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Parrainage : Gakou s’agrippe sur une “faille” de l’article L57 du Code électoral

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IGFM-La coalition de l’espoir Suxxali Senegaal qui porte la candidature du leader du Grand parti, Malick Gakou, va déposer un recours auprès du Conseil constitutionnel aujourd’hui. Une requête qui annonce une longue bataille, en raison d’un vide sur une disposition du Code électoral.

C’est loin d’être fini pour Malick Gakou. Le candidat de la Grande coalition qui était sorti des locaux du Conseil constitutionnel avant-hier mardi, la mine défaite, a retrouvé le sourire. Sa conviction alors faite que sa candidature est rejetée par le Conseil constitutionnel, pour n’avoir pas réussi à rassembler le nombre de parrains requis par loi, a changé. «Je suis au regret de vous annoncer, après les vérifications du Conseil, qu’il m’a été attribué 52 911 parrains. Ce qui est en deçà des 53 mille requis», disait-il impuissant. Aujourd’hui, le discours est tout autre. Un recours est annoncé par le coordonnateur des cadres du Grand parti (Gp), Pape Sow.

Il motive la décision : «Le Conseil constitutionnel n’a pas encore rendu de décision, pour qu’elle soit susceptible de recours ou pas. Ce que nous avons reçu, c’est un procès-verbal, qui est un acte administratif qui nous dit ce qui est ressorti de la vérification de notre dossier de parrainage. Après, la loi nous donne 48 heures pour appréciation. C’est pourquoi, il y a un constitutionnaliste qui a dit que pour le moment, aucune candidature n’est invalidée. On a analysé le procès-verbal et après concertation avec l’équipe technique, les cadres ont vu qu’il y a une irrégularité.» L’irrégularité évoquée par Pape Sow n’est pas dans le processus de décompte, mais plutôt dans une faille apparue dans le Code électoral. Le candidat de la Grande coalition de l’espoir profite d’un vide ou d’un flou de l’article L57 du Code électoral pour motiver le bien fondé du recours qu’il compte introduire aux fins de régulariser les 546 doublons, motifs du rejet de la candidature.

Même si au Conseil constitutionnel, l’on a déjà dépassé cette étape de recours ou de possibilité de régularisation de doublons, chez Malick Gakou par contre, l’on s’accroche sur une limite objective du texte. Lequel dispose : «Dans le cas d’une présence sur plus d’une liste, le parrainage sur la première liste contrôlée, selon l’ordre de dépôt, est validé et est invalidé sur les autres. Toutefois, si du fait de cette invalidation, une liste n’atteint pas le minimum requis des électeurs inscrits au fichier et ou le minimum requis par région et par commune, notification en est faite au mandataire concerné. Celui-ci peut procéder à la régularisation par le remplacement jusqu’à concurrence du nombre de parrainages invalidés pour ce fait dans les quarante-huit (48) heures.» La faille du texte se trouve sur son silence sur le nombre de fois permis au candidat pour régulariser ses doublons. Une brèche dans laquelle s’engouffrent les experts de la Grande coalition de l’espoir pour remplacer leurs 546 doublons. Il reste à savoir si le Constitutionnel va reconsidérer sa position, au nom d’une «interprétation généreuse de la loi».

Ce recours qui va installer une polémique sera déposé, selon Pape Sow, aujourd’hui jeudi 10 janvier 2019. Le coordonnateur des cadres du Grand parti, appuyant son argumentaire, rappelle que le Conseil constitutionnel «n’a pas encore rendu de décision pour qu’elle soit susceptible de recours ou pas. Ce que nous avons reçu, c’est un procès-verbal, qui est un acte administratif qui nous dit ce qui est ressorti de la vérification de notre dossier de parrainage. Après, la loi nous donne 48 heures pour appréciation et nous sommes toujours dans les délais».

Il convoque encore une fois les texte pour motiver le bien fondé de leur requête. «Les recours vont porter sur deux motifs : il y a eu à peu près 1 911 signatures invalidées pour autres motifs. Habituellement, ce sont des gens qui ne sont pas dans le fichier, alors que nos 8 888 parrains qui ont été régularisés sont bien dans le fichier. On ne peut pas comprendre cette décision. Deuxièmement, on a eu 756 doublons par rapport à des listes précédentes et il nous reste 546 parrains pour être à 53 400. Et si les doublons sont indépendants de la volonté du collecteur, la loi permet de les régulariser, ce que dit l’article L57. Nous demandons à pouvoir remettre ces signatures. Nous voulions donner 40 mille, mais ils ont refusé, prétextant qu’il nous fallait 8 000 mille signatures. Si nous régularisons nos 756 parrains et qu’ils sont acceptés, nous allons dépasser les 546 qui nous manquent.» Conviction de Pape Sow : «Si on applique la loi, rien ne peut empêcher à Malick Gakou de passer le filtre du parrainage.»  Une autre bataille juridico-électoral commence.

CODOU BADIANE

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