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« Le Cameroun nous regarde, le monde nous regarde » : le dialogue national s’est ouvert à Yaoundé

Actualité/International

iGFM – (Dakar) – Le Premier ministre camerounais a ouvert les travaux du dialogue dont les autorités espèrent qu’il permettra de résoudre le conflit qui sévit dans les régions anglophones entre forces armées et rebelles séparatistes. « L’avenir du pays est entre nos mains » a lancé Joseph Dion Ngute aux 1 500 délégués présents.

L’événement était très attendu. Annoncé par le président Paul Biya le 10 septembre dernier, le dialogue national a été lancé lundi par le chef du gouvernement camerounais au Palais des Congrès de Yaoundé. « Le Cameroun nous regarde, le monde nous regarde », a déclaré d’entrée Joseph Dion Ngute, qui a décrit le moment comme « un rendez-vous exceptionnel de l’histoire du pays ».

Si 1 500 invités ont assisté à la cérémonie, jusqu’au 4 octobre, ce sont 1 000 délégués issus des dix régions du pays et de la diaspora  qui auront l’occasion de débattre de 8 thématiques retenues par l’exécutif camerounais comme sources de la crise socio-politique qui secoue les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis trois ans et a fait plus de 3 000 morts en moins de trois ans, selon le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG). Il s’agit notamment des questions du bilinguisme, de la diversité culturelle et de la cohésion Sociale, du système éducatif, du système judiciaire, de la décentralisation et du développement local.

D’ex-« ambaboys » à la tribune

Selon le comité d’organisation, la priorité de ces cinq jours de débats sera donnée aux problèmes rencontrés par la communauté anglophone, minoritaire dans le pays. Mais l’option du fédéralisme, une revendication portée par une partie des anglophones, a d’ores et déjà été rejetée par le président Paul Biya. Des anciens combattants sécessionnistes ont été conviés aux travaux de Yaoundé afin d’exprimer leur griefs. C’est vêtus aux couleurs du drapeau camerounais que ces jeunes sont montés sur scène.

« Nous ne voulons plus d’un pays où les anglophones sont considérés comme des citoyens de second zone. Tous les citoyens doivent avoir les mêmes chances dans la quête des emplois. Nous souhaitons que ça change », a ainsi martelé Yannick Kawa Kawa, l’un des représentants de ces ex-« ambaboys » désormais logés dans les centres de désarmement et de réintégration de Bamenda et Buea.

À sa suite, le Premier ministre a tenu à préciser que les échanges permettront « d’approfondir les réflexions sur l’avenir du pays ». « Il nous appartient désormais d’indiquer de quelle manière nous voulons entrer dans l’histoire », a-t-il lancé aux délégués. « L’avenir du pays est entre nos mains », a-t-il ajouté en prélude aux deux séances plénières qui ouvrent le dialogue.

« J’ai l’espoir qu’en sortant d’ici quelque chose de bien commence à se passer », a déclaré le cardinal Christian Tumi, influent évêque de Douala, qui siégeait au premier rang aux côtés de John Fru Ndi, président du Social Democratic Front (SDF, premier parti d’opposition à l’Assemblée nationale). « Je suis heureux que certains jeunes soient sortis de la forêt et soient venus discuter », a-t-il par ailleurs déclaré à l’AFP.

Les travaux se dérouleront cependant en l’absence des figures de la contestation anglophones qui ont toutes rejetées l’offre de dialogue du gouvernement camerounais. Parmi les seize leaders séparatistes anglophones conviés – dont beaucoup se trouvent à l’étranger -, des chefs de groupes armés, comme Ebenezer Akwanga et Cho Ayaba, ont annoncé leur refus d’y participer.

Face aux observations de la communauté internationale favorables à la tenue du dialogue, les leaders ambazoniens détenus à la prison de Kondengui – où ils purgent une peine à perpétuité – , ont annoncé dans un document avoir désigné le diplomate américain Herman Jay Cohen comme leurs représentants lors des travaux.

Selon le même document, le secrétaire adjoint en charge des Affaires africaines au département d’Etat américain aurait donné son accord à cette offre. Il n’était cependant pas présent à la cérémonie d’ouverture.

Auteur : Jeune Afrique

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