Mapathé Sy - "Je n'existerai pas si les Bakelois ne m’avaient pas accompagné..."

lundi 25 octobre 2021 • 550 lectures • 0 commentaires

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Mapathé Sy - \

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iGFM - (Dakar) Mapathé Sy, est un opérateur économique doublé d’un homme politique vivant à Bakel. Dans cet entretien-portrait, l’homme revient sur son royaume d’enfance, son parcours professionnel, ses activités économique et politique. Son histoire très riche en enseignements pourrait inspirer aujourd’hui beaucoup de jeunes, qui ne pensent qu’à partir pour réussir.

Tout le contraire de ce digne héritier de l’Almamy du Boundou, fils du département de Bakel, qui n’a jamais eu de passeport dans sa vie, n’a jamais voyagé hors de l’Afrique, mais qui aujourd’hui à force de se battre et à croire à son potentiel est devenu un opérateur économique respectable et respecté dans le département de Bakel, avec à la clef une entreprise qui emploie beaucoup de jeunes dans le département. D’un salaire de 35.000 Francs en 2006, Mapatha Sy pèse aujourd’hui très lourd financièrement. Un exemple de réussite et un modèle pour la jeunesse Bakeloise.

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« Ibrahima Baba Sall est un fédérateur. En 7 ans, il a fait des réalisations qu’aucun autre maire n’a pu faire l’Indépendance »


 


Qui est Mapathé Sy ?


Je suis né à Kidira, mais je suis de Sénédébou, la capitale du Boundou. Le département de Bakel, c’est deux zones géographiques, c’est la zone Boundou et la Zone Gadiaga. Je fais partie des « Sisiyanké » du Boundou.


Je suis arrivé à Bakel en 1994 comme employé dans une entreprise dénommée GIAS (Groupement Industriel et Commercial du Sénégal) en tant que responsable succursale de Bakel. J’ai travaillé comme employé jusqu’en 2001, je venais fraichement de Dakar, je percevais un salaire de 15 000 FCFA. Jusqu’en 2006, mon plus grand salaire s’élevait à 35 000 F CFA. Je me suis toujours battu. Parce que j’ai toujours cru en moi. Quand on est issu d’une famille pauvre, il faut savoir se battre. J’ai serré la ceinture. Quand j’achetai une miche de pain à 80 F aujourd’hui, je la coupais en deux. Je mangeais une moitié et l’autre moitié, je la gardai soigneusement dans un sachet en plastique et cela me servait de déjeuner le lendemain. Je le faisais pour pouvoir m’en sortir, pour me réaliser.


En 1998, j’ai acheté mon premier taxi clando des mains de Abou Yall, de la Pharmacie du Goye. C’est ce taxi clando qui m’a acheté un télécentre, c’est l’actuelle librairie-papeterie de l’Hôtel Islam en 1999.


Malheureusement vers 2007, comme les télécentres ne marchaient plus avec l’avènement des téléphones portables, j’ai appliqué ce qu’ai appris à l’école. La gestion des entreprises. Il faut diversifier. Il faut anticiper. J’ai acheté des photocopieuses, des fournitures de bureau pour pouvoir m’adapter à une autre situation.


Avec la disparition des télécentres, j’ai continué avec la librairie. Avec un montant de 400 000 F CFA. Avec l’avènement de l’Alternance en 2000, le président Wade a initié le FNPJ (Fonds National pour la Promotion de la Jeunesse). Je fais partie de la première promotion de jeunes financés par ce fonds. Dieu merci dans la région de Tambacounda qui s’étendait jusqu’à Kédougou, je suis le seul jeune à avoir remboursé intégralement, sans retard de remboursement.


Poursuivant mon bonhomme de chemin, j’ai ouvert une deuxième librairie à Bakel Coura.  En 2016, comme j’avais toujours pour ambition d’ouvrir une imprimerie, Dieu a exhaussé mes vœux. J’ai installé à Bakel, une unité d’imprimerie et de sérigraphie. En 2018, avec le bureau de mise à niveau des entreprises que le président a initié, des auditeurs ont fait le département de Bakel, j’ai eu la chance d’être retenu par ce programme.


Ce programme, c’était de voir, les entreprises qui étaient sur les rails, les coacher, les accompagner, les pousser vers l’investissement. Pour avoir la possibilité de créer d’avantage des emplois. 


«J’ai signé avec eux, une convention au mois de Décembre 2020 pour acheter d’autres machines à plus de 20 000 000 FCFA »


C’est ainsi que j’ai signé avec eux, une convention au mois de Décembre 2020 pour acheter d’autres machines à plus de 20 000 000 FCFA. Je serai remboursé à hauteur de 40% par le Bureau de Mise à Niveau. Je suis parti de rien. En tant que fils du département de Bakel. Je ne suis jamais sorti du Sénégal. Je n’ai jamais voyagé. Je n’ai jamais eu de passeport.


Pour moi le développement de notre département se fera par nous-même et par personne d’autre. J’ai choisi de m’implanter à Bakel, qui est le chef lieu de mon département.


Avec les jeunes, Inchallah, nous y arriverons. Parce qu’il faut le dire, Bakel est un département très enclavé, je me rappelle, quand j’avais reçu mon financement, j’ai rencontré le Directeur du FNPJ à l’époque M. Wally Fall, je lui avait suggéré de décentralisé un peu le FNPJ, parce qu’il y a d’autres Mapathé Sy à Bakel. 


Malheureusement, ils ne connaissent pas Dakar. Pour trouver un financement, il faut aller jusqu’à Dakar, c’était trop compliqué.  Nous sommes sur le terrain. Ensemble, nous arriverons à relever le défi. 


Votre intégration à Bakel, est-ce qu’il y a eu des difficultés ?


« Beaucoup parlent de Mapathé Sy, mais je n’existerai pas si les populations de Bakel ne m’avaient pas accompagné »


Non. Honnêtement, il n’y a pas eu de difficultés. Le Soninké est très ouvert. Bakel m’a adopté. Lorsque je suis venu, ils m’ont accueilli ; ils m’ont aimé, adopté et accompagné. 


Beaucoup parlent de Mapathé Sy, mais je n’existerai pas si les populations de Bakel ne m’avaient pas accompagné. Vraiment ; ce sont des gens qui m’ont aidé. S’il plait à Dieu, tout ce que je gagnerai dans la vie, je le réinvestirai à Bakel pour accompagner ses populations et partager tout avec elles.


« Je ne suis rien sans le Soninké »


Je disais dans une émission dans une radio de la place, que même si le véhicule que j’ai acheté, si je suis arrivé à le faire, c’est parce celui-ci a acheté un stylo, un autre un cahier dans ma librairie.  Le bénéfice m’a permis d’acheter un véhicule.


Donc, je ne suis rien sans le Soninké. Et même politiquement, ils m’ont adopté et accepté. Le département de Bakel, de façon générale, il y a une très bonne collaboration entre les Soninkés et les autres. Ma grand-mère paternelle s’appelle Seyma Diakité. Ma grand-mère maternelle, est Sérère. Fatou Boulé Ndiaye. Je suis Halpular. Je suis un Métis. Je me suis adapté au milieu. Tous mes enfants sont nés ici. Chez moi à Goudiry, je n’ai pas de maison. C’est à Bakel, que j’ai construit ma maison. 


« Je suis très bien à Bakel, j’aime Bakel, je sais que les Bekelois m’aiment »


  Je suis très bien à Bakel. Tous mes enfants y sont nés, ont grandi et étudiéà Bakel. Vraiment, j’aime Bakel, je sais que les Bekelois m’aiment.  Aujourd’hui sur la scène politique, ça étonnerait certains. Surtout ceux qui pensent que Mapathé n’est pas d’ici. Je suis bien de Bakel. Je suis un fils du département de Bakel. Mapathé Sy né à Kidira, département de Bakel. Mon père, Issaga Opa Sy né à Sénédébou, département de Bakel, ma mère Maimouna Ndaw née à Kountanabé, département de Bakel. Je peux vous citer mes arrières grands parents qui sont du département de Bakel. 


« On ne peut pas parler de l’histoire du département de Bakel, sans parler de l’Almamy du Boundou »


On ne peut pas parler de l’histoire du département de Bakel, sans parler de l’Almamy du Boundou. Je suis un digne héritier de l’Almamy du Boundou. C’est pourquoi, d’ailleurs jaloux de la situation socio-économique du département de Bakel, j’ai accepté de m’engager en politique, aujourd’hui tout se décide avec les politiques.


Au plan politique, vous militez dans quel parti ?


« Ibrahima Baba Sall est un fédérateur. En 7 ans, il a fait des réalisations qu’aucun autre maire n’a pu faire l’Indépendance »


Sur le plan politique, je suis en train de travailler avec l’honorable député, Ibrahima Baba Sall. C’est un fédérateur. C’est quelqu’un depuis plus de quatre ans n’a jamais cessé de m’appeler pour travailler à ses côtés pour relever le défi. C’est un visionnaire. En 7 ans, il a fait des réalisations à Bakel. Ce qu’aucun autre maire n’a pu faire l’Indépendance.


Convaincu de ce qu’il est en train de faire, nous étions de l’opposition, on s’est dit qu’on veut construire, mais étant donné qu’il y a quelqu’un qui a une vision, qui construit, qui veut fédérer tous les dignes fils de Bakel autour de lui, pour qu’ensemble nous puissions porter le combat du changement, j’ai accepté de travailler à ses côtés.


Inchallah avec cette solidarité agissante, nous relèverons tous les défis face au développement du département, sous la houlette du président Macky Sall.


Parlez-nous de votre business ?


Je suis libraire de profession. C’est mon point départ. Ensuite j’ai mis en place cette entreprise. J’ai acheté récemment une imprimerie numérique pour faire des banderoles, des affiches, des autocollants, la décoration des véhicules, des enseignes lumineuses etc…Nous faisons aussi de la sérigraphie et du flopage des blouses pour les écoles.


Nous avons acheté aussi une perforeuse électrique. Ce que les gens allaient chercher à Dakar, on peut l’avoir à Bakel actuellement. Nous faisons des T-Shirt, des casquettes, des Lacostes, des banderoles, des calendriers et des cahiers personnalisés.


Même à Tamba, il n’y a pas une entreprise comme celle-ci. Qui fait de l’imprimerie et la sérigraphie. Nous avons 12 employés directs. Pour ce qui est des emplois indirects, on ne peut pas le compter.  Nous sommes aussi dans le bâtiment. Nous avons plusieurs chantiers sur le terrain.  Pour chaque chantier, nous avons envoyé des équipes. 


Harouna FALL

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