Mort de Doura Diallo en couche: le récit "terrifiant" du Procureur !

vendredi 2 septembre 2022 • 1535 lectures • 1 commentaires

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Mort de Doura Diallo en couche: le récit

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iGFM - (Dakar) Le procureur de la République vient de briser le silence sur l’affaire Doura Diallo, morte  en couche dans des conditions tragiques à l’hôpital de Kédougou. 

«Dans la nuit du 30 Août 2022 aux environs de 22 heures, nous avons été informés qu'une patiente aurait perdu la vie au moment de son accouchement ainsi que son bébé au district sanitaire de Kédougou. Séance tenante, nous avons instruit les officiers de police judiciaire de s'y rendre sans délai pour faire les premières constatations. Une fois sur place, ils nous ont effectivement confirmé le décès de la femme et de celui du nouveau-né. Selon les premiers éléments de l'enquête, il est précisé que la femme s'était rendue à deux reprises au Centre de santé pour des visites prénatales. La sage-femme trouvée sur place lui a signifié qu'elle n'était pas encore à terme et qu'elle pouvait revenir le lendemain.
C'est ainsi que dans la journée du 30 août 2022, la nommée Doura Diallo a été admise au District sanitaire de Kédougou au service de la Maternité aux environs de 08 heures du matin accompagnée de son époux, Malick Cissé alias Mor.

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La matrone, après l'avoir consultée et constatée un affleurement de la tête du bébé, a appelé le gynécologue. Ce dernier, arrivé aux environs de 16 heures, a essayé d'accoucher la femme par voie basse jusqu'à faire sortir la tête. Mais les épaules du bébé, étant bloquées, peinaient à sortir du fait du volume et ce, contrairement à la volonté de son époux qui le suppliait de faire une césarienne compte tenu de ses antécédents. C'est ainsi, sans pitié ni sentiment, qu'il a continué de manœuvrer sans même tenir compte de la fragilité du bébé.

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S'étant rendu compte qu'il était face à un obstacle imparable, il a décidé de procéder à une intervention chirurgicale, ce qui était trop tard car la situation était déjà devenue inextricable. 
Le comble s'est produit une fois au bloc opératoire lorsque le gynécologue ainsi que l'anesthésiste ont délibérément décidé, sans même avoir préalablement consulté le mari de la défunte, de procéder à une hystérectomie, c'est-à-dire une ablation totale de l'utérus.


En outre, les manœuvres du gynécologue pour extraire le nouveau-né ont causé le décès de ce dernier. Le billet de mort de l'enfant venait d'être froidement acté par ces «actes dits médicaux» pour ne pas dire «radicaux». Les déclarations spontanées des parties (personnel médical et le mari de la défunte) indiquaient que le fœtus, à l’arrivée de sa maman, était vivant car le mari, présent à l'accouchement, avait posé la question au médecin qui lui a confirmé effectivement qu'il respirait.


Ces manœuvres en cascade ont très certainement provoqué une rupture utérine qui a conduit immédiatement au décès de la mère suite à une hémorragie externe et un arrêt cardiaque, selon le rapport du Médecin-Chef du District sanitaire de Kédougou, transmis au Parquet le 31 Août 2022.


A l'analyse des faits de l'espèce, une forte négligence médicale ainsi qu'un manquement manifeste aux règles élémentaires de la médecine ont été relevés :


-D'abord, il ressort de la procédure que la patiente avait accouchée par voie césarienne lors de sa dernière grossesse dans ce même district. Ce qui aurait dû dissuader le gynécologue, compte tenu de ses antécédents avérés, de la faire accoucher cette fois-ci par voie basse.


-Ensuite, la défunte qui était diabétique ne pouvait nullement supporter un accouchement par voie basse vu son poids qui était quasiment de 100 kg.


-Enfin, il nous a été donné de constater que le fœtus pesait 04 kilo 770 grammes et donc ne pouvait, sous quelque acrobatie utilisée, sortir par la voie basse.


C'est dans ces circonstances que nous avons instruit le Commandant de Brigade de Kédougou d'appeler immédiatement tout le personnel médical qui était dans le bloc opératoire en commençant par le gynécologue pour les entendre et également convoquer le mari de la défunte pour prendre son audition.


Eu égard à la gravité des faits et après les premiers interrogatoires, les personnes mises en cause sont arrêtées et placées en position de garde à vue pour homicide volontaire et complicité de ce chef, faits prévus et punis par les dispositions des articles 45-3, 46, 280 et 287 du Code pénal.»

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Publié par

Youssouf SANE

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