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«Pourquoi j’ai fait le choix d’être une femme libre»

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IGFM-Une Adja peut en cacher une autre ! Celle-ci, on l’a découverte dans une série du même nom, mais à l’état-civil, elle se nomme Khadija Dème. Un autre personnage qui n’est finalement pas loin de celui qui a séduit les Sénégalais à travers la lucarne. Raffinée, élégante, avenante, elle a tous les traits de la Adja de «Pathé Sène». A quelques détails près ! Face à l’Obs, elle lève un coin du voile sur sa vie, son parcours, son succès, son jardin secret. Moteur, action…

Vous avez été révélée au public grâce à la série Adja. Que pouvez-vous nous dire de plus sur vous ?

Mon vrai nom est Khadija Dème. Je suis Sénégalaise. Mon papa étant dans l’administration, j’ai grandi dans les régions. C’est-à-dire entre Dakar, Thiès, Saint-Louis et Matam. J’ai fait une formation en journalisme et communication. J’étais modèle publicitaire de marques comme Patisen, pour qui j’ai fait quelques affiches. Mais cela restait juste une passion qui me permettait d’explorer une autre facette de moi. Je pense que la formation en journalisme et communication que j’ai faite m’a menée à cette destinée. Pour ce qui est de ma carrière en journalisme, ça a débuté durant ma formation à l’Institut Supérieur des Sciences de l’Information et de la Communication (Issic) où j’ai fait mon parcours jusqu’au master. Ma première expérience professionnelle, je l’ai vécue au groupe D. Médias où j’étais stagiaire pour le magazine «Dakar Life». Deux mois après, on m’a confirmée comme journaliste. Donc, je suis restée dans le groupe. J’ai évolué là-bas jusqu’au dernier magazine, «Nouvel Hebdo». Comme la presse est un milieu très difficile, j’ai fait en sorte de garder un pied dans la communication et un autre dans le journalisme. Mon emploi du temps en tant que journaliste n’était pas très chargé. Ça me permettait de trouver de petits boulots dans la communication. J’étais dans une agence de communication, «Makan-Dakar», ensuite je suis allée à «One to One Communication» comme responsable d’exploitation. Par la suite, j’ai fait une formation en Business et Entrepreneur-ship. J’ai été sélectionnée par le «Yali Dakar», africain leadership initiative. Après cette formation au Cesag, j’ai créé ma propre structure en distribution et représentation de marque. J’ai travaillé là-dessus durant un an. Et c’est là que le projet Adja m’est tombé dessus. C’est venu un peu par hasard, parce qu’ai eu écho d’un casting de Patisen qui voulait faire un film. Quand j’ai fait le casting, il s’est trouvé qu’ils avaient un autre projet avec tous les acteurs, sauf l’actrice principale. Patisen m’a donc rappelée pour me dire que j’ai été retenue pour un autre casting. Ils m’ont parlé d’un sitcom. Par la suite, ils m’ont recommandée à Marodi. Le jour où je suis venue, ils m’ont naturellement reçue. Le courant est bien passé. Ils m’ont testée et m’ont parlé d’une série. Et c’est comme ça que l’aventure Adja a commencé. Et j’ai été ainsi révélée au public sénégalais. Le nom Adja a pris la place de Khadija et même mes enfants m’appellent Adja.

Comment avez-vous fait la transition de journalisme, communicante à actrice ?

Je pense que c’était assez évident. Je faisais des publicités et je l’ai donc exploité dans ce cadre-là. Quand on m’a parlé de série, j’ai d’abord tiqué. Je n’avais jamais fait cela auparavant. Je me demandais comment les gens allaient le percevoir. Etant dans le milieu de la communication, du journalisme, je me demandais si ça allait passer. L’expérience que j’ai fait valoir en tant que conseillère en communication, irait-elle de pair avec le profil de Adja ? Mais après, il fallait voir le rôle en tant que tel. Etait-il valorisant pour moi ou pas ? Vont-ils me faire faire des choses qui n’allaient pas forcément me valoriser ? Donc j’ai parcouru le projet et ça m’a séduit. Je me suis rendu compte que le message qu’ils voulaient faire passer c’est celui de la femme sénégalaise qui peut émerveiller son monde sans être obscène ni vulgaire. J’ai vu que cela me ressemblait. Donc, je me suis dit que j’allais tenter le coup et laisser le destin faire le reste.

Vous l’avez fait, c’est une réussite, beaucoup d’hommes vous considèrent comme la femme sénégalaise parfaite. En avez-vous conscience?

Dieu Merci. Je dirai que c’est la preuve que le travail a été bien fait par toute l’équipe. De la production aux acteurs et à toute l’équipe qui est derrière Adja. Parce que si on réussit, au point de plaire aux gens, c’est qu’on a bien fait le job. Ce n’était pas aussi difficile qu’on le pensait. Certes, il n’est pas facile d’être actrice, encore moins d’entrer dans la peau du personnage que l’on incarne. Néanmoins, nous sommes toutes des Adja. Les femmes sénégalaises sont en général très avenantes, des épouses exemplaires qui gèrent leur foyer à la perfection.

Khadija est-elle comme ça dans la vraie vie ?

C’est une question à laquelle il est difficile de répondre. Je crois que ce sont les autres qui peuvent en juger. Je sais en revanche que je suis une femme très accueillante, je sais faire la cuisine et faire plaisir autour de moi. J’essaie en tout cas d’être une bonne femme d’intérieur, une parfaite fée du logis, une bonne mère. En somme, je dirai que moi-même, j’essaie d’être une Adja et j’apprends beaucoup de ce rôle. Il n’y a pas de limite quand on aspire à être une femme exemplaire. Tous les jours, on apprend de nouvelles choses, En bonne Saint-Louisienne, ma mère me donne des leçons et je prends bonne note.

Laquelle de ces casquettes vous va le mieux?

Adja était juste un rôle, après l’avoir interprété, je suis redevenue Khadija Dème. La Khadija de tous les jours qui travaille et s’occupe de sa famille. N’empêche, j’ai beaucoup aimé porter cette casquette d’actrice. La vie est faite de choix et incarner Adja m’a énormément plu. Je me suis parfaitement coulée dans ce moule.

Peut-on s’attendre à vous voir jouer d’autres rôles ?

Oui pourquoi pas ! Je l’ai tenté et ça m’a réussi. J’ai découvert une nouvelle facette de moi-même. Je ne me croyais pas capable d’accomplir cette performance-là. Même mes proches en sont étonnés. Ils ne réalisent toujours pas que c’est moi qui ai pu faire cela.
Etait-ce facile pour vous de vous fondre dans ce personnage, de jouer face à la caméra la première fois ?
J’avoue que ce n’était pas facile du tout au début. Mais au fil des jours, j’ai découvert que même si interpréter un rôle est un travail à la base, tu le fais en y prenant plaisir. En plus de cela, si on est entouré de professionnels qui vous mettent le pied à l’étrier, les choses sont plus faciles. J’étais certes une novice dans le milieu, mais je me suis vite fondue dans la masse. J’ai pu donner le meilleur de moi-même.

Adja a-t-elle changé quelque chose dans votre vie ?

Elle m’a surtout apporté de la notoriété. Je ne passe plus inaperçue. Mais ce qui me fait le plus plaisir, c’est que des femmes s’identifient à Adja ou aspirent à travers elle, à devenir des épouses modèles. Parfois même, j’en rencontre quelques unes qui me disent que leur époux les poussent à devenir des Adja. Cela fait chaud au cœur. Hormis cela, je suis restée la même. J’ai la tête sur les épaules. Après la série, j’ai intégré l’équipe de Marodi comme responsable Communication Marketing et Développement commercial. Donc si je suis hors des plateaux, je suis tout le temps au bureau ou sur les lieux de tournage des autres productions de la boîte. Je représente généralement les clients au cas où ils ont des placements ou des insertions afin qu’ils aient une meilleure visibilité. Ce qui fait que mon rythme est assez soutenu. Après le boulot, je rentre épuisée à la maison, je n’ai pas le temps pour autre chose.

Comment vivez-vous le fait d’être exposée par la célébrité ?

Cela va de pair avec le succès. La rançon de la gloire, il faut faire avec. C’est tout à fait normal. Une fois qu’on est exposé par la célébrité, on peut s’attendre à tout. Nos faits sont scrutés, notre vie privée est tantôt mise en exergue. Ce n’est pas facile, mais on essaie juste de ne pas prêter le flanc pour ne pas se retrouver dans certaines situations inconfortables.
Les soupirants doivent sans doute se bousculer à votre porte, avec votre succès…
Effectivement, les prétendants se bousculent ! Mais pour le moment, ce n’est pas dans mes priorités. Ce qui m’importe le plus, ce sont mes enfants et mon travail…

Mais il y a bien quelqu’un dans votre vie ?

Non, je suis libre ! Mon boulot m’accapare assez…
Comment se fait-il qu’une femme comme vous, belle à souhait, n’ait personne dans sa vie ?
Cela peut arriver. C’est tout à fait possible et c’est mon cas, même si c’est difficile à croire.
On dirait que vous avez peur de vous embarquer à nouveau dans une relation. Est-ce à cause de votre divorce ?
Cela n’a rien à avoir avec mon passé. C’est juste un choix de me part. Ce n’est pas un frein pour moi. Considérez juste que je suis plus préoccupée par mon travail.

Le remariage fait-il partie de vos projets futurs ?

Bien entendu ! Je suis une femme et j’aspire à être dans un foyer stable, avoir un époux et éduquer mes enfants. C’est mon souhait et tout vient à point à qui sait attendre. En revanche, pour l’heure, ce n’est pas encore à l’ordre du jour.
Dans le rôle d’Adja, vous incarnez la femme parfaite. Si vous deviez dresser le profil de l’homme parfait, comment serait-il ?
Toute femme rêve d’avoir l’homme parfait à ses côtés, le prince charmant sur son cheval. Pour moi, l’homme idéal doit avant tout avoir la foi. La foi est essentielle dans une union, car selon la religion, il y a un comportement qu’un époux doit avoir vis-à-vis de sa femme. S’il a la foi, il va forcément appliquer ou tendre à cela. Du coup, il sera proche de la perfection, même si nul n’est parfait.

Un compte bancaire ne fait-il pas partie de vos critères ?

Non, ce n’est pas ce qui compte le plus pour moi.
Seriez-vous prête à renouer avec les médias, si l’occasion se présentait à nouveau ?
Pourquoi pas, je ne renonce pas aux opportunités. J’ai même oublié de vous dire que durant mon parcours de journaliste, j’ai eu à présenter une émission à la 2STV sur l’automobile. Le monde de la presse est tellement passionnant que je préfère y garder un pied. C’est ce métier qui m’a d’ailleurs menée à la communication et il peut m’ouvrir d’autres opportunités. L’avenir nous en dira plus.

On a l’habitude de dire que l’art ne nourrit pas son homme. Est-ce le cas pour vous ?

Dans toute activité, à mon avis, l’essentiel c’est de s’y retrouver et d’aimer ce que l’on fait. Je pense que les finances suivront naturellement, si tu t’en donnes les moyens. La passion avant tout.
Tout n’est pas rose dans le domaine du showbiz. Quels sont selon-vous les inconvénients de ce milieu ?
Pour moi, le pire inconvénient, ce serait que l’acteur ou l’actrice ne parvienne pas à garder les pieds sur terre. Autant ce métier peut t’ouvrir à la gloire, autant il y a de nombreuses tentations. Facilement, on peut céder si on est n’est pas lucide. Ce sont des faits que j’ai très vite repérés dans le milieu et je fais de mon mieux pour ne pas y succomber. Je tiens à préserver coûte que coûte mon image.

Un message à l’endroit des femmes, que vous représentez à travers Adja ?

Nous les femmes représentons une couche assez vulnérable de la société. Il faut que nous croyions plus en nous pour nous en sortir. D’autant plus que nous avons des prédispositions naturelles pour tirer notre épingle du jeu. Je prends l’exemple des maquilleuses, qui sont dans l’air du temps. Certaines d’entre elles n’ont pas les moyens de suivre une formation dans ce domaine, mais sont douées. Elles se rabattent sur les tutos et apprennent d’elles-mêmes. Au final, elles s’en sortent et gagnent bien leur vie. Donc, j’exhorte les femmes à toujours aller de l’avant, à exploiter toutes leurs potentialités, à ne pas se dire que faute de moyens, elles ne peuvent pas s’en sortir…

MARIA DOMINICA T. DIEDHIOU

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