Le Sénégal est-il à l’abri d’une  crise irréversible ? (Par Moussa Diaw Politologue)

mercredi 13 mars 2024 • 1359 lectures • 1 commentaires

Politique 2 mois Taille

Le Sénégal est-il à l’abri d’une  crise irréversible ? (Par Moussa Diaw Politologue)

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Depuis l’interruption volontaire et illégitime du processus électoral par le président sortant, en se fondant sur des tensions supposées entre des institutions et des cas de corruption qui impliquerait deux membres du Conseil constitutionnel, le Sénégal est secoué par divers  mouvements de contestations.

Ils découlent de l’initiative des forces politiques et de la société civile pour réfuter vigoureusement  ce report de l’élection présidentielle qui constitue une tentative autoritaire de confisquer le  pouvoir. La lutte conjuguée, sur le plan interne et la pression de certaines puissances externes (Etats Unis, Royaume Uni, Union Européenne, etc.), a abouti  à un recul de ceux qui sont toujours animés par la volonté de conserver pendant longtemps le pouvoir afin de protéger leurs arrières et de régler éventuellement des comptes. Pour cela, ils   usent des mécanismes, stratégies politiques ou juridiques s’ils n’évoquent pas, de façon récurrente, une probable irruption de « forces occultes, ou organisées», «l’infiltration d’inconnus», forces attirées par les fortes odeurs de gaz, de pétrole, et déterminées à s’imposer dans une situation de confusion généralisée, de mésentente entre acteurs politiques.
 Pourquoi cherche–t-on à réserver au pays ce triste sort ?

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Pour reprendre les propos de l’autre, l’avenir du Sénégal ne doit pas être « livré aux chiens », sacrifié par égoïsme  ou jalousie alors que le pays est géré de manière discutable, avec beaucoup de dysfonctionnements si l’on se réfère aux différents rapports des organismes de régulation (IGE, Cour des Comptes, OFNAC) sans soulever des contestations majeures, car les citoyens attendaient l’élection présidentielle pour confirmer ou sanctionner les responsables de cette gouvernance paradoxale. La venue à échéance du mandat ne devrait pas, en principe, poser des difficultés si les principes et règles démocratiques étaient respectés mais les délices du pouvoir, l’accumulation de ressources illicites et surtout les dérives autoritaires par la concentration excessive des pouvoirs, peuvent expliquer cet attachement viscéral à cette forme de gouvernance. Toutefois, rien ne justifie cette vision apocalyptique du pouvoir poussant à imaginer  toutes les formules suicidaires pour son pays dont les ressources naturelles suscitent  l’espoir pour une population, en majorité  des jeunes.

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En effet, la reprise du processus électoral, au terme de moult rebondissements politico-judiciaires, est interprétée comme une voie de sortie de crise d’autant qu’elle contribue à apaiser le climat socio-politique sans toutefois rassurer sur les ambiguïtés entretenues par les tenants du pouvoir qui ne semblent pas abdiquer au regard  des manœuvres politiques et juridiques pour torpiller le processus électoral afin de créer les conditions favorables à leur maintien à la tête de l’Etat. Cette tendance risque de plonger le pays dans une situation d’incertitude et surtout d’instabilité à l’image des autres pays de l’Afrique de l’Ouest, soumis aux régimes militaires en mal de transition démocratique. Mais , le Sénégal dispose d’institutions qui ont fait leur preuve même si certaines font l’objet d’instrumentalisation à des fins politiques, l’essentiel est qu’il peut compter sur des citoyens bien avertis et la diaspora, points d’appui à l’action des leaders politiques de «nouvelle génération», une société civile capable de mobiliser pour protéger les acquis et relancer le processus électoral. Les citoyens souhaitent massivement la tenue du scrutin aux fins d’exprimer librement leur choix et de se libérer des pesanteurs individualistes  et opportunistes, sous-tendues par des pratiques politiques désuètes.


Le Sénégal fait face à des enjeux importants pour se hisser à la hauteur des défis de consolidation de l’Etat de droit et de la démocratie, d’exploitation des ressources naturelles comme le gaz et le pétrole qui pourront lui permettre de prendre en charge son destin sur la voie du développement, de satisfaire aux  nombreuses attentes et exigences de ses populations, notamment la catégorie  la plus jeune. Pour sortir de cette impasse politico-judiciaire et tourner la page de la «guerre politicienne et des rancœurs» pouvant impacter considérablement le pays, voire compromettre sa cohésion sociale,  l’activation de la fibre patriotique est fondamentale dans ce contexte particulier où la politique n’a de sens que lorsqu’elle participe à l’amélioration du bien-être des citoyens dans le respect des lois,  de l’équité et de la tolérance.

Par Moussa Diaw, politologue

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Publié par

Youssouf SANE

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