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Médina Baye : Le chapelet, clé de la connaissance divine

Religion

IGFM-Médina Baye, la ville de Cheikh Al islam grouille déjà de monde. Les talibés arrivent de partout pour venir célébrer la naissance du Prophète Mohamed (Psl). Le décor est déjà tout autre dans la Cité religieuse de Médina Baye et tout Kaolack. L’accoutrement est presque identique pour marabouts comme pour fidèles. Les talibés de Cheikh Al Islam, Fondateur de la Faydatu Tidjane ne se séparent jamais de leur chapelet. Un décor typiquement Niassène où jeunes, adultes et vieux se servent à longueur de journée de cet instrument pour invoquer Dieu. A la rencontre d’un imminent Soufi, qui lève un coin du voile sur le secret du chapelet et de son utilité.

Le chapelet, un outil très utilisé par les différentes Tarikhas du pays. Mourides ou Tidjanes, chaque Tarikha a «son» chapelet. Mais l’utilisation diffère d’une Tarikha à une autre. Le chapelet de la Tarikha Tidjane est très populaire dans la ville sainte de Medina Baye. Jeunes, adultes et vieux ne se séparent quasiment jamais de leur chapelet.

De l’origine prophétique du chapelet musulman

Un legs de leur guide, Mawlana Cheikh Ibrahima ibn Abdallah Niass, communément appelé Cheikh Al Islam. Baye Niass, qui ne séparait jamais de son chapelet, avait recommandé à ses disciples l’amour et le respect du chapelet. Un outil très populaire, le chapelet occupe une place centrale dans la vie du musulman notamment du Tidjane. Les «Talibés Cheikh», comme on les appelle, utilisent beaucoup cet outil pour invoquer Dieu et rendre hommage à son Prophète (Psl). Cheikh Abdoul Bakhy Dème, fils de Cheikh Assane Dème, un des Moukhadams de Baye Niass, fait la genèse de cet instrument très répandu dans la ville sainte.

«Le chapelet est issu d’une des épouses du Prophète Mohamed (Psl), en l’occurrence, Oumou Salamata, qui adorait invoquer les noms de Dieu. Elle se servait de noix de datte pour compter le nombre de fois qu’elle récitait les louanges à Allah. Au fil des temps, elle relit les noix avec une corde pour pouvoir mieux s’en servir. Un jour, le Prophète lui a demandé ce qu’elle faisait avec des noix de datte reliées par une corde. Elle se justifia en disant qu’elle s’en servait pour compter le nombre de fois qu’elle récitait les noms de Dieu durant ses adorations. Alors, le Prophète (Psl) lui dit : «C’est une bonne initiative». C’est de là qu’est né le chapelet.

Il a été vulgarisé par les hommes qui aiment chanter les louanges de Dieu. Ce qui rapproche l’être humain de son Seigneur, c’est bien de l’adorer et de chanter ses louanges. Invoquer Dieu à tout instant et le chapelet est utilisé pour faciliter la tâche. Les Tidjianes adorent faire ce qu’on appelle le «wird» (invocation divine). Une science qui nous rapproche de Dieu. Baye Niass, un éminent soufi, était rompu à cette tâche. On le surnommait souvent le «chanteur des louanges de Dieu et de son Prophète». On ne pouvait pas compter le nombre de fois qu’il brandissait son chapelet pour implorer ou invoquer Dieu.

Au début de la naissance de la Faydou, il exigeait aux Moukhadams au minimum 6 000 Salatoul Fatiha par jour. Le chapelet est un complément, un outil qu’utilise le Tidjane pour faire ses «wirds». Il y a le «Laasime», qui est un engagement de «wird» que le talibé Cheikh doit faire au quotidien après les prières de l’aube et de «Takussan». Une recommandation qu’on doit respecter jusqu’à la mort. Le fondateur de la Tarikha Tidjane, Cheikh Ahmet Tidjane, passait plus de 4H de temps avec son chapelet pour faire des invocations.

L’identité de la Faydou de Baye Niass, c’est la formation à la connaissance et l’amour de Dieu. C’est pour cela qu’on a toujours nos chapelets car si tu aimes quelqu’un ou quelque chose, il faut en parler tout le temps. Et le chapelet aide le fidèle à mieux le faire. C’est pour cette raison que le chapelet est le compagnon le talibé de Baye Niass. On s’en sert pour implorer Allah et comme chez nous la connaissance et l’adoration du Tout-Puissant n’a pas de limite, on ne se sépare jamais de notre chapelet», précise-t-il.

Les bienfaits et secrets du chapelet

Le chapelet n’est pas seulement un outil comptage, il regorge de bienfaits et renferme des secrets. A Medina Baye, le chapelet est sacré. En effet, les érudits de l’Islam utilisent leur chapelet pour soigner des malades et faire des miracles au nom du Prophète Mohamed (Psl). «Le chapelet est un outil qu’on doit honorer et respecter, puisqu’on cite le nom de Dieu avec.

C’est vrai que c’est un outil, un objet, mais on doit le valoriser et éviter d’aller dans des endroits impropres comme les toilettes et autres en le gardant par devers soi. Comme il est formellement interdit d’amener tout nom de Dieu ou des Saintes écritures, donc on doit faire autant avec le chapelet. Les érudits de l’Islam gardaient jalousement leur chapelet. Ils évitaient de les exposer à toute impureté, juste pour honorer Dieu. C’est pour cela qu’on nous apprend que certains Moukhadams pouvaient soigner des maladies par leur chapelet.

Ils le mettaient juste dans de l’eau qu’ils donnaient aux malades. Et à chaque fois, des résultats positifs suivaient. Pour vous montrer les bienfaits et secrets du chapelet, mais pour arriver à ce stade, il faut forcément respecter le chapelet, ne pas l’amener n’importe où. Il faut l’honorer un comme un outil sacré, puisqu’on s’en sert pour invoquer Dieu. Le chapelet façonne même l’identité du Tidjane, il fait partie de lui. Donc il faut le garder soigneusement», indique Cheikh Abdou Bakhy Dème.

MARIE BERNADETTE SENE

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