Qui est Serigne Modou Khabane, le nouveau chargé de l’enseignement coranique à Touba

samedi 10 juillet 2021 • 1921 lectures • 3 commentaires

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Qui est Serigne Modou Khabane, le nouveau chargé de l’enseignement coranique à Touba

IGFM - Nommé jeudi dernier par le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, sur proposition de son grand-frère, Serigne Abo Mbacké, Khalife de la famille, Serigne Modou Khabane Mbacké Falilou, est le nouveau chargé de l’enseignement coranique à Touba.  

De son père, il a tout appris, tout pris : le charisme, l’humilité, le savoir et la diligence. Fils de Serigne Fallou Mbacké Ibn Khadimou Rassoul et de Sokhna Adama Fall, fille de Serigne Assane Fall Ibn Cheikh Ibra Fall, Serigne Modou Khabane Mbacké qui vient d’hériter, sur décision du Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Bassirou, de la charge des «daraas Alkhourane» de Touba, est un modèle de piété, dont la vie est faite d’actions de grâce, de don de soi. Une existence bâtie dans l'abnégation et le dévouement, jamais dans l’ostentation religieuse ni dans l’exposition médiatique. En succédant à son grand-frère, Serigne Mame Mor Mbacké, rappelé à Dieu il y a quelques semaines, le très secret Serigne Khabane Falilou est aujourd’hui, en quelque sorte, le ministre de l’Education de Touba. Celui qui a en charge l’enseignement du Saint Coran et des préceptes islamiques au sein de la communauté. Une recommandation de Serigne Touba qu’il s’est fait un point d’honneur d'honorer avant même qu’il ne soit nommé à ce «poste», sur recommandation de son frère et Khalife de la famille de Serigne Fallou, Serigne Abo Mbacké.  
 
Sa parfaite maîtrise du Coran connu de tous


Entre Serigne Modou Khabane et le Saint Coran, raconte-t-on, c’est une histoire de pacte de fidélité, de loyauté. «Le Coran, c’est sa vie. Il ne se sépare jamais du Livre Saint», dit Serigne Habib Touré qui a longtemps vécu à l’ombre du marabout. Il se raconte que, tout-petit déjà, Serigne Modou Khabane faisait la fierté de toute la communauté pour sa maîtrise du Livre Saint. Mais aussi des Khalifes de Bamba et de Cheikh Ibra Fall qui ont très tôt vu en lui des signes d’un futur de l’Islam. «En 1975, raconte Serigne Moustapha Djily Bousso, à 15 jours du Magal de Kazourajab, alors qu’il était venu demander à son grand-père maternel, Cherif Assane Fall, à l’époque khalife général des Baye Fall, la permission d’aller célébrer le grand Magal de Touba auprès de sa famille, ce dernier lui avait demandé de lui réciter 30 fois le Saint Coran, avant de se rendre à Ndindi. Comme le temps imparti était très court, Serigne Modou Khabane qui a des dons dans la récitation du Coran, s’est consacré exclusivement à la demande de son grand-père. Ecartelé entre le désir de respecter la demande faite par Cherif Assane Fall et sa volonté de fêter le Magal chez la famille de Serigne Fallou, il a décidé de réciter 6 fois le Coran par jour. Soit 3 fois le matin et 3 fois le soir. Et en 5 jours, il avait terminé et obtenu sa permission pour le Magal.» Serigne Modou Khabane va encore vivre la même situation, ou presque, auprès de Serigne Abdou Lahad Mbacké.  


Son histoire avec Cherif Assane Fall et Serigne Abdou Lahad Mbacké
Parti lui rendre visite, le Khalife général des mourides de l’époque, avait refusé de lui serrer la main. Le patriarche d’alors de Touba lui reprochait de ne pas lui avoir dédié un exemplaire du Coran écrit de ses propres mains. Touché par l’acte posé par le jeune frère à son papa, Serigne Modou Khabane est parti s’enfermer dans sa chambre. «En deux jours, il avait terminé ce travail d’écriture qui est réalisé par les meilleurs en la matière au minimum en une semaine. Et quand il est revenu présenter le Livre Saint à Serigne Abdou Lahad, le Khalife était tout heureux. Il a serré l’exemplaire du Saint Coran contre sa poitrine et à formuler des prières à son endroit.» Toujours souriant, Serigne Modou Khabane n’en est pas moins un homme-mystère, voire mystique, qui se soucie peu du pouvoir temporaire, des mondanités. «Il fait partie de ces marabouts qui abhorrent ces histoires de protocole. Je ne me souviens jamais l’avoir vu en audience avec une autorité étatique, même si son épouse est consul du Sénégal à Paris. Il fait partie aussi de ces marabouts qui ont transformé toutes leurs maisons en daaras», assure Serigne Moustapha Djily Bousso.



Pèlerinage à La Mecque à 8 ans
Crayonné comme quelqu’un de très fédérateur, Serigne Modou Khabane Mbacké ne s’est jamais éloigné du sillon familial. Ses frères aînés, Serigne Abo Mbacké, Serigne Abdoul Fatah Mbaké, Serigne Abdou Karim Borom Makarimal ahlaq, entre autres, demeurent ses boussoles. «En bon talibé, il ne manque jamais d’aller les voir et, malgré sa grande érudition, il se met toujours par terre quand il les rencontre», confie Serigne Habib Touré. Jadis trop proche de son papa, c’est en 1963 que Serigne Fallou l’a confié à ses frères Serigne Modou Bousso Dieng et Serigne Bara, défunt Khalife des Mourides, pour qu’il l’amène à La Mecque. Depuis, 58 longues années se sont écoulées et Serigne Khabane, à qui le khalife des Mourides vient de confier la charge de l’enseignement coranique au sein des daaras, continue d’exhorter les fidèles à respecter strictement les commandements de l’Islam et à suivre la Sunna du Prophète (Psl) et les recommandations de Serigne Touba Khadimou Rassoul. Comme le lui avait demandé son père, le vénéré Serigne Fallou, deuxième Khalife de Serigne Touba.


AICHA GOUDIABY

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Daouda Mine

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