égorger comme un mouton. D’ailleurs, l’un d’eux avait brandi un couteau et se ruait vers moi. Il a été arrêté net par un élément de la bande, qui lui a dit de simplement me violenter et non de me tuer. Ce dernier m’a alors demandé de lui donner la clé de la banque (Cncas). Je lui ai rétorqué qu’elle a été emportée par le chef d’agence. Décidé à dévaliser la structure financière, les malfaiteurs ont tenté de défoncer la porte avec le matériel qu’ils avaient par devers eux. Mais ils n’ont pas réussi. Ils ont alors jeté leur dévolu sur la boutique de la station-service «Edk» située à quelques mètres de la banque. Ils m’ont ensuite contraint de les suivre dans cette boutique, qu’ils défonceront facilement à coups de bâton. Les deux gardiens de la station-service ont eux aussi pris la fuite avant l’arrivée des bandits, lesquels, une fois dans la boutique, m’ont demandé de leur montrer où se trouve le coffre- fort. Ils menaçaient à nouveau de me tuer. Je leur ai fait comprendre que je suis le vigile de la banque et que je ne connais rien de cette boutique. Ne croyant pas à mes propos, ils se sont encore mis à me violenter. Et, pendant qu’ils me rouaient de coups, l’un des gardiens de la station, qui était en fuite, a tiré un coup de feu en l’air. Pris de panique, les assaillants, qui avaient déjà vidé les caisses de la boutique et volé quelques marchandises, ont tenté de battre en retraite. Ils se sont engouffrés dans leur véhicule et j’en ai profité moi aussi pour me sauver. Cependant, avant qu’ils ne réussissent à s’échapper, les éléments de la brigade de gendarmerie de Diama, avertis par un responsable de la Cncas, ont effectué un transport sur les lieux.  Un échange de coups de feu s’est engagé. C’est lors de ces échanges que le jeune Isma Sow, atteint, est tombé et a rendu l’âme.  Les gendarmes ont encore réussi à endommager les deux roues avant du véhicule à bord duquel voyageaient les bandits. Acculés par les gendarmes, qui continuaient à tirer, les assaillants, qui ne pouvaient pas démarrer leur véhicule, n’en détenant pas la clé, sont descendus et ont pris la fuite. Me retrouvant avec de graves blessures (fracture au bras et à la mâchoire) j’ai été évacué à l’hôpital de Saint-Louis où j’ai été interné durant une nuit. Par la grâce de Dieu, je me suis rétabli. Seulement, je dois me rendre à Dakar dans une structure sanitaire spécialisée pour mieux traiter ma mâchoire, qui enfle de plus en plus… »

ABDOU MBODJ