Peste porcine : la crainte d’une épidémie mondiale

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iGFM – (Dakar) – À quelques jours de la célébration en grande pompe des 70 ans du régime communiste, la pénurie de cochon inquiète les autorités chinoises. Durement frappée par la peste porcine africaine, la Chine doit puiser dans ses stocks de viande de porc congelée.

Contagieuse pour l’animal, mais pas pour l’homme, la fièvre porcine, ou peste porcine africaine de son nom complet, a été identifiée pour la première fois en Afrique. Ce virus très résistant dont la contamination très rapide se fait d’animal à animal mais aussi par des tiques ou par du matériel agricole touche les porcs et les sangliers. Fatale pour la bête, la peste porcine qui se manifeste par de la fièvre, une perte d’appétit et par des hémorragies, peut emporter le cochon en une semaine. Pour stopper sa propagation, il n’y a pas d’autre solution que d’abattre le cheptel, car aucun vaccin n’existe.

La crise sévère qui s’est abattue sur l’Asie a démarré en 2018 en Chine, premier producteur et consommateur de porc au monde. D’abord repérée l’été dernier dans le nord-est du pays, elle s’est étendue aux autres régions chinoises. Aujourd’hui, elle est présente dans huit pays d’Asie : le Cambodge, la Chine, la Corée du Nord, le Laos, la Mongolie, le Vietnam, les Philippines, et la Corée du Sud, dernier pays contaminé.

Le marché mondial déboussolé

Mardi 17 septembre, les autorités sud-coréennes ont annoncé avoir découvert cinq porcs morts infestés par le virus dans une exploitation de Paju, une ville proche de la frontière inter-coréenne. Elles ont dû procéder à l’abattage de 3 950 porcs provenant de plusieurs fermes environnantes.

La Corée du Sud compte 6 700 exploitations porcines, soit 40 % du secteur de l’élevage. Cette contamination intervient trois mois après que sa voisine la Corée du Nord a déclaré que des dizaines de porcs étaient morts de cette maladie dans une ferme située à proximité de la frontière chinoise. Au total, depuis le début de la pandémie, cinq millions de porcs ont été abattu en Asie.

La peste porcine gagne désormais du terrain. On la retrouve ainsi en Europe. Neuf États membres de l’UE ont déjà été en contact avec le virus : la Bulgarie, la République tchèque, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie et la Belgique, pays frontalier avec entre autres la France. Ce mercredi 18 septembre au matin, les douaniers belges ont intercepté dans les bagages d’un passager de l’aéroport national de la viande de brousse infectée par la peste porcine. En un an, plus de 800 sangliers sont morts du virus en Belgique, d’où l’inquiétude des producteurs de porcs français qui redoutent l’arrivée de la maladie sur le territoire, notamment en Bretagne où se situent 60 % des élevages. La filière porcine française génère 130 000 emplois.

La crise profite au porc européen

Les conséquences sont lourdes pour le marché mondial du porc qui se trouve déstabilisé. La perspective d’une épidémie mondiale et l’abattage de milliers d’animaux provoquent une flambée des prix. D’après les chiffres de la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, l’épidémie a entraîné une hausse de 50 % des prix du porc, au point que la Chine a dû puiser dans ses réserves de viande congelée pour éviter une pénurie et contourner l’envolée des prix. Les pertes économiques sont importantes pour le secteur porcin chinois. Au premier semestre, son cheptel a diminué de 15 % sur un an.

Pour le moment, les pays épargnés profitent pleinement de la crise pour exporter leur viande de porc vers la Chine. C’est le cas des États-Unis ou du Brésil, qui a augmenté ses exportations d’environ 30 % en un an, de l’Espagne, qui compte plus de cochons que d’habitants, et de la France. Les éleveurs porcins français ont vu les cours du porc s’envoler de plus de 40 % depuis le début de l’année.

Les professionnels du secteur anticipent une hausse des exportations européennes de porc vers la Chine qui devraient passer de 1,8 à 2,6 millions tonnes entre 2018 et 2019. L’Union européenne a ainsi consolidé sa place de premier exportateur mondial. Mais attention, car l’Europe pourrait connaître demain la même crise sanitaire que l’Asie.

Auteur : Rfi

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