Magistrats, Juges, Officiers de police… le Juge Kandji dit ses vérités

samedi 3 avril 2021 • 11406 lectures • 1 commentaires

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Magistrats, Juges, Officiers de police… le Juge Kandji dit ses vérités

Il est devenu ministre-conseiller juridique du président de la République. Demba Kadji, qui fut président de la Couur d’appel de Dakar, a pris part à la cérémonie de dédicace du livre du commissaire Mohamed Gueye, porte-parole de la police nationale. Il en a profité pour parler de l’évolution de la Justice, s’adresser aux magistrats et officiers de police judiciaire. Mais aussi, aux citoyens. Nous vous proposons quelques passages forts de son speech.

"Si nous Jugeons mal..."


«Le Droit que nous pratiquons, est un droit qui s’est aujourd’hui déconfiguré par le haut et qui s’est déconfiguré par le bas. Déconfiguré par le haut parce qu’aujourd’hui nous sommes tenus, si nous jugeons un crime relevant du statut de Rome, si nous sommes officier de police judiciaire, magistrat des poursuites, juges du siège, de nous dire que nous jugeons un crime, en vertu d’une règle de la complémentarité.


«Et si nous jugeons mal, une autre Cour peut s’emparer de ce que nous avons fait et nous désavouer. Les juges que nous sommes, les officiers judiciaires que vous êtes, sont installés du fait de cette déconfiguration du haut dans un  dialogue permanant avec des juges qu’on ne voit pas. Moi quand je mets ma toge, la première pensée que j’ai : c’est si je fais ça, est ce que je ne viole pas telle règle communautaire ou règle internationale de Droit qui s’impose à nous, parce que contractée par notre pays."


se former et se remettre en cause


"Aujourd’hui, pour l’officier de police judiciaire (OPJ), il est illusoire d’avoir ces attributs et dormir sur ses lauriers. Il faut permanemment se former, se remettre en cause. J’ose le dire aujord’hui car j’ai cessé mes fonctions de Juge. Il faut permanemment se remettre en cause quand on veut vraiment être reconnu dans la pratique du métier d’Opj dans la pratique d’autorité des poursuites. Vous rendez votre jugement, il est disponible à la Haye sur l’heure. L’acte que l’officier de police judiciaire pose, l’expose en termes de compétence et autres.


Aujourd’hui nous appliquons les mêmes normes. Ce n’est plus l’officier de police judiciaire devant qui on dénonce un voleur de chèvre comme ça se passait dans mon village,  qui le poursuit à la trace, qui l’appréhende et qui l’amène chez le juge de paix. Ce n’est plus cela. le délinquant, aujourd’hui il est capé, riche, plus  instruit que le juge et l’Opj. Nous nous n’avons que notre légitimité à lui opposer, en vertu de la loi. Donc il faut que nous soyons formés.


"Monsieur le Directeur général de la police, il faut qu’on se dise des choses: les formations en vase close moi je suis contre.Des policiers qui forment des policiers contre des magistrats..."


"Monsieur le Directeur général de la police, il faut qu’on se dise des choses. Les formations en vase close moi je suis contre. Des policiers qui forment des policiers contre des magistrats, des magistrats qui se forment entre eux contre des policiers, ça ne peut pas marcher quand on veut rendre une justice crédible. On ne peut pas. Nous avons, ensemble, vous et nous, un destin commun, un tronc commun.


Aujourd’hui, ce n’est plus l’air de l’infraction commise, nous travaillons dans l’air de l’infraction redoutée. C’est le terrorisme, il faut agir avant qu’il n’agisse. Nous devons anticiper sur ce que demain les délinquants envisagent de faire et sans une bonne formation, on ne peut pas le faire. Sans un bon outillage. Et là, les Etats sont tenus d’armer la police de lui donner les moyens. "


L'Etat tenu d’armer la police


"Je ne suis pas là avec la casquette de conseiller du président de la république. Mais à titre tout à fait scientifique. Aujourd’hui la police doit, avec des moyens de servent et des pilotes pour alors dans des endroits traquer les délinquants. Et la police doit s’y préparer car l’Etat est disposé à le faire. Je pense qu’aujourd’hui, à moins d’une fraction de seconde, doit pouvoir se déployer. Non pas avec des tatas et des Ndiaga Ndiayes. Mais avec des moyens appropriés.
 
Aujourd’hui la preuve est génétique. Je sais  que  la police s’outille, se capacite, dans la recherche de la preuve sur le plan scientifique. Il y a 20 ans on l’aurait dit, personne ne nous aurait cru. Ce sont des domaines qui me préoccupent. Quand on me dit que le Juge ne peut être convaincu que par les faits discutés devant lui et par les parties contradictoires et par rapport à certaines preuves. Ce n’est quand même pas facile à comprendre l’article 414. Aujourd’hui c’est l’officier de police qui vous apporte la preuve irréfutable. C’est pourquoi je dis que le centre de décision s’est déplacé   en amont."



 

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Publié par

Youssouf SANE

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