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Reportage à Ndiagne : A la découverte du Daara de l’horreur

Société

iGFM- Le Daara «Mistahoul Mouna» de Khadim Guèye cristalise aujourd’hui tous les regards depuis les événements malheureux liés à la maltraitance des enfants.

Sur la sellette depuis vendredi dernier, le Daara «Mistahoul Mouna» de Ndiagne, dans le département de Louga, est désormais sorti de l’anonymat. Ce temple du savoir fondé par le jeune maître coranique, Cheikhouna Guèye dit Khadim, est secoué par une triste affaire de maltraitance d’enfants et mise en danger de la vie d’autrui.

Objet de tous les regards, implanté au Sud à 500 mètres de la ville de Ndiagne, on y accède facilement en passant par une route sablonneuse, parsemée d’herbes mortes. Tristement célèbre, clôturée à moitié par un mur en zinc, l’école coranique s’étend à perte de vue sur 50m2. Ce site très spacieux a été octroyé en 2016 par la mairie de Ndiagne, en marge d’un conseil municipal tenu la même année. Le visiteur est émerveillé par une file de trois cases, trônant majestueusement à l’entrée, un peu à droite. Pourtant, il en est ainsi pour le reste de cette maison.

Au total, onze cases qui ont commencé à sentir le poids de l’âge, servent de dortoir aux nombreux talibés. Des matelas posés à même le sol sur des nattes et des valises en fer cadenassées décorent ces cases qui accueillent chacune et chaque nuit, une vingtaine de dormeurs. Au milieu du Daara est placée une grande «salle de classe» faite en zinc. Hier, plus d’une cinquantaine d’élèves y apprenaient le Coran sous l’œil vigilant d’un jeune maitre coranique.

Des toilettes séparées, bien entretenues et construites en dur font partie du décor. Ce «Daara» âgé de trois ans, compte plus de 200 pensionnaires, répartis en six sections et provenant des quatre coins du pays et de la sous-région. L’enseignement dispensé par deux maitres coraniques assistés par les sortants, est gratuit.

«Ici à Ndiagne, l’enseignement coranique est gratuit. Nous faisons tout pour nos talibés. Ils sont nourris, logés et soignés. Nous n’exigeons rien des parents», précise Serigne Mor Diagne, le responsable de l’Association communale des maîtres coraniques. Khadim Guèye, pour mieux prendre en charge les enfants à lui confiés, s’est mué en grand exploitant agricole. Il vit des recettes tirées de la vente des récoltes et du soutien de bonnes volontés. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle le Daara est électrifié et alimenté en eau courante.

Organisation du Daara

Le maître coranique Khadim Guèye qui accueille dans son internat des talibés venant d’horizons divers, a mis en place une stratégie pour vivre sa passion sans pression. Il a mis tous les élèves sous la tutelle protectrice d’une femme appelée «Ndayou Daara».

Le soutien des anciens du «Daara»

Khadim Guèye, mis en cause dans cette affaire de maltraitance d’enfants, a bénéficié du soutien de ses anciens talibés. Lesquels ont vanté ses qualités et son professionnalisme. Mor Thioune, émigré d’une trentaine d’années : «Khadim Guèye n’est pas méchant. Il n’a jamais levé la main sur moi, alors qu’il m’a enseigné le Coran. Il ne mérite pas les attaques dont il fait l’objet présentement. Nos maisons sont contigües, mais je n’ai entendu un enfant pleurer dans le Daara.» Trois de ses camarades ont fait ce même témoignage.

ABDOU MBODJ

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