Les réformes de la justice en mode fast track (Par Cheikh Oumar Sy)

lundi 27 mai 2024 • 1444 lectures • 0 commentaires

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Les réformes de la justice en mode fast track (Par Cheikh Oumar Sy)

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Le 28 mai est inscrit comme la journée du dialogue national. Un moment solennel pour le Président de la République d'échanger annuellement avec toutes les franges de la nation afin d'harmoniser avec elles sur des orientations stratégiques du pays. 

Cette année la journée du dialogue est inscrite sous le sceau de " La réforme et de la modernisation et de la justice".  Une excellente thématique qui est à l'ordre du jour. Une demande sociale au regard de tous les événements qui se sont passés sous le magistère de l'ancien régime.

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Toutefois ces réformes ne peuvent être faites en mode fast track (célèbre slogan qui a fini par donner des résultats mitigés). Le Président de la République Bassirou Diomaye Faye doit se donner le temps d’une concertation plus large sur une durée de six (06) mois au minimum.

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Il est louable que le Président de la République ait choisi de confier la facilitation de ces réformes au Professeur Babacar Guéye qui est un constitutionaliste hors pair, qui pourra mener les travaux avec une très grande objectivité, mais il aura besoin de plus de 72h pour soumettre au peuple sénégalais des recommandations fortes et inclusives pour une bonne réforme de notre système judiciaire.


Le Président de la République aurait pu y adjoindre, également, le Professeur Abdou Salam Fall, Sociologue et Directeur de recherche des Universités de classe exceptionnelle. Eminent chercheur et sociologue hors pair. La justice est avant tout une question de sociologie.


Par ailleurs l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS) avait tenu en Décembre 2017, sous le magistère du Juge Souleymane Teyliko, un colloque sur l’indépendance de la justice qui a été sanctionné par d’excellentes recommandations pour rendre notre système judiciaire plus performant et plus efficient. La Lettre de Politique Sectorielle de Développement du Ministère de la Justice (2018-2022) doit, ainsi, servir de référentiel et permettre au facilitateur de faire le tour du Sénégal et de la Diaspora afin de partager la quintessence des réformes et recueillir les avis de toutes les parties prenantes avec comme objectif de réconcilier le Peuple avec son système judiciaire.


Ces réformes n’auront réellement de sens que si le Président de la République devient lui-même un justiciable aux yeux des contribuables. Cette disposition est d’autant plus importante qu’elle remettra en cause « l’hyperprésidentialisme » qui est la source d’une bonne partie de l’injustice que les sénégalais ont vécu depuis les indépendances. Des juges au-dessus du Président de la République et qui veillent aussi bien sur nos deniers publics que notre vivre ensemble et notre cohésion sociale.


La journée du 28 mai aurait pu, juste, être pour le Président de la République une matinée de partage de sa vision sur les réformes judiciaires, introduire son facilitateur qui aura en charge de définir une feuille de route (6 mois) pour de larges concertations, et inviter les parties prenantes à s’accorder définitivement sur les mécanismes de fonctionnement de notre système judiciaire.


Les conclusions de la commission sur la réforme et la modernisation de la justice pourraient être ainsi actées par la prochaine législature consacrant une nouvelle ère d’un système judiciaire plus juste et plus équitable au bénéfice du peuple sénégalais. 


Cheikhou Oumar Sy
Ancien Parlementaire

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Publié par

Youssouf SANE

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