«Qu’on me reconnaisse le droit de faire autre chose»

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Monsieur le ministre, qu’est-ce qui vous motive à écrire des livres ?

J’ai du plaisir à écrire. Je suis engagé dans une activité politique. J’ai envie de prendre la parole pour donner ma version des faits, sur l’expérience que je partage depuis 7 ans. C’est ça ma motivation. Pour l’écriture, j’écris pour exister. L’écriture est une forme de résistance et la résistance en l’espèce se résume comme suit : Il y a des gens qui pensent que rien ne marche en Afrique, que l’Afrique est condamnée. Aucun pays ne fait de promesses sur le continent. L’afro-pessimisme est à un point tel que l’espèce africaine est à jamais condamnée. Moi je refuse cette vision des choses. Je considère qu’il y a des pays où nous faisons des progrès, même s’il reste beaucoup de choses à faire. Et le Sénégal en est un exemple type.

Peut-on avoir le condensé de votre ouvrage ?

Je m’attache à expliquer que pendant sept ans, le gouvernement qui était en place, auquel j’ai eu le privilège de participer, a fait des efforts remarquables et a fait des réalisations remarquables qui prouvent qu’on est déterminé et qu’on a envie de faire les choses.

Comment accueillez-vous les critiques par rapport à votre nouvelle position de défenseur du régime de Macky Sall ?

Que ceux qui pensent que le gouvernement de Macky Sall est pareil à celui de Me Abdoulaye Wade prennent leurs responsabilités comme je l’avais fait avec Me Abdoulaye Wade. Que ceux qui pensent que la mal-gouvernance que j’ai dénoncée dans le gouvernement d’Abdoulaye Wade se présente dans le gouvernement de Macky Sall, qu’ils prennent leurs responsabilités et qu’ils donnent aux Sénégalais des faits qui confortent leurs positions. Quand moi je le pensais d’Abdoulaye Wade et du Parti Socialiste, j’avais écrit des livres. En 1999, j’ai publié un ouvrage sur le Parti Socialiste et le Pouvoir. J’avais dit ce que je pensais du Ps et du pouvoir. Dans la décennie 2000-2012, j’ai dit ce que je pensais du gouvernement d’Abdoulaye Wade. Libre aux autres de le faire. Qu’on me reconnaisse le droit de faire autre chose. Apparemment, ils ne veulent pas me reconnaitre ce droit-là. C’est là que je ne comprends pas. Ceux qui pensent que Macky Sall fait la même chose qu’Abdoulaye Wade, libre à eux de le démontrer par des faits. Quand je le pensais d’Abdoulaye Wade et du Ps, je l’avais fait. Il se trouve que je le faisais quand j’étais journaliste. J’ai décidé librement de ne plus être journaliste et de faire de la politique. Ne me demandez pas, à moi Latif Coulibaly, engagé dans un gouvernement, d’aller parler de ce gouvernement en mal, ni de dénoncer quoi que ce soit dans ce gouvernement. Je l’ai fait quand c’est nécessaire, là où je dois le faire et quand je sors, j’ai la loyauté et la dignité de ne pas insulter ce dans quoi je suis. Je m’étonne d’ailleurs que des journalistes me posent la question. Pourquoi les journalistes n’écrivent pas pour dire la mal-gouvernance de Macky Sall ?

CHIMERE JUNIOR LOPY